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Entre-Deux: L’ARS porte plainte contre un hôtelier qui dénonçait un contrôle « abusif »

L' inspection de l'eau de baignade d'une piscine dans un hôtel de l'Entre-Deux tourne mal, L'Agence Régional de Santé décide de porter plainte contre le propriétaire et gérant de l'établissement.

Ecrit par Prisca Bigot – le vendredi 04 novembre 2016 à 11H40

Philippe Schwartz, du « Dimitile Hôtel » à l’Entre-Deux, ne décolère pas. S’il ne conteste pas les quatre inspections obligatoires par an effectuées par l’ARS pour le contrôle de l’eau de baignade de la piscine de son établissement, le gérant et propriétaire entend que cela soit fait dans le respect de la procédure. Le vendredi 14 octobre 2016, il reçoit la visite inopinée d’un inspecteur assermenté de l’Agence de Santé accompagné d’un technicien du laboratoire Microlab. 

Le contrôle, filmé par Philippe Schwartz sans leur consentement, tourne au vinaigre à partir du moment où il constatera des manquements de nature à altérer les échantillons. Et la liste est longue selon lui : « prélèvements effectués à moins de 20 cm de profondeur du bassin et à l’opposé du point d’arrivée d’eau, contrairement à ce qui avait été convenu avec les syndicats, une procédure réalisée partiellement avec des gants, manipulation d’un téléphone portable, des pains de glace liquide entreposés dans des glacières pour être transportées dans un véhicule non réfrigéré… » Des aberrations qui ont un coût, rappelle-t-il, environ 200 euros par contrôle, « sans compter que si l’eau est jugée non conforme, nous nous devons de fermer la piscine, ce qui constitue également une perte pour l’hôtel« . 

« A aucun moment je n’ai fait obstruction au contrôle » 

Ces dérives, il ne serait pas le seul à les constater, assure-t-il. « En 2014 des réunions de travail se sont tenues, et durant lesquelles l’ensemble des hôtels ont dénoncé les mêmes dérives et menaces sur les professionnels. Nous avions obtenu un engagement fort de l’ancienne direction de l’ARS OI et nous voilà en 2016, où ce manquement flagrant d’hygiène est toléré par des administrations qui exigent le respect des normes alors qu’elles-mêmes ne le sont pas sur ses contrôles« , s’exaspère-t-il. 

La tension est palpable durant l’inspection. La gendarmerie est appelée sur les lieux. L’inspecteur assermenté dresse un procès verbal dans lequel il incrimine l’attitude de l’hôtelier. Pour contester le contrôle, Philippe Schwartz envoie un courrier à la direction de l’ARS mais aussi au ministère de la Santé.

Ce jeudi 3 novembre, il reçoit une réponse de l’ARS l’informant que le procès verbal de l’inspecteur « pour obstacle au contrôle » sera adressé au Procureur de la République, confirmant également les bonnes manipulations effectuées par le technicien. Deuxième aberration pour Philippe Schwartz, qui estime que cette situation pourrait se régler sans encombrer davantage les tribunaux. «  Vous avez vu les images, j’étais certes énervé mais à aucun moment je n’ai fait obstruction au contrôle » s’étonne-t-il. « Pourquoi envenimer les choses? »

 

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