Sainte-Marie fait un grand pas sur la résorption de son déficit

En préambule de cette séance, la majorité a salué l'acte d'héroïsme de Dimitri Hoarau lors de l'incendie d'un immeuble de Flacourt en décembre. Ce dernier n'avait pas hésité à risquer sa vie en se précipitant dans un appartement en flammes pour sauver un enfant, qui était heureusement déjà en sécurité. Un geste héroïque qui a valu à Dimitri Hoarau l'obtention de la médaille de la ville.
Richard Nirlo a ensuite lu une motion marquant la désapprobation de ses élus sur le projet d'installation d'ISDU (Installation de stockage des déchets ultimes) au Chemin Beaufond , un projet porté par le SYDNE. La municipalité, qui apporte son soutien "plein et entier" aux Sainte-Mariens mobilisés contre cette infrastructure, craint également "la nocivité des matériaux susceptibles d’être stockés par une installation" tout comme de possibles atteintes à l'environnement. Une motion votée à l'unanimité. Le maire de Sainte-Marie a par ailleurs indiqué que cette nouvelle prise de position des élus sainte-mariens contre ce projet fera l’objet d’un courrier adressé au Préfet de La Réunion mais également au ministre de l’Environnement.
Sainte-Marie : Richard Nirlo ne veut pas de déchets ultimes dans la commune
Sur ce sujet, majorité et opposition font front commun. "Il est important de réaffirmer notre opposition à ce dossier, j'ai été la première à alerter sur cette situation", tient à rappeler Céline Sitouze. Pour l'élue de l'opposition, il est important que cet équipement "trouve sa place mais pas à Ste-Marie". "Il est inadmissible que le territoire de Sainte-Marie devienne une ville poubelle, avec une station d'épuration qui génère bon nombre de nuisances olfactives. A coté de cela nous disposons d'un équipement comme l'aéroport Roland-Garros qui génère bon nombre de nuisances sonores pour notre commune. Cet équipement est indispensable mais c'est nous Ste-Mariens qui supportent le bruit. Nous ne pouvons accueillir cet équipement", poursuit Céline Sitouze, appelant l'ensemble des élus "à parler d'une même voix au Sydne, à la Cinor et à la Cirest".
La seconde motion présentée par la majorité, adoptée également à l'unanimité, concerne les interrogations des élus sur les malfaçons révélées au grand jour dans la résidence Caravelle suite au passage du cyclone Belal. Une résidence livrée en octobre dernier, construite par l'opérateur Opale et gérée par la Semader, et qui avait vu son toit être arraché lors du passage du cyclone au large de l'île. "Lors d'une visite effectuée le 6 février dernier, de graves questions ont été posées sur les faiblesses de construction, des interrogations renforcées par des malfaçons antérieures à Belal assurent les locataires", a confié Richard Nirlo. Considérant "la gravité des faits", l'édile sainte-marien a confirmé la prise d'un arrêté de péril imminent, conseillant au passage à la Semader de "ne pas attaquer cet arrêté".
En revanche, majorité et opposition ont eu quelques frictions concernant la gestion des écoles mais également sur la vente de terrains communaux.
Sur le premier point, c'est la qualité des repas servis par la cuisine centrale qui a provoqué l'indignation d'une mère de famille, qui a vivement interpellé les élus. Ne cherchant pas entrer dans la polémique, l'élue en charge des affaires scolaires, Sylvie Billaud, a tout de même appelé à la prudence "avec les photos que l'on peut voir circuler sur les réseaux sociaux"
Sur le deuxième point, c'est le choix fait par la municipalité de céder des communaux à des opérateurs privés dans les secteurs de Duparc (à la Compagnie financière Cadjee) et du centre-ville (à une société de location de véhicules électriques) qui a fait tiquer l'opposition. Christian Annette n' a pas caché son incompréhension, "alors que la ville manque cruellement de logements sociaux". "Je trouve quand même qu'il y a précipitation et incohérence avec ce qui suit. Pourquoi vend-on ces terrains ? Pour combler le déficit. Que l'on en vende oui, mais ceux qui sont exigus ou délassés. Pas un terrain de 4.500 m à l'entrée entrée Sud de Duparc", peste l'élu d'opposition.
"Le foncier vendu, contrairement à ce que peut dire monsieur Annette, sont des fonciers inutilisables. Si nous les reprenons, il y a une servitude aérienne qui empêche toute construction de logements", se justifie pour sa part la municipalité.
"Juste inimaginable"
Mais le gros morceau de cette séance concernait les orientations budgétaires de la commune. Pour rappel, l'année 2023 a été marquée par un nouveau contrôle budgétaire de la Chambre régionale des comptes, qui a confirmé la bonne trajectoire prise par la collectivité dans la résorption de son déficit. "L'objectif, au cours de cet exercice passé, était de se conformer au plan de retour à l'équilibre voire, de tenter de faire mieux que ce qui nous était imposé", indique la municipalité. Bonne nouvelle pour cette dernière, les mesures prises lui ont permis de résorber plus vite que prévu son déficit.
Pour rappel, le déficit qui était arrêté par la Chambre régionale des comptes (CRC) était de 16,5 millions d'euros, auxquels il fallait rajouter les 4 millions d'euros non inscrits au titre des marchés publics.
Le déficit arrêté sur le dernier compte administratif, celui de 2023, fait apparaître un déficit de 1,9 million d'euros, auquel il faudra rajouter 1 million d'euros d'un marché non inscrit au titre de la menuiserie aluminium. "Nous aurons donc un déficit sur le prochain budget primitif qui sera de l'ordre de 3 millions, soit un déficit quasiment résorbé sur deux années, c'est juste inimaginable, le tout sans augmentation des impôts" se félicite la majorité de Richard Nirlo. Autre bon point pour la commune, son épargne nette qui passe de 65.000 euros en 2023 à 8,5 millions d'euros pour cette année.
Un bond en avant rendu possible grâce à une baisse de charges de fonctionnement via une méthodologie de travail différenciée, la municipalité ayant fait le choix de limiter au maximum l'emploi d'entreprises extérieures. Les charges du personnel ont également baissé de plus de 800.000 euros l'an dernier grâce notamment aux départs à la retraite et au redéploiement du personnel, qui est passé de 810 à 710 en un an. Richard Nirlo tient par ailleurs à saluer l'engagement du personnel communal "dans sa participation au redressement du déficit".
Sainte-Marie « acte un tournant décisif de son redressement » suite à la signature de son COROM
Ces marges de manœuvres quasiment retrouvées, Richard Nirlo et ses élus se donnent encore un an pour résorber totalement son déficit, la commune peut désormais lancer des chantiers longtemps mis à l'arrêt. À commencer par la future de Beauséjour, dont la reprise est attendue pour fin mars pour une livraison en janvier 2025. "C'est une certitude" assure-t-on du côté des équipes de Richard Nirlo. La commune mettra également 1,5 million d'euros sur la table pour un programme de réhabilitation des écoles prioritaires (Terrain Elisa, Flacourt et Moka). Le même montant sera débloqué pour la réhabilitation du réseau routier dans plusieurs secteurs (Beaumont, chemin Nono-Robert, chemin de la Confiance) et la commune travaillera avec la Cinor pour la réfection de la rue André Lardy (La Mare), de la rue Double-Dix, sans oublier la rue Routier-Grand-Val avec l'installation de parking et de trottoirs.


