SFR Réunion n'est pas à vendre : le nouveau patron met les choses au clair

Alors que le projet de rachat de SFR par Orange, Bouygues Telecom et Free suit son cours dans l'Hexagone, la Société réunionnaise du radiotéléphone (SRR) veut dissiper les inquiétudes sur son avenir. Lors d'une conférence de presse organisée ce mardi matin, son nouveau directeur général exécutif Outre-mer, Mesrop Yeremian, a confirmé que La Réunion et Mayotte étaient exclues du périmètre de cession.
Face à la presse ce mardi matin, Mesrop Yeremian a voulu mettre un terme aux interrogations sur l'avenir de SFR Réunion. Le nouveau directeur général exécutif Outre-mer de SFR, accompagné d'Yves Gauvin, directeur général adjoint, a tenu à délivrer un message de continuité à ses clients, partenaires et salariés : le projet de vente de SFR dans l'Hexagone ne concerne pas les activités réunionnaises et mahoraises.
Une clarification destinée aux 300 salariés de l'entreprise, dont 250 à La Réunion et 50 à Mayotte, mais aussi aux fournisseurs et aux abonnés de l'opérateur. Cette exclusion avait déjà été précisée plusieurs mois auparavant par Bouygues Telecom, dans ses communications sur le projet de rachat.
"La maison mère reste Altice"
Mesrop Yeremian a tenu à distinguer les deux situations. "Dans ce processus, les DOM n'ont jamais été inclus", a-t-il insisté, rappelant que l'opération concerne les activités métropolitaines de SFR et non l'ensemble des sociétés détenues par Altice France.
La Société réunionnaise du radiotéléphone (SRR), qui exploite la marque SFR à La Réunion, conservera donc son actionnariat actuel. Il en va de même pour sa filiale mahoraise, SMR.
"La maison mère reste Altice", a confirmé le nouveau dirigeant, assurant qu'aucune modification capitalistique n'était prévue pour ces deux sociétés.
Concernant une éventuelle reprise de SFR Réunion par un opérateur local, Mesrop Yeremian a évoqué des "rumeurs", indiquant qu'aucune offre de rachat n'avait été confirmée. Ce qui n'exclut pas que des discussions aient pu avoir lieu.
Interrogé sur la possibilité d'une vente à plus long terme, Mesrop Yeremian n'a pas souhaité spéculer sur l'avenir. "Je ne vis pas dans le passé, je n'ai pas de nostalgie et je ne crains pas l'avenir", a-t-il déclaré, rappelant avoir accepté un mandat à "durée indéterminée".
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Le nouveau dirigeant affirme travailler sur des projets de développement clairement définis, avec des plannings en cours d'élaboration sur cinq ans. "Au-delà de cinq ans, on peut faire des devinettes", a-t-il ajouté en souriant.
Le nouveau directeur a également appelé à la prudence concernant la vente au niveau national. Le projet, qui porte sur la majeure partie des activités de SFR dans l'Hexagone, fait l'objet d'un protocole d'accord entre Altice France et un consortium réunissant Bouygues Telecom, Free et Orange, pour un montant de 20,35 milliards d'euros. Une opération qui reste soumise à l'approbation des autorités compétentes, dont l'Autorité de la concurrence. Pour Mesrop Yeremian, elle pourrait ne pas être finalisée avant fin 2027, si elle aboutit.
"Aujourd'hui, aucun organe d'État n'a donné son feu vert à cette opération", a-t-il rappelé, soulignant qu'il était encore trop tôt pour considérer la vente comme acquise.*

