Elle a écrit un roman sur les ravages du dou à Saint-Louis : "J’ai vu mon quartier du Gol s’éteindre"

Dans son premier roman « Ce que je pouvais devenir sans le dou », Noëlla Vinguedassalom évoque le destin brisé d’un jeune homme pris au piège de l’addiction à cette drogue de synthèse qui fait des ravages, notamment dans le sud de l’île. L’auteure explique s’être inspirée de témoignages recueillis parmi les jeunes de son quartier du Gol à Saint-Louis.
Elle dit n’avoir jamais essayé de consommer du dou et confie que son « seul lien » avec cette drogue de synthèse vendue sous forme de poudre, c’est son « quartier natal, le Gol ». À 24 ans et déjà une carrière de juriste entamée, Noëlla Vinguedassalom considère que le dou n’est certainement pas ce genre de drogues parfois présentées comme festives et que l’on teste lors d’une soirée.
Car l’une des particularités du dou, décrite par les consommateurs dont Noëlla Vinguedassalom a recueilli les témoignages au Gol, mais aussi à Terre-Sainte, pendant près d’un an, serait sa capacité à provoquer une addiction immédiate. Ce sont ces rencontres avec des hommes principalement, mais aussi quelques femmes, qui ont nourri son premier roman, publié à compte d’auteur et intitulé Ce que je pouvais devenir sans le dou.
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Après une terminale littéraire et des études de droit, rien ne semblait la destiner à se plonger dans l’univers glauque du dou, qui alimente chaque semaine la rubrique des faits-divers avec son lot de violences, de vols ou de prostitution. « J’ai grandi au Gol et tous mes grands-parents y sont. C’est là-bas que j’ai vu les ravages du dou. Quand je rentrais en week-end chez ma mamie Rita, je voyais mes amis d’enfance, ces jeunes, se perdre dans cette drogue de synthèse. Des jeunes qui endettaient leur famille, qui vendaient tout ce qui leur passait sous la main et qui perdaient toute sociabilité », relate Noëlla Vinguedassalom.
Des familles mobilisées mais impuissantes
L’auteure évoque aussi des couples broyés mais qui tentent de résister, des familles mobilisées mais impuissantes à briser le cycle infernal. Des hommes qui contraignent leurs conjointes à vendre leur corps pour se fournir en drogue, le gramme de dou étant vendu entre 70 et 150 euros dans le quartier du Gol. Une galerie de portraits de la misère humaine dont elle s’est inspirée pour « créer et façonner » son personnage principal, Djayan, un jeune homme convaincu qu’il maîtrise sa consommation du dou, jusqu’à s‘apercevoir qu’il ne pourra plus revenir en arrière.
« Je voulais creuser ce qui se passe dans la tête du consommateur, je ne voulais pas banaliser cette drogue de synthèse car je pense que cela peut nous arriver à tous. Aucune personne ne m’a dit : j’ai la volonté d’arrêter. Cela m’a profondément attristée », confie Noëlla Vinguedassalom.
Pour marquer la sortie de son livre, et rendre hommage à sa grand-mère Rita décédée peu de temps après l’impression de la maquette de l’ouvrage, l’auteure organisera le 22 octobre, rue du père Christian Fontaine au Gol, une présentation de Ce que je pouvais devenir sans le dou en présence de sa famille et de ses proches, d’habitants du quartier mais aussi de représentants des autorités de l’État ou de collectivités.


