"Vous n’êtes pas sur TikTok" : le conseil municipal vire au clash entre Jeannick Atchapa et Lise-May Turpin-Félicité

Le refus du maire, en début de séance, de laisser son opposante poser une question hors de l’ordre du jour, au nom du règlement intérieur voté lors du précédent conseil, a provoqué la colère de Lise-May Turpin-Félicité. Accusant le conseil de l’empêcher de s’exprimer, elle prendra ensuite la parole par voie de communiqué, dans lequel elle accuse cette fois directement un élu de la majorité de faits de travail dissimulé.
Rarement un conseil municipal sera monté aussi haut dans les tours, à Bras-Panon et même ailleurs dans l’île ! Et pourtant, c’est dans une tout autre ambiance que le conseil municipal s’est d'abord réuni hier en fin de journée, avec une mise à l’honneur du Karaté Shoto Club de Bras-Panon, dont nombre de licenciés ont remporté des titres ici comme au niveau national, dans toutes les catégories.
Les applaudissements et les photos terminés, place au conseil, dont le cadre va être rapidement posé par Jeannick Atchapa. Ce dernier prend la parole pour rappeler un point du règlement intérieur, voté par les élus lors du précédent conseil : toute question orale hors de l’ordre du jour doit être déposée au préalable, au moins 24 heures avant la séance, auprès du DGS de la commune.
L’opposante monte aussitôt au créneau pour justement prendre la parole, ce que refuse le maire au nom du règlement : "Vous refusez qu’on s’exprime", "Il n’y a pas de transparence, pas d’exemplarité", "C’est un simulacre de conseil", "Vous me coupez la parole"… clame celle dont la candidature avait été soutenue par le RN et qui était d’ailleurs présente au rassemblement du parti à la Plaine-des-Palmistes.
"Vous manipulez l’information", "On n’est pas sur TikTok, on est au conseil municipal, dont je gère la police. Vous pourrez poser toutes vos questions, mais en respectant les règles", rétorque le premier magistrat. Ce dernier accuse à son tour son opposante de "ne pas respecter les règles".
Une prise de parole de l’opposante qui était attendue dans la foulée d’un communiqué envoyé il y a trois semaines, dans lequel elle accusait à demi-mot un élu de la majorité d’avoir été épinglé lors des récents contrôles sur le travail dissimulé dans des exploitations agricoles de la ville.
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La prise de bec tourne rapidement au clash et va durer une bonne dizaine de minutes, l’un ne laissant pas parler l’autre. Chose rare, Jeannick Atchapa va jusqu’à suspendre le conseil pendant quelques minutes, ramenant le calme avant que le clash ne reprenne de plus belle. Un dialogue de sourds qui va se terminer par la sortie de l’opposante, dénonçant un "déni de démocratie".
Dans la salle, le ton descend alors de plusieurs crans et le conseil peut reprendre normalement, avec de nombreuses interventions dans le calme de l’autre élu de l’opposition présent, Frédéric Ludel. Patricia Profil était absente et avait donné procuration à l'élu.
À l’extérieur, Lise-May Turpin-Félicité reprend la parole sur les réseaux sociaux avant d’envoyer son intervention par mail à la presse.


Un élu et un membre du cabinet visés par l’opposante
Dans cette dernière, elle questionne directement le maire sur les contrôles effectués par le CODAF le 10 septembre : "Avez-vous connaissance d’un élément officiel indiquant que votre… serait concerné ? Si oui, quelles suites avez-vous données à cette information ? Et si vous souhaitez me répondre : ‘Cela ne concerne pas la mairie, c’est son activité personnelle’, permettez-moi d’anticiper. Une activité privée et une fonction municipale sont distinctes. Mais l’exemplarité ne se range pas dans un tiroir en quittant la mairie."
Nous avons fait le choix de ne pas citer le nom de l’élu en question, aucun élément officiel ne permettant, pour l’heure, de le lier aux contrôles.
L’opposante reproche également à un membre du cabinet du maire d’avoir laissé depuis plusieurs jours une "carcasse de voiture fortement dégradée, laissée plusieurs jours sur la voie publique, à proximité du lycée, sans sécurisation visible". Un sujet sur lequel nous reviendrons dans les prochains jours en donnant la parole à l'élue et au membre du cabinet en question.
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Après le départ de l’opposante, le conseil a repris son cours, avec notamment, à l’ordre du jour, la confirmation du vote de la ville contre l’ouverture d’une nouvelle carrière dans le secteur de la Pensée par Cementis. La commune a rappelé sa condition : voir le projet de route de carrière devenir une réalité.
Par ailleurs, 122 diplômés ont reçu une bourse sous forme de bons d’achat allant de 150 à 500 euros, dans le cadre de la bourse communale en faveur des étudiants pour un montant total de 34 600 euros.
Un retour au calme avant la tempête ? Si le conseil a pu reprendre son cours avec une polémique qui pourrait se poursuivre bien au-delà des murs du conseil municipal.



