Expertise comptable : cinq cabinets s’unissent pour garder la main à La Réunion

Cinq cabinets d’expertise comptable, d’audit et de conseil se regroupent sous l’enseigne EXCO Océan Indien. Avec près de 200 collaborateurs à La Réunion et à Mayotte, ils affichent un objectif : grandir tout en conservant leur indépendance et un centre de décision réunionnais.
Unir leurs forces sans ouvrir leur capital à des fonds d’investissement. C’est le choix affiché par les cinq cabinets réunis sous l’enseigne EXCO Océan Indien, dont le lancement officiel se déroule le mercredi 30 septembre au musée Stella, devant près de 300 invités.
Le regroupement rassemble près de 200 collaborateurs à La Réunion et à Mayotte. Sa direction collégiale réunit Naïm Ingar, David Box, Régis Lantin, Fabrice Lucas et Laetitia Chane Yan Nam. Les associés entendent mutualiser leurs compétences et développer leur activité tout en maintenant la proximité avec les entreprises qu’ils accompagnent.
« Nous ne voulons pas être plus gros, nous voulons être plus forts pour être plus utiles », résume le comité directeur.
Dans une profession où les fonds d’investissement prennent une place croissante, les dirigeants défendent le maintien du centre de décision à La Réunion. Régis Lantin pose ainsi une ligne rouge : pas de fonds d’investissement au capital. Le regroupement s’inscrit dans le réseau national EXCO, constitué de cabinets indépendants et organisé sur un modèle non capitalistique.
L’intelligence artificielle parmi les défis
Au-delà du rapprochement, les associés mettent en avant trois enjeux pour leur profession : les compétences, la réglementation et la technologie. L’intelligence artificielle occupe une place centrale dans cette évolution, avec la nécessité de former les équipes et d’accompagner les clients dans son utilisation.
« L’intelligence artificielle est un outil indispensable. Mais attention à son utilisation. Avoir un moteur de Ferrari pour le laisser dans le garage n’est pas utile », estime Naïm Ingar.
Pour David Box, ces transformations imposent de repenser l’activité des cabinets et les missions proposées aux entreprises. Fabrice Lucas détaille plusieurs engagements : aider les dirigeants à décider, anticiper leurs besoins, leur faire gagner du temps et détecter les difficultés de trésorerie avant qu’elles ne s’aggravent.
Cet accompagnement doit notamment passer par une utilisation de l’intelligence artificielle encadrée en matière de confidentialité et de fiabilité. Les associés revendiquent aussi une connaissance des contraintes propres aux entreprises de l’océan Indien, sur laquelle ils comptent s’appuyer pour développer cette nouvelle structure.


