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"On nous impose d’être enfermés chez nous" : à Sainte-Suzanne, des riverains excédés par le rallye

Ecrit par P.M. – le vendredi 23 octobre 2026 à 19H19
À Sainte-Suzanne, des riverains du secteur Renaissance–La Vigne dénoncent le manque de concertation et les difficultés de circulation liées au rallye prévu ce samedi.

À la veille du rallye prévu ce samedi 24 octobre, des habitants du secteur Renaissance–La Vigne, à Sainte-Suzanne, dénoncent un manque de concertation. Bruit, difficultés pour sortir de chez eux, activité professionnelle perturbée : ils réclament des aménagements et une information précise sur les conditions de circulation.

Ce samedi, les voitures de course doivent passer devant chez eux. Pour les passionnés, c’est un rendez-vous attendu. Pour des habitants du secteur Renaissance–La Vigne, à Sainte-Suzanne, c’est une journée qu’ils appréhendent chaque année. 

Rencontré ce vendredi matin, Christian Picard ne cache plus son exaspération. "C’est un plaisir pour d’autres, que je comprends tout à fait, je ne critique pas. Mais pour les riverains qui n’ont pas été concertés, qui ne sont pas d’accord, c’est une journée enfermée, à supporter le bruit, à ne pas pouvoir sortir."

Dans un courrier adressé au maire et au préfet, celui qui se présente comme le porte-parole de riverains demande un réexamen des conditions de fermeture de la route. À défaut, il réclame une déviation praticable, des créneaux d’accès et une réunion d’information.

"Merci pour quoi ?"

La première critique porte sur la manière dont les habitants sont informés. Christian Picard explique avoir découvert cette semaine un mot du maire dans sa boîte aux lettres, annonçant le rallye et remerciant les riverains. Une formule qui passe mal. "Merci pour quoi ?", lance-t-il.

Pour lui, informer de la tenue d’une épreuve ne remplace pas une discussion avec ceux qui vivent sur son parcours. "Pourquoi ils ne viennent pas discuter ? Pourquoi ils ne vont pas voir les agriculteurs pour dire : là, on va vous pénaliser parce que c’est samedi, vous travaillez quand même ?"

Les horaires exacts de fermeture restent d’ailleurs confus pour les habitants interrogés. Plusieurs évoquent une route inaccessible jusque tard dans la soirée, sans pouvoir préciser avec certitude les heures de début et de fin (de 10h à 22h30 selon l'arrêté municipal NDLR).

Une activité professionnelle "perturbée"

Les restrictions de circulation compliquent aussi le travail des riverains. Le père de Christian Picard, qui tient une table d’hôtes, doit anticiper les difficultés de déplacement de ses clients. Un autre habitant, agriculteur, explique devoir concentrer son travail sur ce vendredi pour faire face à la fermeture du lendemain.

Le samedi reste une journée de travail pour certains, rappelle Christian Picard, qui réclame une discussion en amont : "Pourquoi ils ne vont pas voir les agriculteurs pour dire : là, on va vous pénaliser parce que c’est samedi, vous travaillez quand même ?"

"Le samedi, c'est aussi un moment pour se reposer", rappelle Christian Picard, qui demande que ces contraintes soient prises en compte en amont.

Sortir de chez soi, mais comment ?

Christian Picard raconte avoir déjà laissé une voiture à l’extérieur du périmètre fermé lors d’une précédente édition. Une solution qui l’oblige ensuite à rejoindre le véhicule à pied, avec toutes les difficultés que cela suppose, la route étant fermée. Et compliqué de partir pour la journée "avec la coïncidence de la mobilisation des gilets jaunes le même jour, qui risque de créer des blocages supplémentaires et des tensions pour la circulation et la sécurité".

Il demande surtout des consignes concrètes : à quelle heure sortir, par où passer et qui contacter en cas de besoin ? Il dit avoir lu qu’un dispositif permettait de gérer les urgences, sans savoir comment joindre l’interlocuteur compétent depuis son domicile. "Je le trouve où, moi, ce Monsieur-là ? Je suis chez moi, je le trouve où ?"

Même demande concernant les éventuelles interruptions de course. Si des passages sont possibles, les habitants souhaitent en connaître les horaires pour organiser leur journée.

Au blocage de la circulation s’ajoutent les nuisances qu’ils disent subir au fil des éditions : bruit, déchets, animaux effrayés et spectateurs qui s’installent au plus près des habitations, parfois jusque dans les cours, selon leurs témoignages. La présence du public à des endroits qu’ils estiment dangereux nourrit également leurs inquiétudes.

Un ras-le-bol qui ne date pas d’hier

Pour ces habitants, les mêmes difficultés reviennent d’une édition à l’autre. Christian Picard rappelle que des pétitions avaient déjà été lancées sous l’ancien maire, Maurice Gironcel. Elles seraient, selon lui, "restées sans réponse".

Ancien candidat aux dernières municipales sur la liste de Daniel Alamélou, ce dernier avait pris de suite ses distances après le ralliement de ce dernier à Frédéric Maillot. Il replace sa démarche sur le terrain du quotidien : "Mon action n’est pas politique."

Autour de lui, d’autres habitants rencontrés ce vendredi expriment la même lassitude. Leur demande revient à pouvoir discuter des contraintes avant de les subir. "Au moins quelques concertations, essayer de s’arranger un peu sur les horaires, trouver des portes de sortie", résume l’un d’eux.

Nous avons tenté, sans succès, de joindre la mairie de Sainte-Suzanne.

Etiquettes : GU | Rallye | Sainte-Suzanne

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