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Trafic piloté depuis Domenjod : la "logisticienne" clame son ignorance et demande à retrouver sa liberté

Ecrit par L.C – le mercredi 21 octobre 2026 à 07H33

Ce mardi 20 octobre, à la chambre de l'instruction, une jeune femme était visée pour sa participation à un trafic de stupéfiants, piloté depuis la prison de Domenjod. Depuis avril dernier, elle est derrière les barreaux et plaide aujourd'hui pour sa libération.

En décembre 2025, le contrôle d'une bande de passagers arrivant de l'Hexagone permet de découvrir une valise chargée de drogue : près de 12 kilos de cathinone et 3 kilos de cannabis. Une mule, donc. Dans la foulée, celle qui était présente dans le taxi est interpellée.

Mélanie* se retrouve donc en garde à vue avec son petit ami. Tous deux sont soupçonnés de tremper dans un trafic de stupéfiants. Son rôle à elle serait celui d'une logisticienne. C'est-à-dire qu'il consistait à préparer l'arrivée des livraisons, de quoi payer les billets d'avion, de les loger et de s'occuper de leur départ... Pendant son audition, la jeune femme va se rétracter, en expliquant "rendre service" à son compagnon, sans savoir qu'il s'agit d'un trafic de drogues.

L'enquête révèle par ailleurs que plusieurs personnes la désignent comme une intermédiaire. Elle-même reconnaît avoir, en janvier 2026, effectué du "comptage" pour aider son petit ami. La perquisition de leur domicile a permis de retrouver d'importantes sommes en espèces, une balance de précision et des sachets de conditionnement.

Un parcours exemplaire

Ce qui frappe dans ce dossier, c'est le profil de Mélanie. Née à Madagascar mais ayant vécu et fait sa scolarité à La Réunion, elle est titulaire d'un diplôme en ressources humaines et travaille comme assistante. Son employeur est même prêt à la reprendre à l'issue d'une hypothétique libération. Elle participe même aux frais de ses parents âgés.

L'avocate générale, Emmanuelle Barre, évoque pourtant le risque de réitération, de pression et de concertation. Elle rappelle que l'enquête est toujours en cours et que la jeune femme, même si elle dit ignorer la nature du trafic, y participe "tous azimuts". En conséquence, elle requiert le maintien en détention, soulignant que Mélanie possède toujours des attaches à Madagascar et pourrait donc se soustraire à la justice.

La défense de Mélanie, elle, rappelle son parcours exemplaire : une jeune femme insérée dans la société qui s'est laissée avoir par son petit copain dont elle était follement amoureuse. Arguant qu'un contrôle judiciaire strict suffirait, la robe noire détaille les conditions de détention de Mélanie : étant donné que ses co-prévenus sont aussi en détention au quartier des femmes de Domenjod, sa cliente ne peut pas s'inscrire aux différentes activités et est limitée à trois promenades par jour.

Le délibéré est attendu.

*Prénom d'emprunt

Etiquettes : PU1 | Trafic de Stupéfiants

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