Vie chère, colère lycéenne et violences urbaines... quelle est la situation dans ces autres territoires d'outre-mer ?

À La Réunion, les étudiants ont rejoint la mobilisation jeudi 22 octobre. Mais l’île n’est pas le seul territoire ultramarin traversé par la contestation. En Guadeloupe et en Martinique, la vie chère reste au cœur de la colère, tandis qu’en Guyane et à Mayotte, les difficultés dans les établissements scolaires alimentent aussi les protestations. Tour d'horizon.
À La Réunion, les étudiants ont rejoint la mobilisation, jeudi 22 octobre, dénonçant le manque de salles, les cours surchargés et l’insuffisance des moyens à l’université. Ces revendications font écho à celles exprimées dans d’autres territoires ultramarins depuis la rentrée. Car l'incendie a, semble-t-il, bien pris dans l'ensemble des outre-mer.
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Aux Antilles notamment, les élèves dénoncent le même "état des établissements et les difficultés liées à la scolarité". Depuis le 14 octobre, un collectif mobilise en Guadeloupe autour de revendications qui dépassent la seule question des prix. La baisse du coût du carburant, l’accès à l’eau potable, l’insécurité et la sauvegarde des emplois figurent parmi les demandes relayées par les organisateurs.
"Revendications connues"
Sur place, les médias locaux rapportent que des barrages ont perturbé la circulation dans plusieurs communes. La mobilisation a aussi été marquée par des affrontements avec les forces de l’ordre. Dans la nuit du dimanche 18 au lundi 19 octobre, 44 personnes ont été interpellées, selon les autorités citées par l’AFP et Le Parisien.
Le mouvement reste toutefois hétérogène. Les syndicats traditionnels et les partis politiques ne se sont pas tous associés à l’appel du collectif. Les discussions avec le préfet ont également achoppé sur la représentativité des organisateurs. "Les revendications sont connues et travaillées toute l’année avec les instances représentatives", a déclaré le préfet Thierry Devimeux, cité par TF1 Info.
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La contestation sociale s’ajoute aux revendications des lycéens, qui dénoncent "des établissements mal adaptés à la chaleur, des coupures d’eau et des équipements insuffisants". Dans un reportage de Libération publié début octobre, une lycéenne guadeloupéenne décrivait des salles "où la température pouvait atteindre 38 °C". "C’est impossible d’étudier dans ces conditions", témoignait-elle.
En Martinique, barrages enflammés et des tirs contre les forces de l’ordre
En Martinique, la mobilisation contre la vie chère a également repris. Des barrages enflammés ont été dressés sur plusieurs axes, notamment dans le sud de l’île. Dans la nuit du lundi 19 au mardi 20 octobre, les forces de l’ordre ont essuyé des tirs à balles réelles à Ducos, selon les autorités rapportées par Le Monde. Des véhicules ont été volés sous la menace d’armes à feu et plusieurs commerces ont subi des intrusions ou des dégradations.
La situation a conduit les autorités à renforcer le dispositif de sécurité. Ces événements font bien évidemment écho à la mobilisation de 2024 contre les prix élevés dans l’île.
En parallèle, les lycéens martiniquais dénoncent eux aussi leurs conditions d’apprentissage. Selon les informations rapportées par l’AFP et TV5MONDE début octobre, seize établissements avaient été touchés par le mouvement, dont deux contraints de fermer et de basculer vers des cours à distance.
En Guyane aussi, des revendications sur les équipements et les effectifs
En Guyane, les mobilisations scolaires mettent en lumière des difficultés "qui ne datent pas de cette rentrée". Au lycée Félix-Éboué, à Cayenne, les élèves ont formulé en septembre une série de revendications concernant notamment les salles de classe, les sanitaires et la cantine.
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Dans un article de France-Antilles, il est rapporté que les lycéens dénonçaient "des salles dépourvues de ventilateurs, des sanitaires insalubres et une cantine trop chère et saturée". Nos confrères soulignent aussi "les difficultés de recrutement des enseignants : au dernier concours de professeur des écoles, la Guyane n’aurait pourvu qu’un poste sur trois".
Les problèmes sont également liés à l’augmentation du nombre d’élèves et à la capacité des établissements à les accueillir. La mobilisation ne porte donc pas seulement sur des demandes ponctuelles, mais sur des infrastructures et des moyens humains jugés insuffisants.
À Mayotte, des établissements débordés
À Mayotte, la question des conditions d’étude est tout aussi préoccupante. Le lycée du Nord, bloqué dès la rentrée, illustre la pression exercée sur les infrastructures scolaires. Selon FranceInfo, l’établissement accueillait environ 2.300 élèves dans des bâtiments conçus pour 900. Le blocage, lancé une semaine après la rentrée, a duré cinq semaines.
Les difficultés concernent aussi le recrutement des enseignants. D’après la même source, "52 % des enseignants du second degré à Mayotte sont contractuels, contre 10,5 % dans l’Hexagone". Des chiffres qui témoignent des défis auxquels le territoire est confronté pour assurer les cours dans de bonnes conditions.
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Même si des points convergent et que la grogne reste commune et nationale, la situation n’est donc pas tout à fait identique d’un territoire à l’autre.


