"Le futur, c'était mieux avant" : pourquoi les étudiants réunionnais entrent eux aussi dans la mobilisation

Une cinquantaine d’étudiants se sont rassemblés ce jeudi matin 22 octobre devant l’université de La Réunion, à Saint-Denis. Déterminés, ces derniers réclament davantage de salles, plus d’enseignants et une amélioration de leurs conditions d’étude. Après un échange avec le président de l’établissement, ces jeunes gens espèrent que l’assemblée générale annoncée lundi 26 octobre permettra d’obtenir des réponses concrètes. Ou pas...
Les pancartes étaient brandies devant l’université de La Réunion, ce jeudi matin 22 octobre. Une cinquantaine de jeunes se sont réunis pour faire entendre leurs revendications, dénonçant le manque de moyens et des conditions d’étude qu’ils jugent dégradées. Sur l’une des affiches, on pouvait notamment lire : "Financez nos écoles plutôt que les guerres."
Kélia, étudiante mobilisée, dit réclamer des améliorations depuis plusieurs années. "On manifeste pour qu’on ait plus de salles, que les conditions des étudiants s’améliorent, parce que ça fait longtemps qu’on est ici et longtemps que nos conditions sont pitoyables", explique-t-elle. Cette dernière insiste sur le fait que les difficultés ne sont pas nécessairement "imputables aux personnels de l’université", eux-mêmes confrontés au manque de moyens.
Salles trop petites
Parmi les principales demandes figurent "davantage de places, des locaux mieux adaptés et le recrutement d’enseignants". Selon la jeune étudiante, "plusieurs composantes se retrouvent sans professeur, tandis que certains cours accueillent beaucoup trop d’étudiants au regard des capacités des salles".
"On s’est retrouvés à être peut-être 70, 80 dans une toute petite salle", raconte-t-elle à propos de certains cours. Certains étudiants auraient dû s’asseoir sans table, tandis que d’autres, faute de place, n’auraient pas pu assister aux cours. "Donc, les élèves ont dû ne pas aller en cours", déplore-t-elle.
L’étudiante affirme que ces difficultés sont dénoncées depuis trois ans et reconnaît que les enseignants sont eux aussi en difficulté, mais refuse que la charge repose davantage sur eux. "Ce n’est pas à nos professeurs de faire plusieurs [heures] pour nous. Ils sont déjà énormément là", souligne-t-elle. Avant de prévenir : "Si c’est pour que les professeurs et les élèves se démènent parce qu’on n’a plus d’argent, ça va être compliqué, très compliqué."
Le président appelle à une mobilisation pacifique
Un échange a eu lieu avec le président de l’université, Jean-François Hoarau, qui a invité les étudiants à structurer leurs revendications au sein d’un collectif et à poursuivre leur mobilisation dans le calme. "Si les étudiants sont derrière, avec une vraie volonté de défendre cette position, calmement, j’insiste bien, calmement, il y aura plus de poids", a-t-il estimé.
Le président a également rappelé que l’université restait ouverte au dialogue : "Si vous voulez rentrer, discuter, poser un débat démocratique en interne, c’est tout à fait possible." Ce dernier a toutefois mis en garde contre les conséquences d’un blocage sur la circulation et le quotidien des personnels. Le président a défendu la résistance pacifique, citant notamment Nelson Mandela comme modèle.
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Sur la question des moyens, Jean-François Hoarau a évoqué des enseignants qui assurent des heures supplémentaires pour maintenir les cours. "Ils savent aussi que s’ils arrêtent, l’université s’écroule", a-t-il expliqué, rappelant avoir lui-même effectué "des heures complémentaires lorsqu’il était professeur des universités".
Assemblée générale attendue lundi
À l’issue de l’échange, les étudiants ont affirmé vouloir "poursuivre leur mouvement". Une assemblée générale est annoncée lundi 26 octobre, avec l’espoir de pouvoir mettre les revendications sur la table avec les représentants des différentes licences.
"J’espère que ça changera quelque chose concrètement et qu’on pourra vraiment se faire écouter, parce que ce n’est pas le moment de faire la sourde oreille", insiste Kélia. Les étudiants attendent désormais que cette rencontre débouche sur des engagements précis, notamment concernant les salles, les effectifs et les moyens humains.
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Un appel à la mobilisation avait également circulé sur les réseaux sociaux, invitant les étudiants à se rassembler dès 5 heures devant la Région avant un blocage annoncé des accès à la collectivité et à la faculté de Lettres.


