Le Prix Alain Lorraine fait rimer amour et maloya pour sa deuxième édition

La Région Réunion relance son concours littéraire à destination des lycéens pour l’année 2026-2027. Placée sous le signe de l’amour et de l’héritage culturel, cette deuxième édition rend hommage à Danyèl Waro et entend faire dialoguer les mots de la jeunesse avec les sonorités du maloya.
Après une première édition qui a rassemblé 142 productions lycéennes, le Prix Alain Lorraine reprend la plume. Lancé en 2025 par la Région Réunion, ce concours littéraire invite les jeunes à faire entendre leur voix et à exprimer leur regard sur le monde. Pour cette nouvelle édition, prévue sur l’année scolaire 2026-2027, l’ambition prend une dimension nouvelle : associer la création littéraire à la musique traditionnelle réunionnaise.
Baptisé en hommage à Alain Lorraine (1946-1999), journaliste, essayiste et poète engagé, le concours perpétue l’héritage d’un écrivain majeur du XXe siècle réunionnais. À travers des œuvres comme Tienbo le rein, Beaux visages cafrines sous la lampe ou Dehors est un grand pays, l’auteur a défendu la culture créole, l’identité réunionnaise et la justice sociale. Autant de valeurs que la Région souhaite transmettre aux nouvelles générations.
"Bien plus qu’une distinction littéraire, nous avons imaginé ce Prix Alain Lorraine comme un trait d’union entre la mémoire et l’avenir", souligne la présidente de Région, Huguette Bello. En partenariat avec le Rectorat et le Conseil de la culture, de l’éducation et de l’environnement, la collectivité entend encourager la créativité des lycéens tout en valorisant le patrimoine culturel de l’île.
L’amour comme fil conducteur
Pour cette deuxième édition, les candidats sont invités à explorer un thème universel : l’amour. Familial, amical, filial, amoureux ou encore tourné vers son île, sa langue, ses racines et la nature, il offre un vaste terrain d’expression. Les jeunes pourront aussi aborder la transmission entre les générations, la liberté, le métissage et le respect des différences.
Ce choix fait directement écho à l’univers de Danyèl Waro, figure incontournable du maloya, dont les textes et les chants célèbrent la langue créole, la mémoire et la liberté. L’artiste, engagé depuis plus de cinquante ans pour la culture réunionnaise, est au cœur de cette édition. Son parcours rappelle que la poésie ne se limite pas à l’écriture : elle constitue aussi un moyen de résistance, de partage et d’affirmation de soi.
La Région souhaite ainsi franchir une étape supplémentaire en faisant des textes primés une véritable expérience artistique. Les poèmes des lauréats seront mis en musique et interprétés sur des airs de maloya, avec l’accompagnement d’une formation instrumentale professionnelle. Une manière de faire résonner les mots des lycéens dans un patrimoine musical vivant, tout en créant un dialogue entre les générations.
Le créole et le français à l’honneur
Ouvert aux élèves de seconde, première et terminale, toutes filières confondues, dans les établissements publics et privés de La Réunion, le concours est accessible individuellement. Les participants devront proposer entre trois et cinq textes, exclusivement des poèmes ou des fonnkèr, en français et/ou en créole réunionnais.
À travers cette liberté linguistique, l’enjeu est aussi de reconnaître la richesse des expressions réunionnaises et de donner toute sa place au créole comme langue de création littéraire. Poète, chanteur, auteur-compositeur et fabricant de ses propres instruments, Danyèl Waro incarne cette transmission culturelle. Son engagement a notamment contribué au rayonnement du maloya, inscrit en 2009 au patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’Unesco.
Le calendrier prévoit une phase d’écriture d’octobre 2026 à février 2027, avec une date limite de dépôt des candidatures fixée au 5 mars 2027. Le jury délibérera le 7 avril, avant les répétitions musicales prévues en avril et mai. La remise des prix est annoncée pour juin 2027.
Au-delà des récompenses, le Prix Alain Lorraine entend offrir aux lycéens un espace de liberté pour raconter leurs histoires, partager leurs émotions et imaginer l’avenir. Avec l’amour pour thème et le maloya pour horizon, cette nouvelle édition fait le pari que les mots de la jeunesse peuvent, eux aussi, prolonger la mémoire de La Réunion et faire vivre son identité.


