Mouvement lycéen : des syndicats dénoncent la répression et appellent à la solidarité

La CGTR, la FSU, Solidaires Réunion, le Saiper et l’Union étudiante 974 dénoncent la réponse policière au mouvement lycéen. Dans un communiqué commun, ces organisations appellent les salariés à soutenir les mobilisations de la jeunesse et à défendre la liberté de manifester.
Les revendications des lycéens et des étudiants rejoignent celles du monde du travail. C’est le message porté par la CGTR, la FSU, Solidaires Réunion, le Saiper et l’Union étudiante 974, qui prennent position dans un communiqué intitulé « Non à la répression, oui à la liberté de manifester ».
Classes surchargées, locaux insalubres, manque d’enseignants, sélection avec Parcoursup : les organisations signataires énumèrent les difficultés dénoncées par les jeunes mobilisés. Elles rapprochent cette colère de celle des salariés confrontés à la précarité, aux difficultés de fin de mois et à la dégradation des services publics.
Un « usage disproportionné et arbitraire de la force »
Les syndicats dénoncent notamment le nombre d’interpellations depuis le début du mouvement. Ils avancent le chiffre de 98 gardes à vue à La Réunion en moins de deux semaines. Ils évoquent également l’ouverture, par le parquet de Saint-Pierre, d’une enquête après l’interpellation d’un adolescent, plaqué au sol et maintenu par plusieurs policiers devant le lycée Roland-Garros, au Tampon.
Pour les signataires, la réponse apportée aux mobilisations porte atteinte à la liberté d’expression et au droit de manifester. Ils dénoncent un « usage disproportionné et arbitraire de la force » et réclament que les lycéens, les étudiants et les travailleurs puissent se mobiliser sans craindre pour leur sécurité.
« Ces droits ne sont ni négociables ni réservés à une catégorie de la population », insistent les organisations. Selon elles, une remise en cause de ces libertés pour la jeunesse concerne aussi « l’ensemble du monde du travail et de la démocratie sociale ».
Au-delà de la dénonciation de la répression, les signataires portent plusieurs revendications sociales : une augmentation générale des salaires et leur indexation sur les prix, la taxation des superprofits, un meilleur partage des richesses et un budget répondant aux besoins de la population.
Pour la jeunesse réunionnaise, ils demandent davantage de moyens pour les bourses, le logement étudiant, les Crous et l’Université, ainsi qu’un accès élargi à l’enseignement supérieur.
« La réponse de l’État aux justes revendications du mouvement social ne peut être la répression », affirment les organisations, qui appellent les travailleurs à poursuivre leur mobilisation et à soutenir les actions des lycéens et des étudiants de La Réunion.


