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Combien nous coûte chaque poubelle brûlée ?

Ecrit par P.M. – le vendredi 23 octobre 2026 à 08H46
La Cirest chiffre à déjà plus de 50 le nombre de bacs brûlés et remplacés depuis une quinzaine de jours (photo d'illustration).

Alors que des poubelles ont de nouveau été incendiées dans la nuit de mercredi à jeudi dans le Nord et l’Est, combien coûtent ces dégradations devenues récurrentes à chaque épisode de violences urbaines ? Avec le remplacement, le nettoyage et la prévention, la facture peut vite flamber : plus de 40.000 euros pour le seul épisode des Gilets jaunes de novembre 2018 pour l’intercommunalité de l'Est.

Quelques minutes pour les détruire, quelques jours pour les remplacer, et une facture pour la collectivité. À Saint-Denis comme à Saint-Benoît, les poubelles ont de nouveau servi durant la nuit dernière à alimenter des incendies. Derrière ces scènes désormais presque banales, c’est à chaque fois de l’argent public qui part en fumée.

Interrogée par Zinfos974, la Cirest détaille ce que représentent pour les caisses de l'intercommunalité de l'Est ces dégradations. Premier élément : toutes les poubelles n’ont pas le même prix. Pour un bac classique de 120 litres, comme ceux des foyers, l’intercommunalité débourse environ 35 euros à l’achat. Pour un grand bac collectif de 600 à 660 litres, sur quatre roues, le montant atteint environ 170 euros.

À cela s’ajoutent une dizaine à une quinzaine d’euros pour la livraison. "Ça va entre 50 et 200 euros au total, en fonction du volume de la poubelle", résume une responsable du service environnement de la Cirest. Au minimum, chaque poubelle brûlée représente donc au minimum une cinquantaine d’euros à débourser pour la remplacer.

Déjà plus de 50 bacs détruits en quinze jours

Depuis une quinzaine de jours, sur fond de manifestations lycéennes et de violences urbaines dans les quartiers, la Cirest a recensé déjà plus de 50 bacs d’immeuble détruits. Un premier chiffrage transmis par l’intercommunalité fait état de 3.150 euros pour les remplacer.

Tous n’ont pas nécessairement brûlé. Certains ont été utilisés comme projectiles ou endommagés au point de devenir inutilisables. "Ce n’est pas forcément toujours brûlé, par contre pour nous, c’est du détruit", précise la responsable. Dans tous les cas, il faut les remplacer.

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L’opération prend normalement quelques jours, à condition d’avoir les modèles disponibles chez les fournisseurs. Lorsque les destructions sont nombreuses, le stock local peut manquer : les bacs sont alors acheminés depuis l’Hexagone par un prestataire. En attendant, la Cirest peut adapter les volumes, en installant provisoirement des bacs plus petits avant de remettre les modèles habituels.

De nombreuses poubelles avaient été détruites lors des violences autour du LP Patu de Rosemont, le 5 octobre.

Plus de 10 000 euros pour prévenir les dégâts à Halloween

Mais le prix du plastique détruit ne constitue qu’une partie de la dépense. Avant même les violences, la collectivité engage des moyens pour éviter que les équipements et les déchets ne servent à alimenter les feux ou servent de barricades ou projectiles contre les forces de l'ordre.

Pour Halloween 2025, le déplacement en amont dans des secteurs, dits à risque, de 27 bornes et le vidage de 21 autres, hors planning habituel, ont ainsi coûté 10.100 euros. Une dépense de prévention, distincte du remplacement des poubelles brûlées.

La Cirest prévoit également des collectes préventives d’encombrants et de déchets électriques dans les secteurs sensibles, estimées à 800 euros. Le ramassage des encombrants et des déchets brûlés après les manifestations est lui aussi estimé à 800 euros.

Aussi, une organisation mise en place avec les bailleurs et les établissements scolaires repose sur plusieurs mesures préventives : ne pas sortir les bacs la veille, adapter les horaires de collecte et surtout rentrer les poubelles dès le passage du camion. À l’approche d’Halloween, les bailleurs ont ainsi été invités à rentrer leurs bacs après la collecte du vendredi, pour éviter qu’ils restent dehors tout le week-end.

Près de 42 000 euros lors des Gilets jaunes

Le bilan de novembre 2018 donne une idée de l’ampleur que peut prendre la facture. Pendant l’épisode des Gilets jaunes, la Cirest avait recensé 293 bacs brûlés, pour 27.906 euros, auxquels s’ajoutaient six bornes dégradées ou incendiées, pour 9.000 euros.

Le déplacement préventif de 45 bornes avait coûté 5.000 euros supplémentaires. Soit près de 42.000 euros... partis en fumée pour la seule intercommunalité de l'Est, sans compter la facture payée par les autres établissements publics de coopération intercommunale que sont la Cinor, le TO, la Civis et la Casud.

Derrière ces chiffres, des colères et une certitude : à chaque poubelle et équipement dans l'espace public détruit, c'est autant d’argent public qui part en fumée plutôt que de servir à couvrir notamment les besoins des habitants et des quartiers concernés...

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