Eric Leung : "Le vote identitaire n'a aucun sens chez nous où le bien-vivre ensemble est notre socle commun"

Un score qui n'a rien d'étonnant pour le candidat insoumis, qui a bénéficié de plus de parrainages et a été soutenu par de nombreuses personnalités de gauche de l'île, comme la présidente de Région Huguette Bello, plusieurs parlementaires (Karine Lebon, Jean-Hugues Ratenon et l'eurodéputé Younous Omarjee) ou maires (Patrick Lebreton, Emmanuel Séraphin ou encore Joé Bédier).
Pour Éric Leung, le carton enregistré dans l'île par Jean-Luc Mélenchon est l'expression d'une situation "que nous connaissons toutes et tous, notamment sur la précarité ou le chômage". Même si le chômage a baissé de 6 points dans l'île durant le quinquennat, passant de 24% à 18%, il reste malgré tout 2,5 fois supérieur par rapport à l'Hexagone. "Il reste encore à faire mais il faut continuer dans cette dynamique : il n'y a plus besoin de faire de diagnostic, nous avons bien ciblé les soucis. C'est un acte fort que nous devons entendre", insiste le coordonateur de la "Maison commune" macroniste.
"Le Rassemblement national reste un parti d'extrême-droite"
Qualifiant le vote à Marine Le Pen d"identitaire", Éric Leung se demande si celui-ci est compatible avec le vivre-ensemble réunionnais. "Le Rassemblement national reste un parti d'extrême-droite qui ne dit pas son nom", martèle le responsable macroniste, qui prend pour exemple ce qui s'est passé ce week-end à l'Entre-Deux, où une croix gammée avait été inscrite sur des panneaux électoraux. "J'y vois là une alerte parce que le vote identitaire du Rassemblement national n'a aucun sens chez nous où le bien-vivre ensemble est notre socle commun".
Par rapport au premier tour 2017, Marine Le Pen a gagné 3.000 électeurs supplémentaires (85.000 voix en 2022 contre 82.000 en 2017) tandis que le président-candidat perd 3.800 voix (62.500 voix en 2022 contre 66.300 voix en 2017). "On est certes sur une dynamique descendante mais ce n'est pas catastrophique puisqu'il n'y a pas de poussée réelle de Marine Le Pen", tempère Éric Leung, qui tient à rappeler les conditions de ce premier tour entre la "brièveté" de la campagne électorale et la posture de président-candidat, "pas facile à gérer, notamment en période de guerre".
Quasi-certain qu'Emmanuel Macron va bénéficier "comme en 2017" d'un vote citoyen après les appels lancés par les directions du Parti socialiste, des Républicains et de la France insoumise pour faire barrage au Rassemblement national, il poursuit :"Lors de la dernière élection à La Réunion, Emmanuel Macron était passé de 66.300 voix au premier tour à plus de 212.000 voix, soit + 145.000 voix sur le second tour. Je fais confiance de nouveau aux électeurs réunionnais pour un vote républicain et citoyen. Je salue par ailleurs la présidente de Région Huguette Bello, qui a milité pour Jean-Luc Mélenchon et qui dès le soir du premier tour n'a pas mâché ses mots en disant de faire barrage à Marine Le Pen en appelant à voter Emmanuel Macron". Et de conclure : "C'est un appel républicain que nous ne pouvons que saluer".


