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Pierrot Dupuy : Désolé Mme la procureure, mais oui, les casseurs appartiennent bien à l'ultragauche

Ecrit par Pierrot Dupuy – le lundi 19 octobre 2026 à 18H23

Plusieurs lecteurs m’ont transmis le lien d’un article de TF1 relatant qu’elle ne pouvait « absolument pas confirmer » que les personnes à l'origine de violences à Paris « sont des personnes politisées vers l’ultragauche » comme l’a déclaré le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez.

L’air de me dire : « tu vois bien, la gauche n’y est pour rien »...

Selon la procureure, les personnes placées en garde à vue sont « en grande majorité des gens peu connus » qui « gardent le silence et ne donnent pas de revendications politiques ».

C’est vrai que si l’on s’arrête à là, on serait presque tenté de croire qu’il s’agit de jeunes innocents qui passaient là par hasard et que de méchants policiers et CRS ont arrêté et placé en garde à vue.

Mais les mêmes qui m’ont transmis ce lien oublient la dernière partie de la déclaration de la procureure : « C’est vrai que « tous les gens qui ont malheureusement commis des dégradations n’ont pas tous été interpellés ». Et cette partie-là les arrange beaucoup moins.

Un spécialiste du maintien de l’ordre m’a expliqué ce qui peut apparaitre étonnant à l’issue d’une lecture rapide.

En fait, dans une manifestation qui dégénère, il y a approximativement trois catégories : les manifestants sincères qui représentent la majorité et qui regrettent que les incendies et les magasins pillés occultent leurs revendications souvent légitimes. La deuxième catégorie, qui comprend les casseurs, est composée effectivement de membres de l’ultragauche et d’anarchistes. Et enfin les pilleurs.

Les casseurs, également appelés black blocs, sont des professionnels, parfois même étrangers. Ils sont là pour se payer des policiers, si possible les blesser voire les tuer, et pour casser les symboles du capitalisme et des institutions : Boutiques de luxe, banques, mairies, etc... Ça c’était au début. Maintenant, ils élargissent leur champ d’action et pillent et brûlent tout ce qui leur tombe sous la main. Une fois la vitrine ou la porte brisée, ils partent en courant chercher leur prochaine cible. Ils représentent dit-on 10 à 15% des manifestants et se déplacent rapidement d’un site à un autre. Ils maîtrisent parfaitement les techniques des affrontements de rue, et savent comment faire pour échapper aux forces de l’ordre. D’où l’affirmation de la procureure. Mais ce n’est pas parce qu’on n’en arrête pas qu’ils n’existent pas.

Lire aussi : Pillages et affrontements : Sébastien Lecornu demande aux préfets d'instaurer des couvre-feux partiels

Restent les pilleurs, ceux qui viennent là pour profiter de l’aubaine et s’engouffrer dans les magasins dont les casseurs ont brisé les vitrines. Ce sont eux qui se font attraper par les policiers de la brigade anticriminalité. Pas étonnant donc qu’ils n’appartiennent pas à l’ultragauche.

Voilà donc comment on détourne une phrase en lui faisant dire l’inverse de la réalité.

Etiquettes : 17 octobre | Paris | PU1 | Violences

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