Saint-Denis : les premiers chèques "Coup de pouce" distribués aux travailleurs modestes

Aides à domicile, parents isolés, jeunes en alternance ou seniors actifs : plusieurs dizaines de Dionysiens ont reçu ce vendredi leurs premiers chèques "Coup de pouce". À travers cette aide alimentaire exceptionnelle, la Ville de Saint-Denis entend soutenir les travailleurs modestes touchés par la hausse du coût des carburants.
La Ville de Saint-Denis et le CCAS ont remis ce vendredi 15 mai les premiers chèques "Coup de pouce", une aide exceptionnelle destinée aux travailleurs modestes confrontés à la hausse des prix des carburants. Pensé comme un soutien alimentaire plutôt qu’une aide directe à l’essence, le dispositif vise à préserver le budget des familles les plus fragilisées.
Face à l’augmentation du coût du carburant ces dernières semaines, la municipalité dionysienne a choisi d’agir rapidement. "On s’est dit qu’il fallait trouver une réponse concrète pour les travailleurs qui voient leur budget exploser avec le plein d’essence", explique la maire de Saint-Denis, Ericka Bareigts.
Une aide alimentaire plutôt qu’un remboursement du carburant
Le dispositif prend la forme de deux chèques alimentaires de 20 euros distribués sur deux mois. Une aide qui ne servira pas à payer l’essence directement, mais à compenser les dépenses alimentaires sacrifiées par certaines familles.
Pour la maire, la logique est claire : "Quand 20 ou 40 euros partent désormais dans le réservoir, ce sont autant d’euros qui disparaissent du panier de courses. L’idée, c’est d’éviter que les familles aient à choisir entre se déplacer pour travailler et remplir le frigo."
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Cette aide exceptionnelle permet également d’ouvrir plus largement les dispositifs du CCAS à des travailleurs modestes qui, jusqu’ici, ne relevaient pas forcément de l’aide sociale classique. Environ 10.000 personnes pourraient être concernées, entre les bénéficiaires déjà suivis par le CCAS et les nouveaux demandeurs.
250 inscriptions en quinze jours
Depuis le lancement du dispositif, 250 personnes se sont déjà inscrites via la plateforme numérique mise en place par la Ville. Les profils des bénéficiaires correspondent, selon la municipalité, au public ciblé : aides à domicile, salariés en alternance, parents isolés ou encore seniors actifs.
"On voit qu’on touche des personnes qui travaillent mais qui restent en difficulté malgré leur emploi", souligne Ericka Bareigts. "Beaucoup de femmes sont venues ce matin, avec des situations parfois très précaires malgré une activité professionnelle", ajoute-t-elle.
Pour bénéficier du chèque "Coup de pouce", trois documents sont demandés : une carte grise, une fiche de paie et un justificatif de domicile. Les démarches se font entièrement en ligne afin de simplifier l’accès à l’aide.

"Souffler un peu sur les courses du mois"
À travers ce dispositif, la ville souhaite aussi envoyer un signal de reconnaissance aux travailleurs modestes touchés de plein fouet par la vie chère. "Ce qu’on entend ce matin, c’est que ces 40 euros permettent vraiment de souffler un peu sur les courses du mois", rapporte l'édile dionysienne. "Quand les budgets sont serrés, quelques dizaines d’euros peuvent faire la différence pour une famille."
Ericka Bareigts insiste également sur l’importance de préserver la dignité des bénéficiaires : "Il ne faut surtout pas avoir honte de demander cette aide. C’est un accompagnement ponctuel pour des travailleurs qui font déjà beaucoup d’efforts au quotidien."
Une aide prolongée tant que l’enveloppe le permettra
Initialement prévu pour deux mois, le dispositif pourrait être maintenu plus longtemps si la situation perdure. La municipalité assure que les inscriptions resteront ouvertes tant que l’enveloppe budgétaire dédiée ne sera pas épuisée. "On préfère laisser le temps aux personnes de faire leurs démarches plutôt que de fermer brutalement le dispositif", indique la maire de Saint-Denis.
La ville réfléchit par ailleurs à une évolution plus durable des critères d’accès au CCAS afin d’intégrer davantage de travailleurs modestes dans les aides sociales municipales.



