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Du McDonald’s en cendres aux dégradations, un début de semaine amer à La Possession après les violences

Ecrit par M.B – le lundi 19 octobre 2026 à 19H08

Moins de 48 heures après le violent incendie qui a ravagé le McDonald’s de la ZAC Moulin Joli, dans la nuit de samedi à dimanche, le quartier tente de panser ses plaies. Dès ce lundi matin, le décor est saisissant : tandis que les ouvriers s'affairent déjà autour du bâtiment carbonisé pour sécuriser le site, une lourde et persistante odeur de plastique brûlé continue de flotter dans les environs de l'édifice en grande partie effondré.

Devant les vestiges fumants du fast-food, deux adolescents passent rapidement en s'amusant de la situation. L'une des deux lance à son amie sur le ton de la blague qu'il s'agissait de sa "deuxième maison" où elle venait "tout le temps", avant de poursuivre leur chemin sans s'attarder. Un sentiment plus terre à terre partagé un peu plus loin par un père de famille venu observer les dégâts. Il se souvient y être allé deux jours plus tôt avec ses enfants, pour leur offrir “un petit plaisir en famille”, et regrette qu’il faille désormais “aller ailleurs”.

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À quelques mètres de là, deux médiateurs d’un bailleur social font le tour du quartier pour aller à la rencontre des habitants, prendre de leurs nouvelles et dresser un premier bilan matériel, notamment sur les poubelles incendiées. Mais au-delà des dégradations urbaines, la grande inquiétude concerne les employés du restaurant, dont certains résident dans le secteur.

Parer au plus pressé pour l'emploi

Face à l'ampleur des dégâts enregistrée, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé l'activation rapide du dispositif de chômage partiel avec prise en charge intégrale pour soutenir les commerces touchés par les violences. Cependant, au sein du groupe franchisé, les aides publiques ne seront sollicitées qu’en dernier recours. Le dirigeant Olivier Aggeri privilégie une gestion interne au plus près de ses équipes, soulignant que "là, pour l'instant, notre priorité, c'est de faire au mieux pour nos salariés".

Le chef d'entreprise détaille sa stratégie prioritaire pour préserver l'activité de ses équipes avant toute démarche administrative : "On va essayer de les replacer ailleurs, dans d'autres restaurants. Ça nous était déjà arrivé il y a quelques années maintenant au Port, donc bon, on commence presque à être habitués, on connaît la musique. L'objectif, c'est que cela n'ait aucun impact sur nos collaborateurs." Ce n'est qu'en cas d'impossibilité de réaffecter l'ensemble du personnel sur d'autres sites du réseau que les mesures d'aide au chômage partiel seront envisagées.

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S'agissant de l'édifice, le constat du patron reste sans appel. Il déplore qu'il n'y ait "rien de récupérable" et que "tout a brûlé". Au-delà des pertes matérielles, M. Aggeri partage sa tristesse face à la détérioration d'un outil de travail vecteur de souvenirs : "Je n'ai pas de colère, je suis surtout triste, car il y a beaucoup de travail derrière ce restaurant, il y a beaucoup de souvenirs. Ce matin, j'étais avec des collaborateurs qui étaient choqués, qui disaient qu'on vient ici depuis 10 ans, qu'est-ce qu'on va faire."

Face à l'ampleur des pertes, le chef d'entreprise refuse pour autant de plier. Assurant qu’il n’est “pas d’un tempérament à [se] laisser abattre”, il annonce d'emblée sa résolution : "On va reconstruire cet établissement et on va tenter de le faire le plus vite possible." Il temporise néanmoins quant au calendrier, concédant qu'il s'agit d'un "préjudice qui se chiffre assez cher et qui va demander beaucoup de temps". Rappelant qu'on "ne construit pas une maison en un jour", il prévient que "pour une installation pareille, évidemment que le restaurant ne risque pas de rouvrir demain matin".

"La faute de ceux d'en haut"

En conclusion, le franchisé en appelle à la responsabilité collective et à l'action publique, déclarant espérer "surtout qu'on va retrouver ces fauteurs de trouble, les responsables, et que la justice va sévèrement les punir".

Dans le quartier, si l'ambiance reste calme, l'incompréhension demeure vive. Un habitant plus âgé, qui se présente sous le nom de Tamarin, pose un regard désabusé sur cette flambée de violence. Selon lui, "tout ce qui se passe, c'est avant tout la faute de ceux d'en haut", pointant du doigt l'effet des réseaux sociaux et des substances qui auraient mis "les jeunes de travers".

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