Jean-Paul Virapoullé : "Je mets au défi quiconque de toucher au statut" de La Réunion

Le Sénat à l'écoute des souhaits d'évolutions institutionnelles des Outre-mer
En réponse, le président de la République a invité tous les présidents de collectivités, y compris ceux qui n'avaient pas signé ce fameux "appel", les parlementaires et les présidents des associations de maires, à un diner mercredi soir au palais de l'Elysée.
Le menu, fixé par le président Macron, prévoit des discussions sur "l'ensemble des questions économiques, sociales et institutionnelles qui se présentent à chacun de nos territoires, pour le présent et pour l'avenir".
Réforme "institutionnelle", le mot est lâché.
Il faut dire qu'Emmanuel Macron pouvait difficilement ne pas répondre à l'"appel de Fort de France" (voir le texte ci-dessous) dans lequel les signataires faisaient ressortir "une situation de mal-développement structurel à l'origine des inégalités de plus en plus criantes qui minent le pacte social".
La seule solution passe, pour ceux qui ont signé l'"appel", par une refondation "de la relation entre nos territoires et la République par la définition d'un nouveau cadre permettant la mise en oeuvre de politiques publiques conformes aux réalités de chacune de nos régions".
"Le statu quo n'est plus acceptable", affirment les élus signataires, qui ajoutent vouloir "conjuguer la pleine égalité des droits avec la reconnaissance de nos spécificités, notamment par une réelle domiciliation des leviers de décision au plus près de nos territoires".
Le mot "autonomie" n'est pas prononcé mais tout le monde comprendra que c'est de ça dont il va être question.
Pourquoi les élus ne l'ont-ils pas écrit noir sur blanc ? Sans doute pour ne pas faire peur à ceux qui ne veulent pas en entendre parler. Il faut dire qu'à La Réunion, le sujet est clivant. Il n'y a pas si longtemps, dans les années 60/70, les combats politiques se focalisaient dans l'île entre "départementalistes" d'un côté et "autonomistes" de l'autre.
Dans le camp des "départementalistes", on retrouvait Michel Debré, Jean-Paul Virapoullé, André Thien Ah Koun, Auguste Legros, mais aussi le sénateur socialiste Albert Ramassamy et Jean-Claude Fruteau.
Dans celui des "autonomistes", Paul Verges, Elie Hoarau et... Huguette Bello.
Les "départementalistes" avaient gagné et les Réunionnais pensaient le sujet clos après les décisions du Conseil constitutionnel et le fameux "amendement Virapoullé" inscrit dans la Constitution qui, pensait-on, avaient gravé dans le marbre le statut de département de La Réunion sur le modèle de ceux de métropole.
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C'est ce combat qu'il a mené en compagnie de son frère Louis que Jean-Paul Virapoullé nous narre dans la première partie de son interview.
Mais comme le dit l'ancien député-maire de Saint-André, je résume, "les autonomistes, après qu'on les ait mis dehors par la porte, ont essayé de revenir par la fenêtre. On les a mis à nouveau dehors et maintenant ils essaient de revenir par les nacos". Le vieux renard de l'Est, bien qu'affaibli par la maladie, n'a pas l'intention de les laisser faire et compte reprendre son bâton de pèlerin pour leur faire barrage : "Je mets au défi quiconque, depuis le sommet de l'État jusqu'en bas, de toucher au statut réunionnais", lance-t-il.
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Reste à savoir quelles sont les véritables intentions d'Huguette Bello ? Elle est la femme forte du paysage politique à La Réunion. Elle a gagné les élections régionales, elle a fait élire 6 députés et demi aux dernières législatives sur 7. Souhaite-t-elle réussir là où Paul Vergès a échoué en réussissant à obliger Emmanuel Macron à accorder l'autonomie à l'ensemble des départements ultramarins ? Ou s'oriente-t-on vers un statut à la carte, avec une autonomie accordée à la Martinique et à la Guyane qui sont très demandeurs, avec juste des adaptations à la marge pour La Réunion ?
Et jusqu'où Emmanuel Macron est-il prêt à aller ?
On devrait en savoir plus mercredi soir après ce fameux dîner.