Une nouvelle gouvernance, mais pas de bouleversement
La nomination de Mesrop Yeremian constitue le principal changement annoncé dans la gouvernance des activités ultramarines. Son périmètre de responsabilité comprend La Réunion, Mayotte, les Antilles et la Guyane.
Pour le reste, la direction promet la continuité. La marque SFR sera conservée, tout comme les offres et les services proposés aux clients. "Nous conservons la marque SFR, nous exploitons la marque SFR", a affirmé Mesrop Yeremian, avant d'assurer qu'il n'y aurait "aucun changement vis-à-vis des clients".
Même assurance concernant les salariés. Interrogé sur d'éventuelles réductions d'effectifs, le nouveau dirigeant écarte cette perspective. "Ce n'est pas en réduisant qu'on va faire mieux", estime-t-il, considérant au contraire que la nouvelle organisation nécessitera davantage de responsabilités, d'engagement et de compétences.
Le réseau commercial, composé de 12 boutiques à La Réunion et de huit à Mayotte, doit également être maintenu, même si des améliorations de son maillage restent possibles.
"Quoi qu'il arrive, La Réunion gagnera"
Si SFR Réunion reste dans le groupe Altice, la nouvelle direction voit dans cette évolution un gain en matière d'autonomie opérationnelle. Une évolution destinée à accompagner l'éventuelle séparation des activités métropolitaines, mais qui sera engagée indépendamment de l'issue de cette opération.
"Aujourd'hui, SFR Réunion et Mayotte sont quasiment indépendants de décision. Les nouvelles décisions se prennent ici", a expliqué Mesrop Yeremian.
Les choix concernant les offres commerciales, les investissements technologiques ou encore l'organisation des activités seront ainsi davantage pris localement, sans multiplier les validations auprès des structures métropolitaines.
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Pour le dirigeant, cette organisation plus autonome devrait permettre de gagner en réactivité et de proposer des services mieux adaptés aux attentes des consommateurs réunionnais. "Je pense même qu'on deviendra un peu plus agile", a-t-il estimé, évoquant des circuits de décision raccourcis et une plus grande rapidité dans le lancement de nouvelles offres.
Une autonomie qui ne signifie cependant pas une sortie du groupe Altice. Au contraire, l'entreprise souhaite conserver les avantages de son appartenance à un ensemble plus large tout en renforçant sa capacité d'action locale.
"Quoi qu'il arrive, La Réunion gagnera", assure Mesrop Yeremian.

Leader sur le mobile, SFR veut continuer à progresser
Présent depuis plus de trente ans à La Réunion, SFR revendique la première place sur le marché local de la téléphonie mobile.
Une position que l'opérateur affirme avoir consolidée depuis deux ans, malgré les incertitudes entourant l'avenir du groupe. Selon Mesrop Yeremian, après une période de stabilisation, ses parts de marché seraient reparties à la hausse.
Sur l'Internet fixe, SFR se situe, selon ses dirigeants, entre la deuxième et la troisième place, dans un marché particulièrement concurrentiel.
Pas question pour autant de se satisfaire de ces positions. Mesrop Yeremian préfère parler de développement plutôt que de maintien des acquis. "On avance. Tout ce qu'on peut apporter d'innovation, il faut suivre à l'échelle mondiale, aussi bien technique, technologique que service", a-t-il insisté.
L'objectif affiché est de poursuivre la modernisation des réseaux, d'améliorer les services et de renforcer l'attractivité des offres, aussi bien dans la téléphonie mobile que dans l'Internet fixe.
Quel avenir pour RED by SFR ?
La nouvelle direction s'interroge aussi sur l'avenir de RED by SFR, la marque proposant des offres à prix compétitifs.
Le nouveau directeur questionne son modèle de distribution, essentiellement numérique, qui ne répond pas nécessairement aux habitudes de tous les consommateurs réunionnais.
"Je trouve personnellement qu'on ne répond pas aux besoins de tous les Réunionnais parce qu'il y a des gens qui ne sont pas digitaux", a-t-il expliqué.
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Faut-il conserver la marque en l'état, élargir ses canaux de distribution ou proposer une autre formule ? Plusieurs possibilités sont à l'étude, sans décision arrêtée à ce stade.
Une chose est cependant acquise : l'opérateur compte continuer à proposer des forfaits compétitifs et ne supprimera pas une offre existante sans disposer d'une meilleure alternative. "L'offre existe, on ne changera rien tant qu'on n'a pas une meilleure", a affirmé le dirigeant.
La réflexion pourrait s'étendre sur plusieurs mois, mais il assure qu'aucun changement radical n'est prévu pour les abonnés.
Une nouvelle box en novembre et la télévision sur les box 5G
SFR Réunion veut d'ailleurs montrer que son développement commercial se poursuit avec deux nouveautés annoncées dans les prochaines semaines.
La première concerne les abonnés utilisant une box 5G pour accéder à Internet à domicile. Jusqu'à présent, l'accès aux programmes télévisés passait par l'application SFR. L'opérateur prévoit désormais de proposer un décodeur TV directement associé à sa box 5G.
Cette solution vise les foyers qui ne sont pas encore éligibles à la fibre, mais aussi les personnes souhaitant disposer d'un accès Internet et télévision sans installation de fibre dans leur logement. Sa commercialisation est annoncée d'ici la fin octobre.
Autre rendez-vous : le lancement de la nouvelle Box 10, prévu le 19 novembre.


