Saint-Denis : le repas familial à couteau tiré se solde par des menaces de mort

Ce lundi 19 octobre 2026, un homme de 36 ans a été condamné à un an de prison ferme pour des violences sous la menace d’une arme et des menaces de mort en état de récidive. Cette fois, il s’en est pris à sa mère et à un frère lors d’un repas familial particulièrement festif. Récit.
Bertrand P. a le vin mauvais et il le sait bien. Car le Dionysien de 36 ans a déjà été condamné pour des faits de violences en octobre 2023 et des menaces de mort en février 2025. Il a en outre effectué un séjour en prison de cinq mois qui s’est achevé le 17 septembre dernier et il a toujours six mois de prison au-dessus de la tête. Tout ceci ne l’a pas empêché de gâcher le repas familial organisé au domicile de sa mère, le 16 octobre dernier.
Sérieusement alcoolisé, Bertrand P. a entamé une conversation avec son frère au cours de laquelle ils ont confronté leurs points de vue et surtout leurs divergences sur l’univers carcéral et l’évolution des conditions de détention que tous deux ont eu à connaître. Bertrand P., il y a peu donc, derrière les murs de Domenjod, et son grand frère, il y a plus longtemps, puisqu’il était incarcéré au sein de la mythique prison Juliette Dodu.
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Difficile de savoir ce qui pouvait précisément les opposer. Il se pourrait même qu’il s’agisse d’une histoire d’argent, le grand frère reprochant à son cadet les frais d’avocat avancés par leur mère. Le président Bernard Molié avoue que « c’est flou… »
« Mi sa tue a ou, mi sa pique a ou ! »
Reste que le ton est monté d’un cran entre les frères. Bertrand P. a saisi une bouteille de vin pour menacer son aîné. La mère s’en est mêlée et s’est retrouvée au sol après un ralé-poussé. A partir de là, le cadet est sorti à l’extérieur pour tenter de calmer ses nerfs. Mais quand il est revenu à l’appartement une demi-heure plus tard, il était toujours aussi énervé.
Quand il s’est présenté dans l’encadrement de la porte, il avait un couteau en main. Pas un canif mais un grand couteau à manche rouge de 60 centimètres de long, dissimulé sous une serviette blanche. Il a pointé la lame vers son frère en lui lançant : « Mi sa tue a ou, mi sa pique a ou ! » Mouvement de panique. La police est alertée et une patrouille intervient, guidée par les voisins.
Les faits sont confirmés par plusieurs membres de la famille, même si ceux-ci n’ont pas souhaité déposer plainte. Ce qui n’a pas empêché le parquet de Saint-Denis de poursuivre Bertrand P. comme la loi le permet et comme beaucoup de justiciables l’ignorent souvent.
« C’était juste une petite dispute en famille… »
Bertrand P. est d’ailleurs de ceux qui pensent à tort qu’en l’absence de plainte, ils peuvent s’en tirer à bon compte. « C’était juste une petite dispute en famille et personne n’a déposé plainte », explique-t-il au président Bernard Molié qui fronce les sourcils. Le magistrat rappelle au prévenu qu’il avait tout de même 2,30 grammes d'alcool par litre de sang et un grand couteau à côté de lui quand il a été interpellé.
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Le prévenu reconnaît que le ton est monté entre lui et son frère mais il nie les menaces et les violences en dépit des témoignages recueillis par les enquêteurs. Bertrand P. insiste pour bénéficier d’un bracelet électronique. « C’est vrai que j’étais sous l’effet de l’alcool mais ce n’est pas une vie d’être en prison », plaide-t-il.
« Un mois seulement après sa levée d’écrou… »
La représentante du ministère public trouve inquiétant que le prévenu soit à la barre du tribunal judiciaire « un mois seulement après sa levée d’écrou ». Rappelant qu’il est en état de récidive avec trois mentions pour des violences ou des menaces de mort, elle requiert huit mois de prison ferme et la révocation de quatre mois de prison restés au-dessus de sa tête, conformément au souhait du juge de l’application des peines. Le tout agrémenté d’un mandat de dépôt.
En dépit de la pertinence des arguments avancés par Me Henri Moselle, qui plaidait en défense, les juges ont suivi à la lettre les réquisitions du parquet de Saint-Denis.


