Agrandissement du bassin de baignade de Grand Anse : scientifiques et associations tirent la sonnette d'alarme

Un bassin de baignade à la surface doublée pour atteindre 6.400 m², une fosse de natation creusée dans le bassin... Le projet d'aménagement du bassin de baignade de Grand Anse inquiète scientifiques et associations. Cette semaine, un courrier cosigné par 18 spécialistes du milieu marin et du littoral à La Réunion a été transmis au préfet. L'objectif est de détailler les craintes que ces travaux pourraient avoir sur le récif corallien, encore préservé à cet endroit. “Le site de Grand Anse et son bassin de baignade sont reconnus comme un espace naturel remarquable du littoral”, rappelle Greenpeace La Réunion.
Avec les travaux, l'organisation de protection de l'environnement s'inquiète de “l'accélération de l'érosion du littoral et la répercussion sur la biodiversité marine”. Il n'y a aucune garantie scientifique assurant le retour de la biodiversité marine après la réalisation des travaux du bassin de baignade, plaident spécialistes et associations. “À l'heure où les effets du réchauffement climatiques se manifestent de plus en plus fréquemment dans le monde, il y a urgence à ne pas porter des projets susceptibles de fragiliser le récif corallien en pariant sur un optimisme technologique qui joue avec le feu avec des techniques de déplacement ou bouturages de coraux”, avancent-ils.
Un bassin à plus de 5 millions d'euros
Si l'avis de la Mission régionale d'autorité environnementale de La Réunion sur le projet demandait des justifications, notamment sur “des impacts notables comme la destruction directe d’une partie du récif corallien”, le commissaire enquêteur concluait l'enquête publique par un avis favorable. "Malgré les avis défavorables au projet 2,7 fois plus élevés que les avis favorables de la population, cet avis est positif. C'est maintenant au préfet de donner son feu vert ou pas pour lancer les travaux", interpelle Greenpeace.
Le corail abrite une biodiversité exceptionnelle, offre une barrière naturelle et réduit l'érosion, rappelle l'organisation.
“Alors, quelle est donc la solution raisonnable à moyen et long terme ? Une piscine à Grand Anse à plus de 5 millions d'euros ? Ou la préservation d'une source économique pour les pêcheurs artisanaux et la protection des habitations du littoral face aux intempéries ?”, interroge-t-elle.


