Daniel Vee réussit son pari des 24 marathons en 24 jours et fait passer son message

Parti fin novembre avec un pari jugé impossible, Daniel Vee est allé au bout de son défi : courir 24 marathons en 24 jours à travers La Réunion. Une aventure physique éprouvante, mais surtout humaine et solidaire, marquée par une mobilisation grandissante.
Le coureur saint-andréen Daniel Vee a bouclé ce matin à Cilaos son défi : courir 24 marathons en 24 jours dans les 24 communes de La Réunion. Une performance sportive jamais tentée à la Réunion, mais surtout un engagement personnel et solidaire qu’il a voulu dédier aux personnes porteuses de handicap et à l’association Petit Cœur de Beurre. Au fil des jours, son initiative a suscité un véritable élan populaire.
Lorsque Daniel Vee s’est lancé, fin novembre, dans son projet jamais tenté localement — enchaîner 24 marathons en 24 jours — beaucoup n’y ont pas cru. "Peut-être que comme c’était un pari un peu fou, les gens s’attendaient plus à un échec", confie-t-il. Au final, il aura traversé l’île commune après commune, accompagné par toujours plus de personnes course après course, parfois plusieurs dizaines de personnes, sportifs, novices, anonymes… et même quelques élus venus courir quelques kilomètres à ses côtés.
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Touché par des douleurs aux tendons en fin de parcours, le coureur assure n’avoir jamais envisagé de renoncer : "Si jamais je n’arrivais pas à le faire, je l’aurais fait sur les fesses, sur la béquille."
Une mobilisation grandissante jour après jour
Depuis Saint-André, où il avait bouclé le premier marathon en 4 h 10, jusqu’à son arrivée à Cilaos — après un passage par le Piton des Neiges en pleine nuit ! — Daniel Vee a vu la ferveur populaire grandir.
Chaque matin, avant l’aube, de nouveaux participants se joignaient à lui. Certains ont couru leur premier marathon, d’autres plusieurs d’affilée.
"Il y a beaucoup de gens qui s’y sont frottés pour voir ce que c’est qu’un marathon. Une dame en a fait deux, un autre quatre, alors qu’ils n’en avaient jamais couru", raconte-t-il.
Des vidéos quotidiennes, relayées notamment par sa fille, ont renforcé cet élan. "C’était terrible d’émotion", dit-il.
Faire passer un message : aider, accompagner, ne pas laisser seuls les aidants
Au-delà du défi sportif, Daniel Vee voulait avant tout transmettre un message : l’importance d’accompagner les personnes porteuses de handicap et de soutenir leurs aidants.
Un engagement directement lié à son histoire personnelle.
"J’ai vécu avec ça", rappelle-t-il. Son père, puis sa mère et sa sœur, étaient toutes et tous porteurs d’un handicap. Il évoque les années à les accompagner au quotidien, souvent seul. "Il suffit que quelqu’un vienne vous raconter une histoire, une anecdote… Le temps passe et la vie devient meilleure", dit-il.
Son pari, estime-t-il, est gagné : "J’ai fait naître des idées, des envies. Une personne m’a dit qu’elle a sorti sa maman en fauteuil, qu’ils ont passé un moment ensemble. Pour moi, c’est ça, j’ai réussi. Mon frère me disait : "Si tu vois une seule personne sourire, alors tu as gagné"."
Collecter des fonds pour Petit Cœur de Beurre
Comme annoncé avant le départ, la démarche avait aussi pour but de soutenir l’association Petit Cœur de Beurre, engagée auprès des personnes nées avec une malformation cardiaque.
Daniel Vee estime qu’au minimum "trois à quatre mille euros" ont déjà été récoltés via la cagnotte et la vente des tee-shirts solidaires, vendus 10 euros, dont 5 reversés à l’association.
Il continue par ailleurs à lancer un appel au privé pour des partenariats, comme il l’avait fait tout au long du défi.
Une aventure familiale
Derrière lui, sa famille l’a accompagné chaque jour, comme depuis toujours. Son frère Jean-Pierre, marathonien, était présent sur plusieurs étapes. Son épouse l’a assisté quotidiennement.
La dernière étape vers Cilaos, ville d'où sa mère était originaire, avait des allures de supplice pour le commun des mortels : départ à 2 h du matin pour grimper le Piton des Neiges, le redescendre et enchainer avec plus de 20 km de course. "Le maire nous accueille demain", expliquait-il ce vendredi.
Une page qui se tourne, d’autres projets en tête
Après 24 jours à dormir quatre à cinq heures par nuit, à enchaîner kiné, récupération et nouveaux départs, Daniel Vee reconnaît que "dimanche et lundi vont faire bizarre".
Mais l’aventure ne marque pas une fin : "Il y aura d’autres projets", annonce-t-il simplement.
Lui qui ne cherchait "pas à se mettre en lumière" aura pourtant fédéré bien au-delà du cercle des coureurs. Une mobilisation que même son kinésithérapeute lui a rapportée : "Tout le monde en parle."
Pour Daniel Vee, l’essentiel reste que le message — aider, accompagner, ne pas laisser seuls les aidants — soit passé.


