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À Saint-Benoît, Selly veut faire payer les casseurs et les bannir de la commune

Ecrit par P.M. – le samedi 24 octobre 2026 à 07H57
"Je continuerai à dire ce que je pense quand je considérerai que cela va dans le sens de l’intérêt des habitants de Saint-Benoît", a affirmé Patrice Selly en préambule du conseil municipal (photo D.R).

Lors du dernier conseil municipal, Patrice Selly a réaffirmé sa ligne de fermeté après les violences à Bras-Fusil et aux abords du lycée Patu-de-Rosemont. Le maire de Saint-Benoît veut faire payer les responsables des dégradations, demander des interdictions de séjour et soutient le projet de loi dit "casseurs-payeurs". Il a également précisé ses critiques contre l’État.

"S’il faut aller chercher chaque racaille, chaque voyou qui habite dans les différents appartements de nos quartiers, eh bien, on ira les chercher." Avant les débats sur le projet de Schéma d’aménagement régional, sur lequel la majorité municipale a rendu un avis défavorable en l’état mardi 20 octobre, Patrice Selly a consacré un long préambule aux violences des derniers jours à Saint-Benoît.

Le maire a condamné les tentatives d’intrusion dans la brigade de gendarmerie de Bras-Fusil et les locaux associatifs voisins, ainsi que les violences aux abords du lycée Patu-de-Rosemont. "Ces faits de délinquance commis principalement par des jeunes mineurs, commis principalement par des jeunes mineurs issus d’une communauté", met-il de nouveau en avant.

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Après avoir salué les gendarmes, les policiers municipaux et les agents communaux mobilisés, il a détaillé les suites qu’il entend donner aux dégradations.

La ville, assure-t-il, sera présente devant les tribunaux pour réclamer réparation des préjudices subis par la population bénédictine. Mais aussi "pour demander également que ces individus-là se voient interdire le séjour ici dans notre commune et en particulier dans les quartiers dans lesquels ces agissements auront été commis".

Pour le projet de loi "casseurs-payeurs"

S’il rappelle croire au triptyque de la prévention, de la sécurité et de la répression, Patrice Selly estime que "le volet répression" doit désormais être "davantage mis en avant". Il demande que les auteurs majeurs réparent les dégâts et que les mineurs soient sanctionnés lorsqu’ils sont en âge de l’être.

"S’il faut faire payer les parents quand les parents sont présents, s’il faut faire payer les détenteurs de l’autorité parentale quand les parents ne sont pas présents, alors oui, il faudra les faire payer", lance-t-il.

Dans cette logique, le maire apporte son soutien au projet de loi dit "casseurs-payeurs", dont l’examen en séance publique au Sénat est annoncé pour le mardi 27 octobre. "J’espère qu’il sera adopté", insiste-t-il, prévenant qu’il observera les positions des députés et sénateurs réunionnais sur ce dispositif.

"Ce n'est pas à la victime de partir"

Cette prise de parole prolonge les positions défendues par son parti. Dans un communiqué de soutien à Ericka Bareigts et aux habitants du Chaudron, publié le 19 septembre après des violences urbaines, Banian avait déjà réclamé une responsabilisation des familles, dans le respect du droit, ainsi qu’une réflexion sur les conditions d’attribution et le versement des prestations sociales.

Le parti proposait également un service militaire adapté rénové pour encadrer, former et accompagner les jeunes en rupture ou exposés à la délinquance. Il demandait une responsabilisation accrue des structures d’accueil et de l’État, avec un suivi effectif, des moyens renforcés et des réponses rapides.

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À ces propositions s’ajoutaient l’interdiction de séjour dans la commune pour les délinquants condamnés et l’expulsion locative des fauteurs de troubles, avec ce principe : "ce n’est pas à la victime de partir".

Une importante opération anti-bandes avait été menée le 5 juin dernier à Bras-Fusil et dans le quartier Europe (photo Anakao press - Pierre Marchal).

Après les critiques, une clarification sur l’État

Le maire a aussi rectifié la portée de ses accusations contre l’État. Son communiqué diffusé après les violences du week-end dernier avait suscité une réponse ferme du sous-préfet de Saint-Benoît, Fabrice Bonicel, lors d’une réunion de sécurité mardi matin. Selon les éléments rapportés par Zinfos974, le représentant de l’État avait notamment rappelé les moyens engagés pour la brigade de Bras-Fusil et la vidéoprotection.

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Devant le conseil municipal, Patrice Selly a précisé qu’il visait "surtout" les défaillances de l’État "au niveau national". À l’échelle de sa commune, il reconnaît au contraire le soutien apporté : "C’est un travail qui a pu être mis en œuvre grâce au soutien de l’État. Cela est indéniable."

Il revendique néanmoins sa "liberté de parole" et demande une meilleure communication entre la municipalité, les services de l’État et les forces de l’ordre pour anticiper de nouveaux épisodes de violences.

"Moi, je n'aime pas quand ça pète"

L’intervention a ensuite pris un tour ouvertement politique. Accusant LFI de récupération du mouvement lycéen et dénonçant des "appels au blocage", Patrice Selly s’en est directement pris à Jean-Hugues Ratenon, auquel il reproche d’attiser les tensions. "Parfois, les personnes dont je parle incitent davantage qu’ils ne réfrènent certains agissements de violence", a-t-il lancé.

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Pour appuyer son attaque, le maire a évoqué une ancienne vidéo circulant sur les réseaux sociaux. On y entend le parlementaire déclarer : "J’aime quand ça pète, j’aime quand ça brûle, j’aime les bombes lacrymogènes." Des propos qu’il resitue quelques jours après l’élection du député lors d'une manifestation. "C’est une honte. C’est une honte", a-t-il martelé.

"Moi, je suis du côté de l’ordre", a insisté Patrice Selly, opposant sa position à celle qu’il prête au député.

L'édile a dans le même temps reconnu la "légitimité de certaines revendications lycéennes et sociales". Des revendications qu’il estime avoir été "totalement noyées" par les violences et la récupération politique.

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