Budget agricole 2027 : l’État tiendra ses engagements pour les Outre-mer, assure le gouvernement

Dans un courrier commun dévoilé par Olivier Fontaine, les ministres de l’Agriculture et des Outre-mer assurent que les engagements liés à la convention canne seront respectés ainsi que ceux envers les autres filières alors qu'une baisse de 24 millions d'euros dans le budget a été dénoncée par le monde agricole et industriel. Le président de la chambre d’agriculture se félicite de ces premières "assurances", mais appelle à rester vigilant.
fAprès les alertes et la menace d’une mobilisation commune des agriculteurs et des industriels, le gouvernement a répondu. Dans un courrier daté du 16 octobre, Annie Genevard, ministre de l’Agriculture, et Naïma Moutchou, ministre des Outre-mer, entendent rassurer les organisations professionnelles agricoles ultramarines sur les orientations budgétaires pour 2027.
Une réponse qui intervient après la dénonciation, par les filières, de près de 24 millions d’euros de crédits manquants pour l’agriculture des Outre-mer dans le projet de budget 2027. À La Réunion, les professionnels ont fait front commun, demandant une correction du projet de budget et le respect des engagements de l’État.
"Nous mesurons les inquiétudes qui ont pu conduire à une telle démarche", écrivent les deux ministres, en réponse.
Canne : les "engagements" seront respectés
Sur la canne, le gouvernement prend un engagement : "L’État respectera les engagements pris dans les conventions-canne."
Les ministres reconnaissent une baisse de 5,7 millions d’euros inscrite au projet de loi de finances pour 2027 par rapport au montant de la loi de finances initiale pour 2026. Elles présentent toutefois cette inscription comme une estimation des besoins budgétaires, susceptible d’évoluer au cours de la campagne.
"Soyez assurés que l’État tiendra les engagements pris dans le cadre des conventions-canne, tant vis-à-vis des planteurs que vis-à-vis des sucriers, parties à ces conventions, dans les montants négociés", affirment les deux ministres.
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Diversification : pas de stabilisateur budgétaire
Concernant le POSEI pour 2027, les ministres assurent "qu’il n’y aura pas d’application de stabilisateur budgétaire pour financer les mesures supplémentaires remontées des territoires".
Les deux ministres rappellent qu’une réaffectation de 1,6 million d’euros provenant de l’enveloppe banane a été décidée pour financer des mesures en faveur de la diversification agricole. S’y ajoutent 100 000 euros destinés à la mise en œuvre informatique de la réforme de l’aide à la banane.
Il s’agit donc d’une redistribution de crédits, et non d’une enveloppe nouvelle venant intégralement s’ajouter aux soutiens existants selon le gouvernement qui réaffirme parallèlement son intention d’accompagner les 33 projets ultramarins identifiés lors de la phase territoriale des conférences de souveraineté alimentaire.
RSA : le complément national reste à discuter
Sur le régime spécifique d’approvisionnement, qui contribue notamment à compenser les surcoûts de l’alimentation animale, les ministres confirment le maintien de l’enveloppe de base du POSEI à 26,9 millions d’euros.
"Il n’y a donc pas d’une réduction de crédits sur cette ligne mais un maintien à son niveau de base", écrivent-elles.
Cette précision ne règle toutefois pas la question du complément national réclamé par les filières. Les ministres renvoient son éventuel financement au débat parlementaire. Elles rappellent qu’un abondement exceptionnel de 5 millions d’euros avait été voté en 2025, sans être repris dans les lois de finances ultérieures.
"Le gouvernement sera attentif aux amendements déposés en ce sens", indiquent-elles. À ce stade, le courrier ouvre donc la porte à un abondement, sans en garantir le montant ni l’adoption.

Olivier Fontaine maintient ses réserves sur les aides d’urgence
Les ministres affirment également que les territoires ultramarins sont concernés par le plan d’urgence face à la sécheresse. Elles citent les dégrèvements de taxe foncière sur les propriétés non bâties, les guichets pour le gazole non routier et les engrais, ainsi que les prêts à taux réduit.
Elles précisent néanmoins que La Réunion, la Guyane et Mayotte ne bénéficient pas, pour l’instant, du fonds d’urgence de 10 millions d’euros mis en place pour les Antilles. Elles invoquent un calendrier des pluies différent, qui ne permettrait pas encore d’objectiver les pertes de récolte, et promettent de suivre l’évolution de la situation.
Sur ce point, Olivier Fontaine reste critique. Dans un post sur les réseaux sociaux, le courrier, le président de la chambre d’agriculture estime que les dispositifs d’allègement de charges ne sont toujours pas suffisamment adaptés à La Réunion.
Des assurances à concrétiser dans le budget
Au niveau européen, les ministres promettent de défendre le maintien d’un règlement POSEI et des moyens au moins équivalents à ceux du cadre actuel, en tenant compte des taux de cofinancement. Elles annoncent aussi la préparation du futur POSEI au sein de groupes de travail de l’ODEADOM.
Pour Olivier Fontaine, la mobilisation collective a permis d’obtenir de premières réponses. Mais il ne considère pas le dossier comme clos.
"Ces engagements apportent de premières assurances, mais nous devons rester extrêmement vigilants tout au long des débats parlementaires et jusqu’à l’adoption définitive de la loi de finances", insiste-t-il.


