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Le billet d'humeur de Mohamed Aït-Araab : "C'est une révolte ? - Non, Sire, c’est…"

Ecrit par Zinfos974 – le lundi 19 octobre 2026 à 13H13

Dans le livre 1 des Misérables, Victor Hugo met en scène un dialogue entre Monseigneur Myriel, évêque de Digne, et un vieil homme de 86 ans désigné uniquement dans le roman comme étant « le conventionnel G. ». Cela, en raison de sa participation active à la révolution de 1789.

G ouvre le débat :

« - La révolution française, c'est le sacre de l'humanité.

L'évêque ne put s'empêcher de murmurer :

- Oui ? 93 !

Le conventionnel se dressa sur sa chaise avec une solennité presque lugubre, et, autant qu'un mourant peut s'écrier, il s'écria :

- Ah ! vous y voilà ! 93 ! J'attendais ce mot-là. Un nuage s'est formé pendant quinze cents ans. Au bout de quinze siècles, il a crevé. Vous faites le procès au coup de tonnerre. »

150 ans plus tard, les mots de Victor Hugo prennent tout leur sens au moment où des centaines de milliers de lycéens manifestent pour obtenir ce que la 7e puissance mondiale devrait normalement offrir à ses enfants : des conditions d’étude dignes du XXIe siècle.

Or, la première réponse du pouvoir a consisté à traiter les revendications lycéennes comme des « violences urbaines », dixit Laurent Nunez, le ministre de l’intérieur.

Puis, Sébastien Lecornu nous a distillé un autre narratif que les médias dominants se sont empressés de relayer : la contestation lycéenne est pilotée en sous-main par les élus de La France Insoumise qui souhaitent semer le chaos dans le pays.

Mais, à aucun moment, le gouvernement n’a eu la réaction que le bon sens politique aurait dû lui dicter en cette séquence pré-électorale déjà particulièrement tendue : écoutons ce que les jeunes ont à nous dire.

Et si leurs revendications étaient justifiées ?

À l’unisson du premier ministre, les médias ont, de même, été sourds aux appels de détresse venus de la rue. L’association Acrimed, véritable observatoire des médias, a analysé le traitement par la presse française des manifestations étudiantes. 75% du temps d’antenne a été consacré aux dégradations et aux violences lycéennes qui, il faut le dire et le redire, étaient majoritairement le fait d’individus sans aucun lien avec les établissements concernés. Et 8% du temps a permis d’expliquer les demandes des lycéens.

Autre chiffre éloquent : 24 lycées ont été saccagés. Et nous devons collectivement dénoncer ces exactions.

Mais combien de lycées la France hexagonale compte-t-elle ?

3700, chiffre officiel du Ministère de l’Éducation Nationale. Soit 0,65% qui ont subi des dégradations.

La conclusion est simple. Face à une colère légitime, la réponse de nos gouvernants a été répressive et politicienne. Jamais le gouvernement n’a pris ou voulu prendre la mesure du désarroi d’une génération dont la souffrance est statistiquement établie par Santé publique France. Environ 24 à 29 % des lycéens ou des 18-24 ans déclarent avoir eu des pensées suicidaires au cours de l’année. Et cette proportion s’élève à 31% chez les filles.

La France ne serait-elle pas malade de ses politiques ?

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