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[Pierrot Dupuy] Nijdam, le coucou qui aime faire son nid dans celui des autres

Plus que quelques jours à attendre pour connaitre la décision finale des juges du tribunal mixte de commerce dans le dossier de la reprise du Quotidien. L’occasion pour moi de rappeler quelques points importants. Et de répondre à quelques insinuations perverses.

Ecrit par Pierrot Dupuy – le samedi 30 mars 2024 à 16H34

Une pluralité d’actionnaires garante de l’indépendance du Quotidien

Premier point, Jacques Tillier dans ses éditos du samedi matin affirme depuis quelques semaines, sans aucune preuve, que nous serions inféodés à la présidente de la Région. Étrange comme accusation dans la mesure où nous avons pris bien soin de diversifier le capital entre une quinzaine d’actionnaires privés, tous sur un pied d’égalité. J’avoue moi-même ne pas connaitre leurs orientations politiques. Tout comme je ne connais pas celle de mes journalistes. Ce n’est pas en raison de leurs opinions politiques que je les embauche, je leur demande juste de faire leur boulot correctement. De même, je m’en fiche de savoir pour qui vote tel ou tel actionnaire. De toutes façons, ils sont tous à égalité (ils apportent 100.000€ chacun, y compris Alfred Chane Pane) et aucun ne peut prétendre imposer ses vues aux autres. C’est même la raison pour laquelle nous les avons voulus aussi nombreux. Nous aurions pu en prendre 5 à 300.000€. Ça aurait été facile vu leur surface financière. Mais c’était prendre le risque d’en voir trois se mettre d’accord pour imposer leurs vues aux autres. La garantie de l’indépendance du journal réside justement dans la diversité de son actionnariat. Force est de constater que c’est tout l’inverse du côté d’Henri Nijdam où un seul actionnaire, Jean-Jacques Dijoux, est largement majoritaire. Et a donc toute latitude pour imposer une ligne politique au journal. On est loin des revendications de liberté et d’indépendance désirées par les journalistes de la rédaction.

Des actionnaires proches de Jacques Tillier

Profitons-en pour jeter un œil sur cet actionnariat. La presse parle de « dossier Nijdam ». Il faudrait plutôt parler de « dossier Dijoux ». Henri Nijdam prétend avoir « les poches longues« , voulant dire par là qu’il est suffisamment riche pour porter ce dossier. Si tel est vraiment le cas, alors il doit avoir les bras extrêmement longs. Car dans ce dossier, il n’apporte que 5.000€, soit une participation de 1%. La différence avec les 500.000€ provient essentiellement de Jean-Jacques Dijoux et dans une moindre mesure de Jean-Pierre Lallemand.

Il me revient à l’esprit ce mot de Jacques Tillier traitant Henri Nijdam de « coucou » aimant faire son nid dans celui des autres. On comprend mieux maintenant pourquoi.

On aura une meilleure vision de ce dossier quand on aura pris en compte le fait que Jean-Jacques Dijoux et Henri Nijdam sont des proches de Jacques Tillier, même s’ils se disent officiellement fâchés aujourd’hui, et que Jean-Pierre Lallemand, par ailleurs président du syndicat SAFPTR, est un de ses meilleurs informateurs. On est en effet raisonnablement en droit de se demander d’où proviennent tous les documents publiés par le JIR contre la Région, sachant que le SAFPTR est le seul syndicat à avoir porté plainte dans ce dossier.

Henri Nidjam et Jean-Jacques Dijoux se disent aujourd’hui fâchés avec Jacques Tillier ? Bizarrement, ce dernier prend ouvertement position en leur faveur dans son édito du jour. Étrange, vous avez dit étrange ?

J’ai bien peur que les journalistes du Quotidien aient de bien désagréables surprises jeudi matin dans l’hypothèse où ce serait ce trio qui serait désigné.

L’indépendance éditoriale passe par une indépendance économique

Autre inquiétude quant à l’indépendance souhaitée du futur Quotidien : comment prétendre être indépendant quand votre budget prévisionnel ne parvient à l’équilibre que grâce à des subventions espérées de la Région ? Notre projet pour sa part est viable sans aucune subvention. Nous l’avons voulu ainsi justement dans une volonté d’indépendance politique, laquelle passe bien évidemment par une indépendance financière.

Car comment se prétendre indépendant lorsque l’on sollicite des subventions de la Région pour boucler ses fins de mois ?

La pluralité des opinions passe par la survie du JIR et du Quotidien

Mais revenons un moment sur la couleur politique du futur Quotidien. Dès le départ, nous avons été clairs et c’est un des points essentiels qui nous différencie du projet Nijdam : nous souhaitons maintenir les deux journaux, le Quotidien mais aussi le JIR dont on sait qu’il ne devrait pas tarder à connaitre le même sort, alors que Nijdam n’en prévoit qu’un seul.

Pourquoi les deux journaux doivent-ils survivre ? Pour garantir justement le pluralisme de la presse à La Réunion. Le JIR est plutôt classé à droite et Le Quotidien à gauche, et nous nous sommes engagés à ce que ces lignes éditoriales soient maintenues et nous l’avons fait en nous positionnant en premier lieu sur l’appel d’offres sur Le Quotidien.

Quelle serait l’orientation politique du Quotidien s’ il se retrouvait seul ? Les journalistes qui y travaillent aujourd’hui sont-ils certains qu’on ne cherchera pas alors à leur imposer un changement radical ?

On peut d’autant plus se poser la question au regard des actionnaires qui entourent Henri Nijdam.

De sérieux doutes sur l’impression du journal dans le dossier Nijdam

Je pourrais écrire pendant des heures sur les non-dits et autres zones d’ombre du « dossier Nijdam ». Je conclurai avec un dernier élément, qui à lui seul est symptomatique des ambiguïtés entretenues.

A la sortie de l’audience de mercredi, Henri Nijdam a affirmé aux journalistes qui l’interrogeaient qu’il disposait d’un devis d’Alfred Chane Pane pour l’impression du Quotidien, dans l’hypothèse où c’est son dossier qui serait maintenu, sur les rotatives d’ICP Roto. Faux et cela a été démenti catégoriquement, preuve à l’appui.

Pas grave, répond-il. Et de sortir un devis de la SAFI, la société qui imprime aujourd’hui Le Quotidien et qui appartient à la famille Chane-Ki-Chune, d’un montant d’1,5M€. Devis non signé et non daté au demeurant…

Est-il raisonnable de parler de pérennité lorsqu’on s’adosse à un imprimeur disposant de rotatives datant de 40 ans et à bout de souffle ? C’est un miracle qu’elles aient tenu jusqu’à aujourd’hui. On se rappelle des deux dernières pannes de décembre.

Mais surtout la SAFI n’était maintenue artificiellement à l’équilibre qu’en facturant actuellement annuellement 3,6M€ au Quotidien. Comment pourra-t-elle survivre demain en n’encaissant qu’1,5M pour la même prestation ???

Le brouhaha médiatique fait de déclarations à l’emporte-pièce et reprises telles quelles par les journalistes peu au courant des détails du dossier méritaient à mon avis d’être portées à l’attention du grand public.

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