Saint-Louis : alcoolisé sur son scooter, il refuse la prise de sang pour "ne pas déranger les médecins"

Contrôlé sur un cyclomoteur le 1er janvier, un homme de 46 ans comparaissait jeudi 15 octobre au tribunal correctionnel de Saint-Pierre pour conduite alcoolisée, transport d’arme, défaut d’assurance et casque non attaché. Si les faits reprochés n'étaient pas grave en eux-mêmes, son attitude à su provoquer l'agacement des magistrats. Il a été condamné à deux amendes.
« Monsieur va se débrouiller tout seul. » Interrogée en début d’audience par la présidente pour savoir si elle représente toujours Denis, son avocate, présente pour une autre affaire, écarte toute intervention de sa part. Le ton était donné sur la personnalité qui allait se présenter à la barre.
L’affaire commence le 1er janvier 2026, sur le parking devant son domicile, à Saint-Louis. Des militaires du PSIG le remarquent sur son cyclomoteur, le casque non attaché. Le contrôle révèle un taux de 0,63 milligramme d’alcool par litre d’air expiré.
Denis porte également un gomme-cogne et 8,86 grammes de cannabis. Un dépistage salivaire se révèle positif au cannabis, aux amphétamines et à la cocaïne. Son permis a, par ailleurs, été annulé par la préfecture en mars 2025. Le volet stupéfiants ne fait toutefois pas l’objet des poursuites examinées jeudi.
Du zamal ou du CBD ?
Denis reconnaît avoir bu, mais ses explications sur les stupéfiants varient. Il conteste d’abord la pesée, assurant que les gendarmes ont comptabilisé le papier journal servant d’emballage. Puis il présente le produit comme « juste un truc de CBD ».
« Je ne consomme pas de cannabis, madame », affirme-t-il à la présidente. Pourtant, lors de son audition, il avait déclaré avoir fumé un joint dans la soirée. Il expliquait aussi avoir acheté sa consommation pour l’année.
Quant à la prise de sang qu’il a refusée, Denis avance une raison inattendue : « Les médecins sont débordés le jour de l’an et fallait pas les déranger pour ça. » Il assure qu’il se sentait lucide et capable de conduire.
« Ils ont écrit ce qu’ils voulaient »
Le prévenu met régulièrement en cause la façon dont ses propos ont été retranscrits. « Je ne dis pas que les gendarmes sont des menteurs, mais ils ont écrit ce qu’ils voulaient », soutient-il.
Il se plaint également de ses 36 heures de garde à vue et de la perquisition pour commencer l'année. Lorsque le procureur évoque son envie de quitter l’un de ses métiers, Denis lui demande dédaigneusement d’où il sort ces informations. « De vos auditions, tout simplement », lui répond le magistrat.
Interrogé sur les infractions ayant conduit à la perte de son permis, il évoque des excès de vitesse et le téléphone au volant. La présidente lui demande de répéter. Denis ajoute alors un antécédent d’alcool au volant, avant de tenter de relativiser ses excès de vitesse. La magistrate coupe court : ce n’est pas ce qu’elle juge ce jour-là.
Un gomme-cogne pour se protéger
Pour justifier le port de l’arme, Denis raconte avoir subi deux cambriolages et le vol de trois voitures. Il reproche aux gendarmes de ne pas avoir agi et explique vouloir protéger son domicile.
Que comptait-il faire avec le gomme-cogne ? « Tirer quand on rentre chez moi », répond-il. La présidente relève le ton employé : « Vous le dites d’une façon si détendue. C’est inquiétant. »
Le parquet défend la procédure
Dans ses réquisitions, le procureur précise d’entrée que la découverte du cannabis avait entraîné des vérifications, mais qu’aucun élément n’a permis de rattacher Denis à un quelconque trafic.
Le magistrat rappelle que les poursuites liées aux stupéfiants n’ont pas été retenues, mais demande une condamnation pour les infractions examinées, dont le transport d’arme. Il requiert 60 jours-amende à 10 euros et 150 euros d’amende.
Le tribunal suit les réquisitions. Il devra payer 600 euros au titre des jours-amende, sous peine d’incarcération pour chaque jour non payé, ainsi qu’une autre amende de 150 euros.


