Le Tampon : ils brûlent sa voiture, il leur donne une leçon de respect

Une moto et une voiture incendiées, une école cambriolée : deux jeunes hommes ont été condamnés jeudi 15 octobre par le tribunal correctionnel de Saint-Pierre après une nuit de dégradations au Tampon. Parmi les victimes, un professionnel de la Mission locale leur a rappelé les conséquences de leurs actes et les a appelés au respect.
Il accompagne des jeunes en difficulté, notamment à leur sortie de prison. Cette fois, c’est comme victime qu’il s'est retrouvé face à deux jeunes prévenus. Sa voiture a été incendiée avec les documents qu’il utilisait pour son travail à la Mission locale. Jeudi, devant le tribunal correctionnel de Saint-Pierre, il leur a parlé des conséquences de cette nuit, avant de les appeler au respect.
Les faits se déroulent dans la nuit du 7 février, près du marché couvert du Tampon. Cinq jeunes, dont Rémy* et Johane*, tout juste majeurs, ainsi que trois mineurs, consomment de l’alcool. Ils tentent de voler une moto. N’y parvenant pas, ils y mettent le feu.
Johane quitte ensuite le groupe. Rémy reste avec les trois mineurs. Ils essaient de voler une voiture, puis l’incendient à son tour. La nuit se poursuit dans l’école privée Les Petits Curieux, où du matériel, notamment informatique, est dérobé.
Une carte SIM permet de les retrouver
Les enquêteurs remontent jusqu’au groupe après que l’un des jeunes a inséré sa carte SIM dans un téléphone volé.
À l’audience, Rémy reconnaît une « connerie », tout en affirmant qu’il n’avait pas l’intention de voler. Il invoque des difficultés financières. La présidente lui rappelle qu’il vit chez ses parents et lui demande de préciser ces difficultés.
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Son attitude suscite également une remarque de la magistrate : « J’ai l’impression de vous saouler en vous parlant. » Concernant l’école, Rémy explique qu’ils avaient aperçu un espace de jeux et trouvé une porte ouverte, sans comprendre la nature des lieux. Johane maintient, pour sa part, qu’il était déjà parti lors des faits suivants.
Des victimes venues raconter les conséquences
Le propriétaire de la moto témoigne en pleurs. Avec sa petite retraite, il a dû acheter un nouveau deux-roues. Malgré les 3.000 euros versés par son assurance, il réclame encore 6.000 euros de préjudice matériel et 500 euros de préjudice moral.
Le propriétaire de la voiture décrit ensuite trois mois sans véhicule et les déplacements en bus nécessaires pour continuer à accompagner les jeunes dont il s’occupe. Il rapporte aussi que les tentatives d’intrusion dans son domicile ont traumatisé ses filles.
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Puis il se tourne vers les prévenus : « Respectez les gens, respectez-vous et respectez votre famille qui est là, dans le tribunal et qui souffre de vous voir ici. » Malgré les dommages subis, il précise que son objectif n’est pas de les « enfoncer encore plus ». Des paroles qui ont véritablement touché les deux prévenus.
Pour l’école Les Petits Curieux, la perte de l’ordinateur représente aussi celle d’informations de travail et d’échanges avec le rectorat. Sa représentante évoque les difficultés financières de l’établissement et demande 1.200 euros pour le préjudice matériel.
Le parquet réclame des TIG
Le procureur souligne la gravité de faits reconnus, dont les conséquences dépassent ce que les prévenus avaient envisagé. Il leur demande d’en prendre conscience.
Pour Johane, il requiert 60 heures de travail d’intérêt général à effectuer sous 18 mois, avec deux mois de prison prévus en cas de non-exécution. Pour Rémy, il demande 175 heures dans le même délai, avec cinq mois de prison en cas de non-exécution.
La défense veut préserver leur avenir
Me Alexandre Flottes, qui défend Johane, insiste sur la dynamique de groupe et sur la décision de son client de partir. Il souligne ses regrets et son contrat d’engagement avec la Mission locale. Il demande de préserver cette démarche d’insertion et relève qu’un futur emploi pourrait compliquer l’exécution de TIG.
Pour Rémy, Me Emma Delaunay voit dans la carte SIM ayant permis leur identification un résumé de leur immaturité : « On est face à des Pieds Nickelés de la délinquance. »
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Elle rappelle leur jeune âge, les regrets de son client et les appréciations positives de son CFA, qui le décrit comme ponctuel et souriant. Il doit répondre de ses actes, soutient-elle, sans que son avenir soit sacrifié.
Du sursis et des indemnisations
Le tribunal condamne Johane à six mois de prison avec sursis et Rémy à 175 heures de travail d’intérêt général à effectuer sous 18 mois. Les trois mineurs relèvent d’une procédure distincte devant le tribunal pour enfants.
Les indemnisations sont à la charge solidaire des cinq jeunes. Le propriétaire de la moto obtient 6.000 euros de préjudice matériel et 1.500 euros de préjudice moral. Celui de la voiture se voit accorder 3.900 euros de préjudice matériel et 1.500 euros de préjudice moral. L’école obtient 1.200 euros pour le matériel volé.
A la fin de l'audience, les deux prévenus sont partis s'excuser directement auprès des victimes.
*Prénoms d'emprunt


