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"Fils de p****" : jusqu’où ira la sénatrice Paraguayenne à l'encontre de Kylian Mbappé ?

Ecrit par Mehdi Bednarek – le jeudi 9 juillet 2026 à 19H26

Les faits sont désormais connus : des insultes racistes, une réponse cinglante de Kylian Mbappé, une enquête ouverte à Paris. Mais l'essentiel se joue loin du vacarme. Là où le bruit laisse croire à une crise entre deux États, Paris et Asunción s'emploient déjà, méthodiquement, à l'éteindre. Récit de cette désescalade, et de ses limites, jusqu'à la question qui obsède les réseaux : la France peut-elle vraiment bannir l'élue ?

Aucun des deux gouvernements ne veut de cette crise, et tous deux manient le même extincteur, la séparation des pouvoirs. En martelant que les propos d'Amarilla n'engagent qu'elle, jamais l'État, Asunción ne se contente pas de s’excuser ; il érige un pare-feu juridique qui interdit de transformer une sortie individuelle en acte de gouvernement.

Paris répond en miroir, en se gardant de tout contentieux bilatéral. La faute est imputée à une personne, pas à une nation, et heureusement. C'est la condition pour que rien ne se brise entre les deux capitales.

Le Sénat en pompier

C'est au Palais du Luxembourg plus qu'à l’Élysée que se lit le mieux cette mécanique.

Le président de la commission des affaires étrangères du Sénat Cédric Perrin a directement écrit à son homologue paraguayen. Son message : les relations avec l'ambassade demeurent excellentes, la sénatrice est une figure isolée, et « la diplomatie parlementaire, ça compte ».

Autrement dit, un canal informel sert d'amortisseur, précisément pour éviter que le canal gouvernemental ait à monter au front. Une désescalade méthodique, qui offre à Asunción une porte de sortie honorable et referme la parenthèse avant qu'elle ne puisse se transformer en incident d’État.

« Bannir » l'élue : ce que le droit permet vraiment

Reste la question qui obsède les réseaux : la France peut-elle empêcher Celeste Amarilla de fouler son sol ? Ici, la précision du vocabulaire fait tout, et trois notions régulièrement confondues doivent être distinguées. Le persona non grata, d'abord, est hors sujet. Hérité de la Convention de Vienne, il ne vise que les diplomates accrédités, personnels d'ambassade et de consulat.

Une parlementaire étrangère en visite privée n'entre pas dans cette catégorie : on ne peut tout simplement pas la déclarer persona non grata. L'interdiction administrative du territoire (IAT), ensuite, est l'outil réellement pertinent. Le ministre de l'Intérieur peut interdire l'entrée en France à un ressortissant hors Union européenne, ne résidant pas habituellement sur le territoire, dès lors que sa présence menacerait gravement l'ordre public, la sécurité intérieure ou les relations internationales de la France. Le Paraguay étant hors UE, la piste existe. Mais deux obstacles la referment aussitôt.

Lire aussi : Du terrain à la diplomatie : l’affaire Mbappé embarrasse le Paraguay, contraint de s’excuser

Le seuil, d'abord : la menace grave se démontre mal à partir de quelques messages postés en ligne. Le paradoxe, ensuite : l'un des motifs invocables est la préservation des relations internationales de la France, que bannir une élue étrangère viendrait justement fragiliser. L'outil se mord la queue. La voie pénale, enfin, se heurte au réel.

Une interdiction judiciaire du territoire supposerait d'abord une condamnation, quand l'affaire n'en est qu'au stade de l'enquête. Et même prononcée, elle resterait lettre morte : la sénatrice est au Paraguay, et aucune extradition n'est envisageable pour un délit de presse de ce type. L'immunité dont elle jouit dans son pays achève de rendre toute poursuite effective illusoire. Le verdict est net : un bannissement d'entrée est théoriquement concevable, mais politiquement contre-productif et pratiquement inapplicable. La souveraineté française s'arrête là où commence un passeport paraguayen resté à Asunción.

La seule à avoir intérêt au feu

Dans ce paysage où chacun cherche l'apaisement, une voix détonne : celle d'Amarilla elle-même. En retournant l'accusation, elle qui se pose désormais en victime d'une « violence de genre », elle s'extrait de la faute que son pays lui fait porter et s'offre un second tour de projecteurs. Elle est même allée plus loin, menaçant de poursuivre Mbappé à son tour, et a même rappelé, l'air de rien, que le Paraguay avait déjà emprisonné Ronaldinho sur son sol.

Mais la menace s'arrête net à la frontière : la France n'extrade pas ses propres ressortissants, et n'a jamais dérogé à ce principe. Elle a toutefois reconnu ne pas savoir si elle déposerait vraiment plainte, preuve que la menace vaut surtout posture. C'est le paradoxe final de l'affaire : la crise entre États est déjà close, et la seule à souffler encore sur les braises est celle par qui tout a commencé

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