Daniel Alamélou succède à Michel Vergoz à la tête du SYDNE

Le coup de poker des élus de l'Est au lendemain des élections municipales, épaulés par Sainte-Marie et la Région, leur avait permis de rafler la mise (et donc la présidence du Sydne) alors même que la Cinor est le financeur majoritaire du Sydne La communication avait par la suite été rompue pendant une longue période, mais les échanges avaient repris en 2021. Les délégués de l'intercommunalité du Nord ont cependant clairement fait connaître leur souhait d'un changement de gouvernance au sein du syndicat mixte de traitement des déchets du Nord et de l'Est. Une demande actée par la démission le 15 septembre dernier du maire de Sainte-Rose à la tête du Sydne.
Michel Vergoz démissionne de la Cirest et quitte la présidence du SYDNE
Cela faisait plusieurs années que le Sydne était paralysé par le conflit opposant les élus de la Cinor à ceux de la Cirest, en raison du marché à plus de 240 millions d'euros conclu -sans mise en concurrence- entre le président de l'époque, Gérald Maillot, avec l'entreprise Suez pour la construction d'un centre de valorisation des déchets à Sainte-Suzanne. Une décision prise unilatéralement par la Cinor à l'époque. La brouille entre la Cirest et la Cinor avait été réglée par voie judiciaire. Dans son verdict rendu en mai dernier, la cour administrative de Bordeaux avait demandé la résiliation du marché avec effet différé de 7 ans. Un marché qui ne sera résilié qu'en 2026 mais qui d'ores et déjà grève les finances de la Cirest, comme l'avait rappelé l'intercommunalité lors de son dernier conseil communautaire.
Virapoullé et Maillot s'écharpent autour d'un contrat à plus de 250 millions d'euros
Ce lundi, comme prévu Daniel Alamélou a été désigné pour succéder à Michel Vergoz à la tête du Sydne. Joé Bédier, Karel Magamootoo et Dominique Ponamballom ont été réélus respectivement 1er, 2e et 3e vices-présidents.
Le nouveau président a tout d'abord tenu à "saluer le travail accompli" par les deux derniers présidents du syndicat, à savoir Gérald Maillot et Michel Vergoz. "On l‘a vu ces derniers temps, ce n'est pas facile. Notre syndicat a connu des contentieux judiciaires, structurels et politiques. Les problématiques de cette gouvernance ont décalé notre stratégie initiale. Je ramènerai la concertation pour préparer les orientations à venir. Nous devons avoir une vision territoriale et une ambition partagée pour le traitement et la gestion des déchets à La Réunion", a-t-il déclaré. "Je crois en ce travail avec nos partenaires publics et privés, sans oublier Ileva (l’autre syndicat mixte de traitement des déchets, NDLR)".
"On ne peut pas nier que le syndicat a traversé des moments difficiles. Ce vote à l'unanimité nous oblige à prendre conscience de l'intérêt de travailler main dans la main dans le sens intérêts du Nord et de l'Est", a exprimé Joé Bédier, estimant que Michel Vergoz "a assumé depuis la crise avec beaucoup de fougue et de passion" et adressant également "une pensée pour le personnel qui a besoin de travailler dans la sérénité".
Une nouvelle feuille de route
Le nouveau président du Sydne compte bien ramener de la sérénité dans les débats entre les élus communautaires de la Cirest et de la Cinor. Cela passera par la nécessaire mise en place d’une nouvelle feuille de route entre les différentes parties, qu’elles soient publiques ou privées pour décider des futures grandes orientations du syndicat mixte. À commencer par la position de ce dernier sur le projet de valorisation du CSR (combustibles solides de récupération). "La solution d’Albioma est encore sur la table et nous nous devons l’étudier plus en détail cette solution. C’est une urgence", a clamé Daniel Alamélou.
Urgence en raison de la fin annoncée de l’utilisation du charbon dans les deux centrales d’Albioma et dont son remplacement par de la bagasse ne suffira pas à combler le manque a-t-il tenu à rappeler, "en plus de la situation géopolitique encore incertaine pour importer les granulés de bois". "Si localement nous avons un potentiel CSR, il faut rapidement avancer", a plaidé Daniel Alamélou, se disant d’ores et déjà prêt à rencontrer la Commission de régulation de l’énergie (CRE).
Concernant l’extension actuelle de l’ISDND (Installation de stockage de déchets non-dangereux) de Bel-Air, "validée par le préfet et qui nous fait gagner -virtuellement- quelques années même si les nuisances sont là", Daniel Alamélou a assuré que cette question reviendrait sur la table, "tout comme la renégociation du contrat passé avec Suez". Sur ce point, Daniel Alamélou a déjà montré patte blanche, martelant qu'il ne sera pas "celui qui va décider de tout tout seul".


