Les Mauriciens sont-ils prêts à croire au Père Noël ?

Aujourd’hui marque un tournant pour les États-Unis. Une élection suivie et analysée depuis des mois par les commentateurs du monde entier, y compris à La Réunion, malgré la distance de notre île au cœur de l’océan Indien. Il est certain que le résultat impactera l’Europe, la France, et donc La Réunion, quel qu’il soit.
Si Kamala Harris l’emporte, les relations entre les États-Unis et l’Europe devraient connaître une certaine continuité. En tant que vice-présidente sortante, Harris prolongerait en grande partie les politiques du président Joe Biden, assurant ainsi une relative stabilité économique mondiale.
À l’inverse, si Donald Trump est élu, le monde entrerait dans une période d’incertitude. Le candidat républicain, souvent imprévisible, est connu pour ses positions changeantes et ses revirements spectaculaires.
Les conséquences économiques d’un mandat Trump
Un retour de Trump pourrait marquer une rupture économique majeure. L’instauration de droits de douane élevés sur les importations serait un coup dur pour l’économie européenne, mais aussi pour les États-Unis, qui verraient l’inflation grimper en raison de l’augmentation des prix des produits importés, que les Américains continueraient à consommer. De plus, l’arrêt des aides militaires à l’Ukraine pourrait entraîner une défaite ukrainienne face à la Russie, menaçant indirectement la sécurité européenne. Rappelons que l’Ukraine se situe à seulement 1 500 kilomètres de Paris, la même distance qui sépare La Réunion de Mayotte.
Une question demeure pour Kamala Harris : l’Amérique est-elle prête à élire une femme noire à la Maison-Blanche ? Rien n’est moins sûr. De plus, Harris a dû composer avec une campagne express, lancée seulement après le retrait de Joe Biden, face à un Trump solidement ancré dans une base électorale homogène et mobilisée. Harris a dû naviguer entre les différentes sensibilités de son propre parti, entre aile modérée et aile progressiste, ce qui a parfois donné l’impression d’un programme fluctuant. En matière de politique étrangère, notamment sur la guerre entre Israël et le Hamas, elle a dû équilibrer ses prises de position entre les attentes des électeurs juifs américains et celles des pro-palestiniens.
Les bureaux de vote sont ouverts, mais les résultats définitifs pourraient se faire attendre, surtout si l’écart est serré. Reste une question majeure : en cas de défaite, comment réagiront Donald Trump et sa base militante ? Accepteront-ils pacifiquement la défaite, ou tenteront-ils de semer le chaos ? L’attaque du Capitole, le 6 janvier 2021, pourrait bien n’avoir été qu’une répétition générale.
Virée électorale à Maurice : l’affaire “Moustass Leaks” secoue la campagne
En parallèle, les Mauriciens se préparent eux aussi à voter, dimanche prochain. Les perspectives s’assombrissent pour le Premier ministre sortant Pravind Jugnauth, après l’éclatement de l’affaire “Moustass Leaks”. Ce pseudo-informateur a publié des centaines d’enregistrements compromettants sur les réseaux sociaux, révélant que le gouvernement surveillait les conversations privées de la population, même sur WhatsApp. La campagne s’en est trouvée bouleversée et le Premier ministre a été contraint de suspendre les réseaux sociaux pour tenter d’endiguer la crise, ce qui a eu pour effet de renforcer la colère de l’électorat.
Pour tenter de regagner la confiance, Jugnauth a promis des mesures fortes lors d’un meeting dimanche dernier, incluant des prêts sans intérêts pour les PME, une TVA réduite à 10 % sur certains produits de première nécessité, et un 14e mois de salaire pour les employés mauriciens dès décembre.
Dimanche, les Mauriciens iront aux urnes. Croiront-ils encore aux promesses de leur Premier ministre ?


