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1981, l’année du péché originel et de la rupture ?

Ecrit par Pierrot Dupuy – le vendredi 23 octobre 2026 à 06H45

Il est de bon ton aujourd’hui de rejeter toute la responsabilité de tous nos maux sur Emmanuel Macron. À bien y regarder, il n’a pas été pire que ceux qui l’ont précédé, peut-être même un peu meilleur. Mais ça, on ne le reconnaîtra, comme toujours, que dans quelques années. Quand on aura essayé le suivant...

Non. Quand on cherche un coupable, il faut savoir remonter le temps pour retrouver les origines du mal. Et finalement, celui par qui le mal est arrivé n’est pas très difficile à trouver.

La bascule, c’est 1981.

C’est en 1981 que s’est produite la rupture. L’année de l'arrivée de François Mitterrand.

Rappelons-nous tout d’abord le contexte. Les Français sont fatigués par plusieurs années de crise économique causées entre autres par les chocs pétroliers de 73 et 79 qui avaient provoqué une forte inflation et un ralentissement de la croissance.

Ça ne vous rappelle pas quelque chose ?

Malgré cela, avant 1981, la France était encore un pays qui produisait, qui exportait, qui avait une industrie, des entreprises qui osaient investir et des gens qui croyaient encore au travail.

Les réseaux sociaux n’existaient pas encore mais le bouche à oreille avait suffi pour que les Français se laissent attirer par un populiste aux talents d'orateur indéniables qui leur promettait des jours meilleurs. Les autres étaient mauvais, lui seul était en mesure de leur garantir des jours heureux. Ça ne vous rappelle pas quelque chose ? Ou quelqu’un ? Ou plutôt quelques uns ?

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1981, c’est le moment où la France, en toute lucidité, a décidé de se tirer une balle dans le pied en se convainquant que c’était du progrès social.

Après 1981, on a nationalisé à tour de bras, quitte à devoir faire marche arrière quelques années plus tard en ayant perdu au passage quelques milliards. Financés par... la dette.

Pour rappel, au cas où certains l'auraient oublié, sous Giscard d’Estaing, de 1974 à 1981, la France connait ses premiers déficits mais la dette reste encore faible en proportion du PIB. C'est sous François Mitterrand qu'une véritable culture de la dette s'installe. La hausse devient beaucoup plus nette : la dette publique passe d’environ 22 % du PIB en 1981 à 33 % en 1988, puis 35 % en 1990. Et la véritable accélération intervient au début des années 1990, toujours sous François Mitterrand : 39,7 % du PIB en 1992, 46 % en 1993 et 55,5 % en 1995.

"Tournant de la rigueur"

C'est aussi à partir de 1981 qu'on a fortement augmenté les impôts comme si l’argent des autres était une ressource infinie.

Il fallait bien financer les 39 heures, ainsi que l'abaissement de l’âge de la retraite à 60 ans. C'est aussi à partir de ce moment-là qu'on a expliqué aux Français que la richesse se créait en redistribuant celle des autres.

Résultat ? Capital qui fuit, franc dévalué, inflation, et le fameux "tournant de la rigueur" de 1983 qui n’a jamais vraiment corrigé le cap idéologique de fond.

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Depuis, on a perfectionné le modèle : État toujours plus gros, charges toujours plus lourdes, culture du droit acquis plutôt que du mérite, école qui a progressivement abandonné l’exigence au nom de l’égalité des chances, et une immigration de plus en plus déconnectée de toute logique d’intégration réelle.

Je m'arrête quelques instants sur l'école. C'est bien sous François Mitterrand, en 1985, que Jean-Pierre Chevènement, ministre de l’Éducation nationale, s'était fixé comme objectif d'amener 80% d'une classe d'âge au Bac à l'horizon 2000. Politique ensuite poursuivie par l'inénarrable Jack Lang. Vous savez, celui qui voulait initier les enfants avec Jeffrey Eipstein aux joies de l'apprentissage des "nouvelles sexualités". Mais ça, c'est une autre histoire.

"Revendiquer et bloquer"

Vous connaissez le résultat : on a fait croire à plusieurs générations qu'il n'y avait plus besoin de travailler et qu'il était facile d'obtenir le Bac et ensuite d'aller à la fac. Sauf qu'après plusieurs années à errer de licences en licences, la réalité les rattrape et ceux qui n'ont pas le niveau sont brutalement éjectés du système. Avec plusieurs années de leurs vies perdues, en même temps que leurs illusions de devenir tous notaires ou ingénieurs.

On a remplacé "travailler et produire" par "revendiquer et bloquer". Et manifester. Avec une violence qui croit à vitesse grand V du fait de l'implication massive de la jeunesse des banlieues, jeunes immigrés ou fils d'immigrés.

Crise économique, immigration non contrôlée, chômage, précarité, oisivité, système éducatif qui part à vau l'eau, hommes et femmes politiques décrédibilisés... Chaque cause renforce et démultiplie les autres. La boucle est bouclée.

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Et aujourd’hui, on s’étonne que la France soit devenue le pays des 35 heures, des grèves perpétuelles, de la dette à 110 %, du chômage des jeunes endémique et d’une classe moyenne qui se fait asphyxier.

Le plus beau, c’est la mauvaise foi. Quarante-cinq ans plus tard, on continue de dire que "ce n’est pas la gauche", que "c’est le néolibéralisme", que "c’est l’Europe", que "c’est la mondialisation".

Non. 1981, c’est le moment précis où une majorité de Français a choisi de croire qu’on pouvait vivre durablement au-dessus de ses moyens en faisant payer les autres, et que ça s’appellerait "justice sociale".

1981 n’a pas tout cassé en un jour. Mais c’est là qu’on a choisi le chemin.

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