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Risques naturels : des relais dans les quartiers pour préparer les habitants

Ecrit par P.M. – le dimanche 18 octobre 2026 à 15H25
Les participants à l’atelier de prévention des risques au Bas de la Rivière, ce mardi 13 octobre, en présence de représentants de la SHLMR et du directeur de cabinet du préfet. Objectif : faire des acteurs de proximité des relais auprès des habitants pour mieux se préparer aux risques naturels.

Pour transmettre ces messages au plus près des habitants et en particulier les publics les plus vulnérables, l’AFPCNT et la SHLMR avec le soutien de l'Etat ont organisé une série d’ateliers dans toute l'île à l'image d'un atelier animé ce mardi 13 octobre au Bas de la Rivière, à l’occasion de la Journée nationale de la résilience.

Une lampe, une radio à piles, des médicaments, des aliments qui se conservent et des documents importants protégés de l’eau. Préparer son kit d’urgence, dégager les évacuations d’eau, ranger ou arrimer les objets que le vent pourrait emporter, ne jamais traverser une zone inondée, notamment un radier, connaître les différentes phases d'alerte, le rôle de chaque autorité pendant la crise...

Des conseils connus, parfois déjà appliqués, mais dont le souvenir s’estompe à mesure que les événements s’éloignent et que le beau temps revient. Comment entretenir cette vigilance et toucher les habitants qui ne reçoivent pas, ou ne comprennent pas toujours, les messages de prévention ? C’est l’objectif du partenariat noué en avril 2026 entre l’Association française pour la prévention des catastrophes naturelles et technologiques (AFPCNT) et la SHLMR.

Le programme prévoit six ateliers cette année sur l’ensemble du territoire réunionnais. Il s’appuie sur les associations et les agents de proximité, déjà en contact avec les habitants, pour faire circuler les informations sur les risques naturels et technologiques et les moyens de s’y préparer.

S’appuyer sur les liens de confiance

“Ce ne sont pas des référents, ce sont des acteurs associatifs”, précise Emmanuelle Sanson, représentante de l’AFPCNT à La Réunion. La démarche relève de la sensibilisation : elle doit donner à ces acteurs les connaissances nécessaires pour relayer les messages auprès des publics qu’ils accompagnent.

La SHLMR apporte sa connaissance des quartiers et de leur réseau associatif, tandis que l’AFPCNT mobilise son expertise en prévention. L’enjeu est aussi de s’appuyer sur une relation de confiance. Un message expliqué par une personne connue, avec laquelle les habitants échangent régulièrement, peut trouver un écho différent d’une communication générale.

Pour Tom Follet, directeur de cabinet du préfet, les associations et les agents de proximité sont essentiels pour porter les messages jusqu’aux habitants. Il souligne l’importance de “maintenir ce contact humain au-delà des réseaux sociaux”. Car les consignes doivent aussi être comprises dans un moment où les émotions prennent le dessus : “Une situation de crise, c’est de la peur, c’est du stress, de l’angoisse.” Ces ateliers permettent d’expliquer à l’avance comment les institutions se préparent et ce que chacun peut faire pour se protéger.

Des situations concrètes pour comprendre les risques

Les ateliers commencent par un rappel des dangers présents à La Réunion et dans le quartier concerné. Puis les participants passent à des mises en situation : un cyclone approche, chacun incarne une institution, une association ou un habitant et doit réfléchir aux décisions à prendre.

Au Bas de la Rivière, une douzaine de participants ont notamment joué les rôles d’une mère de quatre enfants, d’une personne de 97 ans ou encore de représentants de la préfecture, de la mairie et du CCAS. L’exercice a permis de mieux comprendre le travail des institutions et les besoins des personnes vulnérables.

Pour Zaïna Ahmada Foundi, présidente de la JBLR, l’association des jeunes du Bas de la Rivière, l’atelier a aussi permis de prendre conscience des dangers parfois oubliés : “Moi je suis née au Bas de la Rivière, donc souvent nous on fait attention à la rivière. On ne voit pas tout ce qu’il y a autour.” Au-delà des crues et des inondations, les échanges ont ainsi porté sur les éboulis, la proximité de la mer et les activités industrielles.

Elle souhaite désormais “créer un petit groupe de membres actifs au sein du quartier qui pourra transmettre cette information-là”. L’objectif est d’entretenir les bons réflexes avant l’arrivée du danger : “Le fait d’agir et de se former et d’avoir un petit rappel bien souvent nous permet justement de mieux vivre les différentes situations.”

Pour que les gestes utiles deviennent des habitudes, cette mémoire du risque doit s’entretenir toute l’année avec plusieurs initiatives, à l'image de celle réalisée par le SDIS en collaboration avec les architectes de La Réunion sous forme de petits films à destination des plus jeunes et baptisés "les zaventures Ti JAK", à retrouver sur You Tube.

Préparer, transmettre et faire remonter les besoins

Les expériences de Belal et de Garance ont rappelé à la SHLMR l’importance de maintenir les bons réflexes, y compris au sein de ses équipes. Elles ont aussi montré le rôle de l’entraide entre voisins pour accompagner les personnes les plus fragiles.

Ces relais de proximité doivent faire circuler les informations dans les deux sens : expliquer les messages des institutions aux habitants et faire remonter les difficultés rencontrées dans les quartiers. La gestion de crise reste du ressort des autorités. Les associations contribuent, elles, à la préparation et au maintien du lien.

“Il y en a toujours besoin”, insiste Emmanuelle Sanson à propos des rappels de prévention.

Etiquettes : Cyclones | PU1 | Risques naturels

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