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"Diminuer l'usage de la voiture" : À Saint-Benoît, comment le centre-ville se réinvente autour du bus

Ecrit par S.I. – le jeudi 22 octobre 2026 à 05H59

Bus, trottoirs, éclairage, espaces paysagers… L’avenue Jean-Jaurès achève une nouvelle étape de la transformation du centre-ville de Saint-Benoît. Inaugurés ce mercredi 21 octobre, les tronçons 2 et 3 du TCSP représentent, avec l’avenue Auguste-de-Villèle, près de 14,4 millions d’euros de travaux. Avec une ambition : rendre les transports en commun plus attractifs et repenser les déplacements dans l’Est.

À Saint-Benoît, le changement se lit désormais le long des avenues. Les bus disposent de voies réservées, les trottoirs ont été rénovés, l’éclairage public modernisé et les aménagements paysagers sont venus redessiner les abords de la chaussée. Ce mercredi 21 octobre 2026, l’inauguration des tronçons 2 et 3 du transport en commun en site propre (TCSP), entre la rue Auguste-de-Villèle et l’avenue Jean-Jaurès, marque une nouvelle étape dans la transformation du cœur de ville.

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Derrière ce chantier de voirie, un enjeu plus large se dessine : rendre les transports collectifs suffisamment attractifs pour que les habitants puissent, lorsqu’ils le souhaitent, laisser davantage leur voiture au garage. Un défi de taille dans l’Est réunionnais, où l’automobile reste au centre de nombreux déplacements quotidiens.

Près de 14,4 millions d’euros pour transformer les avenues

Sur l’avenue Jean-Jaurès, les travaux ont duré près de 18 mois. L’opération représente 8,6 millions d’euros hors taxes, pour 800 mètres de voie réservée aux bus et la requalification des espaces publics associés.

Le chantier prolonge celui de l’avenue Auguste-de-Villèle, réalisé entre mai 2024 et août 2025 pour un montant de 5,8 millions d’euros hors taxes. Au total, ces deux axes représentent 1,56 km de site propre et près de 14,4 millions d’euros d’investissements. Ils s’inscrivent dans un programme plus vaste, qui a également concerné la RN3, entre le giratoire des Plaines et le GHER, sur un linéaire d’environ 1,3 km.

Pour Patrice Selly, maire de Saint-Benoît, les bénéfices ne se limitent pas à la circulation des bus. "On a pu le constater là en visitant les trois tronçons qui ont été réalisés sur la RN3, l’avenue Auguste-de-Villèle et désormais l’avenue Jean-Jaurès", souligne-t-il, en évoquant les trottoirs, l’éclairage public et les aménagements paysagers.

L'édile bénédictin rappelle que le projet intercommunal a été engagé progressivement, d’abord à Saint-André, puis à Bras-Panon et enfin à Saint-Benoît. "L’objectif, c’est véritablement de favoriser les déplacements en transport en commun, de diminuer l’usage de la voiture", insiste-t-il. Il souhaite désormais poursuivre la traversée du centre-ville par de nouveaux tronçons, en lien avec la Cirest.

Du bus au vélo, repenser les trajets du quotidien

Une voie réservée ne suffit pas, à elle seule, à changer les habitudes. Pour convaincre les automobilistes, encore faut-il proposer une alternative pratique, avec des correspondances lisibles, des cheminements accessibles et un service de bus fiable. C’est tout l’enjeu de l’intermodalité défendue par la Cirest : pouvoir laisser sa voiture dans un parc-relais, poursuivre son trajet avec le réseau Estival, puis rejoindre à pied ou à vélo un commerce, un service ou un équipement public. Un parc-relais de 80 places, accompagné d’un abri à vélos et d’équipements de recharge électrique, est prévu dans le programme présenté par l’intercommunalité.

Les aménagements piétons et cyclables doivent, eux aussi, faciliter les déplacements de proximité. L’objectif est de rendre le centre-ville plus accessible sans faire de la voiture le passage obligé de chaque trajet. Une évolution qui concerne aussi les commerçants et les professionnels, pour lesquels l’accès aux boutiques, aux services et aux espaces de livraison reste essentiel.

"Si on circule mieux, on attire davantage d’acteurs économiques qui pourront, demain, créer de l’emploi", estime Patrice Selly. L’amélioration des mobilités est ainsi présentée comme un levier d’attractivité pour l’ensemble du territoire.

Les aménagements s’inscrivent dans le paysage urbain de Saint-Benoît. © Cirest

La prochaine étape se dessine sur la RN2

Pour Joé Bédier, président de la Cirest, l’inauguration dépasse le seul aménagement de l’avenue Jean-Jaurès. "C’est aussi le début de la restructuration de notre territoire de l’Est", affirme-t-il, en établissant un lien entre transports, développement économique et emploi. Il salue notamment la contribution des partenaires du projet, dont l’Europe, qui finance plus de 68 % de l’opération selon la collectivité, ainsi que la Région Réunion.

La suite se joue notamment sur la RN2, où la Région conduit un chantier d’environ 90 millions d’euros entre Bourbier et le giratoire des Plaines. Le programme prévoit le passage de l’axe à 2×2 voies, un nouveau franchissement de la rivière des Marsouins, des aménagements pour les transports collectifs et les mobilités actives, ainsi qu’un futur pôle d’échanges multimodal aux Plaines.

La Cirest souhaite étudier les moyens de mieux relier ces infrastructures régionales au centre-ville de Saint-Benoît. Des prolongements du TCSP sont envisagés, mais restent à l’étude et devront être examinés dans le cadre des prochains programmes d’investissement.

À Saint-André, l’intercommunalité réfléchit également à de meilleures correspondances autour de Quartier Français, où arrive la ligne 1 du réseau Estival, en lien avec un éventuel pôle d’échanges et le projet Baobab.

L’inauguration de Jean-Jaurès ne marque donc pas la fin du chantier des mobilités dans l’Est, mais une étape visible de sa transformation. Reste désormais à faire vivre ces nouveaux aménagements et à convaincre les habitants de les adopter au quotidien. Car si les infrastructures dessinent une autre manière de circuler, c’est bien leur utilisation qui dira si le pari est réussi.

La rivière des Marsouins : un des secteurs étudiés pour les futures continuités de déplacement. © Cirest

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