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Après la polémique Privilège Zorey, ils passent à l'action : que veut vraiment le collectif Nou Pran Nout Plas ?

Ecrit par Lény-Huayna Tible – le jeudi 9 juillet 2026 à 18H13

Près de 700 personnes se sont retrouvées dimanche 5 juillet du coté de La Saline à l'appel du collectif Nou Pran Nout Plas. Né dans le prolongement de la controverse autour du privilège zorèy, le mouvement entend désormais transformer une séquence très clivante en réflexion collective. Une ambition affichée lors d'une journée dont les médias étaient pourtant tenus à l'écart.

Des semaines durant, le débat sur le privilège zorèy a saturé les réseaux sociaux réunionnais. Une tribune, des milliers de signatures, des prises de position parfois virulentes, des accusations de racisme pour les uns, de déni pour les autres. Rarement un sujet aura autant fracturé les discussions publiques sur l'île.

Dimanche 5 juillet, à La Saline, les initiateurs de cette séquence ont voulu changer de terrain.

"Dépasser"

Près de 700 personnes se sont retrouvées, selon les organisateurs, pour une journée de réflexion baptisée Nou Pran Nout Plas. L'objectif n'était plus de défendre ou d'attaquer la notion de privilège zorèy, mais d'en faire le point de départ d'une réflexion plus large sur La Réunion, son avenir, son économie, son histoire et la place qu'y occupent les Réunionnais.

Le pari n'avait rien d'évident. Car si la tribune Nommer le privilège zorèy pour construire l'égalité à La Réunion, signée par plus de 3.000 personnes, a trouvé un écho important, elle a aussi cristallisé les oppositions. C'est précisément ce climat que Gael Velleyen et les membres du collectif disent vouloir "dépasser".

Lire aussi : Plus de 150 personnalités signent une tribune pour ouvrir le débat sur le "privilège zorèy" à La Réunion

La journée s'est organisée autour de treize cercles de parole puis de dix ateliers. Pouvoir local, autonomie, économie péi, transmission de l'histoire, langue créole, recrutement, réseaux d'influence ou encore accueil des nouveaux arrivants figurent notamment parmi les sujets qui auraient le plus mobilisé les participants.

À écouter les organisateurs, la journée aurait surtout confirmé l'idée que derrière la polémique, il existerait une demande plus profonde de débat sur les rapports de pouvoir, les héritages de la colonisation et la manière dont les Réunionnais envisagent leur avenir collectif.

"Le débat n'est pas une polémique. Il ouvre un chantier collectif", résume le mouvement.

Espoir ?

Impossible toutefois de vérifier ce qui s'est réellement joué dans les échanges.

Les journalistes n'étaient pas autorisés à assister à la rencontre. Ni les cercles de parole, ni les ateliers n'étaient ouverts à la presse. Les médias ont donc été contraints de suivre cette journée à distance et de s'appuyer sur le compte rendu diffusé par les organisateurs. Un paradoxe pour un mouvement qui revendique l'ouverture du débat public, mais choisit, pour son premier grand rendez-vous, de le tenir à huis clos.

Lire aussi : "Nommer le privilège zorey" : les signataires de la tribune appellent les élus à se positionner et annoncent une mobilisation

En l'absence de cette possibilité, chacun devra se contenter du récit livré par Nou Pran Nout Plas.

La journée s'est achevée par un lâcher d'oiseau baptisé Péïla, symbole d'espoir pour les organisateurs. Le plus difficile commence désormais. A savoir tenter de transformer une mobilisation d'un jour en mouvement durable, capable de dépasser les réseaux sociaux et les convaincus de la première heure.

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