"Des extensions disproportionnées et irréalistes" : Pourquoi la Région et Saint-Benoît s’opposent sur le développement de l’Est

Après les critiques du maire de Saint-Benoît sur le Schéma d’aménagement régional (Sar), la Région Réunion défend sa méthode de concertation et affirme avoir pris en compte la majorité des demandes des collectivités de l’Est. Elle reproche aussi à Patrice Selly de privilégier la confrontation au dialogue.
La Région Réunion n'est pas contente et elle le fait savoir. Mercredi 21 octobre, la collectivité annonce regretter que les déclarations du maire de Saint-Benoît s’inscrivent une nouvelle fois dans une "logique de confrontation plutôt que dans une démarche de dialogue constructif".
Au cœur du désaccord, le Schéma d’aménagement régional (Sar), qui fixe les grandes orientations de développement du territoire. La Région affirme que la concertation avec Saint-Benoît est engagée depuis plus de quatre ans et que de nombreuses réunions ont permis d’examiner les demandes de la commune.
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Après un séminaire organisé le 19 mai 2026 par Huguette Bello, des échanges ont été menés avec les communes et les intercommunalités. La collectivité assure avoir modifié son projet pour tenir compte des propositions reçues. Le document amendé a ensuite été présenté aux 65 institutions membres de la Commission d’élaboration du Sar, le 30 septembre.
Selon la Région, "la très grande partie des demandes formulées par sa commune, comme pour la Cirest et l’ensemble des communes de l’Est, a été prise en compte", dès lors qu’elles étaient justifiées et compatibles avec l’équilibre général du projet.
Désaccord sur le développement de Saint-Benoît
La collectivité conteste toutefois les demandes de la commune concernant les surfaces destinées à l’urbanisation et ses perspectives démographiques. Elle s’interroge sur la volonté de Saint-Benoît d’engager le territoire dans une dynamique de développement, alors que la commune table sur une stagnation de sa population.
La Région juge également que "les demandes d’extension urbaine sont insuffisamment étayées". En clair, elle estime que les réclamations formulées "ne s’appuient sur aucune étude sérieuse, aucun projet concret ni aucune justification étayée" et conduiraient à des "extensions disproportionnées et irréalistes".
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À l’inverse, la collectivité défend un développement économique renforcé dans l’Est. Le projet de Sar prévoit notamment de soutenir la zone d’activité de Beauvallon, le pôle agroalimentaire de Beaufond et des aménagements liés à la mer au Butor et à Bourbier. Les secteurs de Cornardel et Beaulieu figurent également parmi les pistes de développement, mais restent à concrétiser par la commune et l’intercommunalité.
Reponsabilité
Le dossier n’est toutefois pas définitivement arrêté. Le projet doit encore être soumis à l’avis des personnes publiques associées, puis à une enquête publique permettant aux habitants de s’exprimer. Le Conseil régional doit d'ailleurs se prononcer sur la version finalisée en 2027, avant son approbation par l’État.
Autrement dit, la Région appelle les partenaires à faire preuve d’"esprit de responsabilité" et à privilégier la concertation plutôt que de vouloir "dicter unilatéralement ses propres règles".


