Bus Citalis caillassés à Saint-Denis : la Sodiparc prévient, chaque incident peut pénaliser un quartier

Après plusieurs actes de vandalisme début octobre, plusieurs déviations ont été levées sur le réseau Citalis ce vendredi 16 octobre. Des restrictions restent toutefois en vigueur sur les lignes 11 et 14 à partir de 16 heures. Le PDG de la Sodiparc, Gérard Françoise, revient sur les conséquences de ces caillassages et appelle les usagers à la vigilance.
Le réseau Citalis retrouve progressivement un fonctionnement normal à Saint-Denis. Après les caillassages qui avaient endommagé plusieurs bus début octobre, la Sodiparc a annoncé la levée de plusieurs déviations, notamment dans les secteurs de Château Morange, du boulevard de la Trinité et de Primat. Des restrictions restent néanmoins appliquées sur les lignes 11 et 14 à partir de 16 heures. Un retour à la normale est prévu à la rentrée scolaire du 26 octobre, notamment pour permettre d'assurer les sorties du collège Montgaillard.
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Selon Gérard Françoise, PDG de la Sodiparc, aucun nouveau caillassage n'a été signalé depuis la mise en place des mesures de sécurité. Mais la reprise du service reste conditionnée à la protection des conducteurs et des voyageurs. "Notre obsession, ce n'est pas de ne pas desservir tel ou tel secteur. Notre objectif, c'est de sécuriser à la fois nos voyageurs et les conducteurs", explique-t-il.
Le dirigeant insiste sur les risques liés à ces actes de vandalisme. Un projectile qui atteint un chauffeur peut provoquer une perte de contrôle du véhicule et mettre en danger l'ensemble des passagers. "On ne joue pas avec la sécurité des gens", prévient-il.
35.000 euros de dégâts pour les seules vitres brisées
Les conséquences sont également financières. Gérard Françoise estime à environ 35.000 euros le montant des dégâts liés aux vitres brisées, sans compter les réparations de carrosserie et les autres frais. Chaque bus endommagé doit être immobilisé au moins trois jours, le temps d'effectuer les réparations.
Ces dégradations ont aussi des répercussions sur les déplacements des habitants. Les restrictions de circulation peuvent compliquer les trajets quotidiens, notamment pour se rendre au travail, chez le médecin ou faire ses courses. "Je préfère qu'il y ait ces restrictions que de voir des usagers ou des chauffeurs blessés par des jets de pierre", affirme le PDG, qui conteste l'idée selon laquelle la Sodiparc chercherait à priver certains quartiers de transports. "On ne prive pas tel ou tel secteur de desserte de bus. On les sécurise", insiste-t-il.
Pour mesurer l'impact de ces incidents, Gérard Françoise rappelle l'importance du réseau dans le nord de l'île. Citalis transporte en effet près de 25 millions de voyageurs chaque année et représente 62 % du transport par bus à La Réunion. Le réseau compte 1.522 arrêts répartis entre Saint-Denis, Sainte-Marie et Sainte-Suzanne.

La Sodiparc appelle les parents à la vigilance
Pour prévenir la survenue de nouveaux incidents, la Sodiparc travaille avec les forces de l'ordre. Des conventions la lient notamment aux polices municipales des trois communes, à la police nationale à Saint-Denis et aux gendarmeries de Sainte-Marie et de Sainte-Suzanne. Gérard Françoise indique qu'une opération des forces de l'ordre est menée en moyenne tous les trois jours sur le réseau.
Le PDG affirme également que six jeunes cagoulés ont récemment été interpellés. La Sodiparc indique porter plainte après les incidents et travailler avec ses partenaires pour renforcer la sécurité.
Mais Gérard Françoise estime que la réponse ne peut pas reposer uniquement sur les interventions policières. Il appelle aussi les usagers, et particulièrement les parents, à se mobiliser pour éviter de nouveaux actes de vandalisme. "Nous avons besoin de vous aussi pour sécuriser nos lignes", insiste-t-il.
"Arrêtons de penser que le bus est là comme un défouloir"
Le dirigeant rejette par ailleurs "l'argument de l'ennui" parfois avancé par certains casseurs pour justifier ces dégradations. Il rappelle que des activités sont proposées aux jeunes à Saint-Denis et que plus de 25.300 jeunes de moins de 26 ans bénéficient de la gratuité du réseau, leur abonnement étant pris en charge par la ville. "Arrêtons de penser que le bus est là comme un défouloir. Non, le bus n'est pas un défouloir. Le bus est un moyen de communiquer et de s'émanciper", ajoute-t-il.
La Sodiparc prévient enfin que les restrictions pourront être rétablies en cas de nouveaux caillassages. "Chaque caillassage, c'est tout un secteur qui ne sera malheureusement pas desservi", avertit Gérard Françoise. Les usagers restent donc directement concernés par l'évolution de la situation, alors que la reprise complète du service est attendue à la rentrée scolaire du 26 octobre.


