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Saint-Denis : un nouveau "coup de pouce" de 60 euros pour les travailleurs

Ecrit par P.M. – le vendredi 23 octobre 2026 à 18H27
David Belda, adjoint aux affaires sociales, Ericka Bareigts et Tracy Natan, élue municipale, ont présenté ce vendredi à la mairie annexe de Bellepierre le nouveau chèque alimentaire "Coup de pouce", porté à 60 euros pour les travailleurs dionysiens.

À la veille d’une nouvelle journée de mobilisation, c’est aussi un "acte 2" que la mairie de Saint-Denis a présenté ce vendredi 23 octobre depuis la mairie annexe de Bellepierre. Un acte social, sous la forme d’un nouveau chèque alimentaire "coup de pouce", passant de 40 à 60 euros, et dont les critères ont été élargis pour bénéficier à davantage de travailleurs. La municipalité espère atteindre 3.000 bénéficiaires, pour un budget de 200.000 euros.

Si les modalités changent, pas l'objectif : redonner du pouvoir d'achat à ceux qui n'ont pas d'autre choix que de mettre du carburant dans leur voiture pour aller travailler. Avec le choix d'une aide alimentaire et non d'un bon d'essence. 

"On ne peut pas utiliser l’impôt local pour aller remettre dans la caisse de Total et de toute la clique", souligne la maire, Ericka Bareigts.

Aux côtés de David Belda, adjoint aux affaires sociales et vice-président délégué au CCAS, l’édile a présenté ce vendredi les ajustements de cette nouvelle opération "Coup de pouce". Une aide plus importante, un plafond de revenus relevé et des démarches repensées pour les personnes qui travaillent.

"Le 1 euro de trop, qui vous exclut",

La première opération a enregistré 802 demandes, dont 504 avaient été acceptées. Près de 300 étaient donc restées sur le carreau, notamment pour un plafond de revenus parfois dépassé de quelques euros. À cela s’ajoutaient les difficultés de certains salariés à se déplacer au siège du CCAS pendant les horaires d’ouverture.

"Le 1 euro de trop, qui vous exclut", résume Ericka Bareigts. C’est pour ces ménages dits de la classe moyenne, qui travaillent mais bénéficient peu des aides, que la municipalité a revu son dispositif.

Lire aussi : Saint-Denis : les premiers chèques "Coup de pouce" distribués aux travailleurs modestes

Le plafond d’accès passe ainsi à 1,3 SMIC, soit 1921 euros nets mensuels, contre 1188 euros dans la première opération. Le montant du chèque passe, lui, de 40 à 60 euros. L'aide est aussi ouverte aux personnes ayant déjà bénéficié des 40 euros de la première opération. 

"Pour nous, c’est le revenu réel. Qu’est-ce que tu gagnes ?", insiste la maire. L’aide municipale n'est pas conditionnée à une distance minimale de 15 kilomètres entre le domicile et le travail comme c'est le cas pour l'aide du Gouvernement. "Ça coûte cher de travailler maintenant", tique l'édile.

"Vous attendez la fin de mois avec moins de stress"

Au même moment où l’État annonce la mobilisation de 70.000 forces de l’ordre à la veille d’une nouvelle journée de contestation, la municipalité dionysienne défend une réponse sociale aux difficultés de pouvoir d’achat. "Les gens expriment quelque chose de très légitime et il faut leur permettre de dire ça aussi", estime Ericka Bareigts.

La maire évoque le témoignage d’une femme à qui il ne reste que 50 euros pour terminer le mois. "Lorsque quelqu’un apporte 20, 30 ou 50 euros d'aide, vous attendez la fin de mois avec moins de stress", souligne-t-elle. "À Saint-Denis, on estime que s’il y a un petit truc à faire, on le fait."

Le but est aussi de préserver la dignité des bénéficiaires. Les chèques permettent de faire ses courses dans l'endroit de son choix et d'acheter ce dont on a besoin. "On a voulu mettre aussi un peu de fierté, de la fierté, de la considération", poursuit la maire.

Un nouveau "coup de pouce" destiné à un public qui ne demande pas l'aide du CCAS tout au long de l'année et qui s’ajoute aux dispositifs sociaux déjà déployés par la commune. Le CCAS accompagne chaque année 17.000 personnes pour une aide alimentaire. La municipalité porte également la gratuité du bus et du téléphérique pour les jeunes jusqu’à 25 ans, ainsi que la prise en charge de la cantine pour 85 % des familles.

Pour les gramounes, une offre d’activités sportives variées est proposée à 5 euros par an, pour un budget de 500.000 euros.

"Mettre des humains en face"

Pour toucher davantage de travailleurs, la mairie revoit également les conditions d’accès au dispositif. Les demandes pourront être effectuées en ligne, mais un accompagnement sera aussi proposé dans les mairies annexes. "Si tu veux vraiment accompagner les gens, tu mets des humains en face et tu fais la discussion", défend Ericka Bareigts. En prenant l'exemple d’une personne utilisant, pour travailler, une voiture dont la carte grise est au nom de son conjoint. "Avec un interlocuteur, ces situations pourront être examinées et les dossiers incomplets régularisés", illustre l'édile.

Le retrait des chèques sera lui aussi rapproché des habitants, avec une distribution au siège du CCAS et dans les cinq mairies annexes, notamment le samedi matin. 

Les modalités pratiques

Les inscriptions seront ouvertes du 2 au 27 novembre. Les demandes pourront être réalisées en ligne, avec la possibilité d’un accompagnement dans les mairies annexes. Trois documents sont demandés : une carte grise, un justificatif de domicile et une fiche de paie.

Les chèques seront distribués du 16 au 27 novembre, sur pré-réservation d’un créneau horaire et d’un lieu de retrait :

  • Au siège du CCAS, du lundi au vendredi matin ;
  • Dans les mairies annexes de Saint-Bernard, Bellepierre, Montgaillard, Moufia et La Bretagne, les mercredis et les samedis matin.

Chaque bénéficiaire pourra sélectionner le lieu de retrait de son choix.

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