Restrictions des manifestations : Gaillard et Ratenon contestent la ligne de Macron

À la suite des annonces du président de la République visant à limiter les rassemblements non syndicaux, les députés de La Réunion Jean-Hugues Ratenon et Perceval Gaillard dénoncent une atteinte aux libertés publiques. Dans un communiqué, ils appellent à une refondation démocratique des institutions et défendent le projet d’une VIe République.
Emmanuel Macron a fixé, ce jeudi 22 octobre, la ligne du gouvernement en matière de maintien de l’ordre, à l’approche de manifestations annoncées pour samedi. À l’issue d’une réunion à l’Élysée avec les services de renseignement, le chef de l’État a demandé que les rassemblements non syndicaux soient interdits partout où cela serait possible.
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"La recommandation générale, c’est qu’il n’y ait pas de manifestations dans les jours à venir", a déclaré le président de la République, précisant : "Quand ce ne sont pas des organisations syndicales, partout où on le peut, on interdira".
Des déclarations vivement contestées par les députés insoumis de La Réunion, Jean-Hugues Ratenon et Perceval Gaillard, qui dénoncent une mesure "liberticide" et s’interrogent sur les critères qui permettraient de distinguer les organisations autorisées à manifester de celles qui ne le seraient pas.
"Qui est légitime, qui ne l’est pas ?"
Dans leur communiqué, les deux parlementaires contestent la volonté de restreindre les manifestations en fonction de l’organisation qui les porte. "Qui est 'légitime', qui ne l'est pas ? Qui décide de qui est 'légitime' et de qui ne l'est pas ?", interrogent-ils.
Les députés rappellent que le droit de manifester constitue, selon eux, une conquête démocratique et sociale majeure, obtenue au terme de longues luttes face aux pouvoirs autoritaires. Ils accusent le pouvoir exécutif de remettre en cause ces acquis et dénoncent une politique qui, à leurs yeux, fragilise les libertés publiques.
Jean-Hugues Ratenon et Perceval Gaillard critiquent également le rôle du Conseil de défense, qu’ils qualifient de "nébuleux" et d’"illégitime". Ils estiment que la concentration des décisions au sein de cette instance participe à une restriction préoccupante des droits démocratiques.
Un appel à refonder les institutions
Au-delà des restrictions annoncées concernant les manifestations, les deux députés insoumis dressent un réquisitoire contre le fonctionnement actuel des institutions. Ils dénoncent une réduction des libertés publiques, une remise en cause du respect des résultats électoraux et des menaces visant, selon eux, les partis d’opposition de gauche.
Dans leur texte, les parlementaires établissent un parallèle historique particulièrement sévère, évoquant un régime "néopétainiste" et alertant sur ce qu’ils considèrent comme une dérive autoritaire du pouvoir.
Pour sortir de cette situation, ils plaident pour une refondation démocratique et sociale de la République, passant par l’élaboration d’une nouvelle Constitution permettant au peuple français de redéfinir les fondements des institutions.
Leur conclusion prend la forme d’un avertissement politique : "2027 sera l'année de la 6ème République ou du retour de Vichy."


