"Tout nu sur la croix du Christ", il multiplie les infractions dans l'église du Chaudron

A défaut d’expertise psychiatrique, Emilien A. reste en prison jusqu’à son procès pour dégradation d’un édifice affecté au culte reporté en décembre prochain. Le 3 septembre dernier, il avait déambulé nu comme un ver dans l’église du Chaudron, fracassant le baptistère, des fleurs artificielles et des câbles électriques.
La série d’infractions, dont Emilien A. est comptable depuis le début de l’année 2026, tend à démontrer que cet homme de 36 ans est en proie à d’importants troubles du comportement. Déjà détenteur d’un joli palmarès au plan judiciaire, le prévenu comparaissait ce mercredi 21 octobre pour trois nouveaux méfaits.
Le 4 juillet dernier, il se trouve chez sa mère et son beau-père en compagnie de sa compagne. Il n’aurait pas supporté une petite remarque adressée à cette dernière par l’homme qui a refait sa vie avec sa mère. Une broutille, semble-t-il, qui a pris des proportions importantes dans l’esprit manifestement perturbé du trentenaire. Passablement énervé, Emilien A. a porté un coup de poing en direction de celui-ci avant de le poursuivre en brandissant une scie tout en menaçant de lui faire la peau. Par chance, le beau-père s’en est sorti avec cinq points de suture et une belle frayeur.
Il s’invite dans l’église du Chaudron « en tenue d’Adam »
Placé en garde à vue, Emilien A. a prétendu le contraire. Il a raconté avoir été la proie d’un guet-apens tendu par la victime au cours duquel il a reçu des coups. Cette fois, Emilien A. est laissé libre, invité à répondre plus tard de ses actes devant le tribunal judiciaire de Saint-Denis… en février 2027. Mais cette clémence de la justice, sachant qu’il est déjà créditeur de 17 mentions à son casier judiciaire pour des faits de violence et de vol essentiellement, n’a pas suffi à ce qu’il se tienne à carreau.
Le 3 septembre dernier, Emilien A. fait à nouveau parler de lui de manière cocasse et désagréable. Pour une raison inconnue, il se balade complètement nu dans les rues du Chaudron. Il croise d’abord un homme à qui il dérobe son sac. Puis il s’invite dans l’église du Chaudron « en tenue d’Adam », savoure le président Bernard Molié.
Le nudiste prend la fuite avec le prêtre et ses ouailles à ses trousses
Visiblement énervé, l’homme s’en prend aux fleurs artificielles qui ornent le lieu de culte. Au passage, il arrache des câbles électriques. Surtout, il s’attaque au baptistère en le renversant. Ce qui a le don de casser en deux cette pièce unique dédiée à la célébration du baptême.
Emilien A. en profite aussi pour prendre la pose près de l’autel « tout nu sur la croix du Christ », immortalisé par une vidéo que le prêtre remettra par la suite aux policiers. Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Alertés par tout ce cinéma, des témoins affluent pour prêter main-forte au prêtre de la paroisse. Ainsi, le nudiste de l’église du Chaudron a dû prendre la fuite avec, à ses trousses, le prêtre et ses ouailles de circonstance.
« Toujours à poil », il tombe presque dans les bras des policiers
Pour se sortir de ce mauvais pas, Emilien A., « toujours à poil » comme le dit le président Molié, a cru utile de rejoindre la patrouille de police dépêchée sur les lieux pour leur tomber quasiment dans les bras. Mais ce n’est pas l’ultime scène cocasse de ce qui s’apparente presque à un vaudeville. Placé en garde à vue, après que le médecin chargé de l’examiner eut jugé son état compatible avec cette mesure coercitive et privative de liberté, Emilien A. a prouvé encore que « sa tête n’est pas bien rangée », comme le dit le président.
Ainsi, les policiers ont eu la surprise de l’entendre chanter et siffler dans sa cellule. Comme à l’église, il avait retiré les vêtements qu’ils lui avaient donnés « pour se remettre à poil ». A défaut d’avoir pu obtenir une expertise psychiatrique ce jour, le tribunal judiciaire a simplement statué sur la nécessité de le maintenir ou pas en garde à vue.
« Il y a un vrai questionnement sur ses troubles de la personnalité »
Du côté du parquet de Saint-Denis, la magistrate n’a pu que constater qu’il était « absolument nécessaire qu’il soit examiné par un expert psychiatre car il y a un vrai questionnement sur ses troubles de la personnalité ». Sachant qu’il n’a pas fait l’objet d’une hospitalisation sous contrainte les deux dernières fois où il a été examiné par un médecin en garde à vue, la procureure adjointe n’a pas pu faire autrement que de demander son maintien sous mandat de dépôt.
Rappelant qu’il a déjà 17 mentions à son casier judiciaire, elle redoute en effet « un risque de réitération des faits ». Son avocate s’est rangée à la nécessité impérieuse de le soumettre à une expertise. Emilien A. reste en détention jusqu’à son procès fixé en décembre prochain.


