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La Cinor soumet son Scot révisé à enquête publique : quel visage pour le nord à l'horizon 2040 ?

Ecrit par S.I. – le lundi 19 octobre 2026 à 07H56
Photo d'illustration (Photo : Alexandre Robert)

Logement, développement économique, sobriété foncière et protection de l’environnement : le projet de Schéma de cohérence territoriale de la Cinor entre dans une phase décisive. L’enquête publique s’ouvre ce lundi 19 octobre et se poursuivra jusqu’au 20 novembre.

Comment organiser le développement du Nord de La Réunion à l’horizon 2040, tout en limitant l’artificialisation des sols et en préservant les espaces naturels ? C’est l’un des enjeux du Schéma de cohérence territoriale (Scot) révisé de la Cinor, qui entre dans sa phase d’enquête publique du 19 octobre au 20 novembre 2026.

Élaboré pendant plus de trois ans, le projet a été arrêté par le conseil communautaire en décembre 2024, avant d’être soumis à l’avis des personnes publiques associées en 2025. Il fixe une stratégie commune pour Saint-Denis, Sainte-Marie et Sainte-Suzanne en matière de logement, d’économie, de mobilités, d’équipements et d’environnement. L’objectif : dépasser les logiques communales pour penser l’aménagement à l’échelle du bassin de vie.

Un objectif de 1.440 logements par an

Le document prévoit la production de 1.440 logements par an, dont 700 à Saint-Denis, 490 à Sainte-Marie et 250 à Sainte-Suzanne. Parmi eux, 40 % devront être des logements aidés, soit environ 575 par an. Pour accueillir cette croissance, le projet privilégie le renouvellement urbain et les secteurs déjà équipés, avec une densification plus importante au cœur de l’agglomération que dans les centralités villageoises.

Autre axe majeur : la sobriété foncière. Pour les logements et les équipements, 133,9 hectares de consommation foncière sont prévus entre 2021 et 2031, puis 64,4 hectares d’artificialisation entre 2031 et 2041. En intégrant les besoins économiques, l’enveloppe totale atteint 311,1 hectares sur vingt ans. Aucune consommation foncière nouvelle n’est prévue pour le commerce. Cette trajectoire doit accompagner la réduction progressive de l’artificialisation des sols.

La Plaine de Gillot en perspective

Sur le plan économique, le Scot prévoit notamment le développement d’un pôle d’activités à vocation régionale au sein de la Plaine de Gillot, avec une première phase de 20 hectares, puis une seconde de 40 hectares. Le commerce fait également l’objet d’un encadrement, avec des secteurs d’implantation privilégiés et des plafonds de surfaces selon les types d’achats.

La préservation des milieux naturels constitue un autre volet du projet. Le document prévoit une trame verte (comme la forêt semi-sèche de la Grande Chaloupe ou les forêts de bois de couleur, les ravines boisées, les savanes ou encore les espaces naturels terrestres) ; bleue (les cours d'eau, les nombreuses ravines du Nord, les zones humides littorales et les étangs) ; noire et marine (les zones de reproduction, d'alimentation et les couloirs de migration des espèces marines ainsi que les voies de passage des cétacés qui longent les côtes du Nord). La trame noire, consacrée notamment à la biodiversité nocturne et aux déplacements des oiseaux comme les pétrels de barau ou les pétrels noirs, représente une approche nouvelle à l’échelle du territoire Nord.

Un calendrier contraint

Le projet doit toutefois répondre à plusieurs exigences, notamment celles de la loi Climat et Résilience, qui impose l’intégration des objectifs de sobriété foncière d’ici au 22 février 2027. Un retard pourrait compromettre certaines ouvertures à l’urbanisation dans les documents locaux.

L’Autorité environnementale a émis un avis favorable, assorti de recommandations portant notamment sur la vulnérabilité du territoire au changement climatique, la gestion de la ressource en eau et la répartition des enveloppes foncières entre les communes. La Région a également rendu un avis favorable sous réserve, dans un contexte de révision du Schéma d’aménagement régional (SAR).

Lire aussi : La Région émet des réserves sur le schéma de cohérence territoriale de la CINOR

Après la clôture de l’enquête, le 20 novembre, le rapport du commissaire enquêteur est attendu à la mi-décembre. Les éventuelles modifications doivent ensuite être intégrées en janvier, avant une approbation envisagée en février 2027.

Au-delà du document d’urbanisme, cette révision engage donc des choix structurants pour les vingt prochaines années : où construire, comment accueillir de nouveaux habitants et quelle place accorder aux espaces naturels dans un territoire soumis à de fortes contraintes foncières et climatiques.

Etiquettes : CINOR | PU1 | urbanisme

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