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Viol dans un champ de cannes en sortie de discothèque : Les versions divergent

Fin de soirée en boîte de nuit dans le Sud de l’île difficile pour trois jeunes fêtards, le 11 mars dernier. Après une relation sexuelle avec son ex, une jeune femme prétend avoir été violée par le cousin de celui-ci et un dalon dans un champ de cannes sur la route du retour. Les versions des protagonistes s’opposent voire se contredisent.
Ecrit par Isabelle Serre – le mercredi 27 mars 2024 à 07H26

Que s’est-il passé dans la nuit du 10 au 11 mars dernier sur une route du Sud de l’île ? Jonathan*, son cousin Max* et son dalon Mikaël* ont passé la nuit en discothèque. C’est là qu’entre en scène Sabrina*, l’ex du premier avec qui il a déjà eu des relations intimes par le passé. Selon les premiers éléments de l’enquête qui a vu la détention provisoire de Max et Mikaël ordonnée le 15 mars dernier, un enfant aurait même pu naître de cette union fugace entre Sabrina et Jonathan. Celle-ci en serait d'ailleurs toujours amoureuse.

Ensemble, ils ont une nouvelle relation sexuelle dans une voiture au cours de la soirée. Puis, « c’est l’heure de rentrer chez soi », raconte le président de l’audience de la chambre de l’instruction ce mardi matin. Au volant, Mikaël aurait d’abord déposé Jonathan avant de poursuivre son chemin puis s’arrêter dans un champ de cannes.

Sabrina raconte avoir alors été jetée nue dans le coffre du 4x4. Les deux jeunes de 20 ans l’aurait forcée à écarter les jambes et réussi à lui imposer une relation sexuelle à même l’habitacle du véhicule alors « qu’elle se débattait et indiquait son refus à plusieurs reprises », poursuit le magistrat.

Pour Max, rien de tout ça. Le jeune reconnaît avoir bénéficié de caresses intimes immédiatement regrettées. « J’ai une copine, on doit s’installer ensemble », indique-t-il avec détermination aux juges chargés de se prononcer sur l'appel qu'il a interjeté, tout comme Mikaël sur son placement en détention provisoire.

Une version contredite par la victime qui prétend avoir subi deux pénétrations non consenties avec violence. « Il y a eu concertation entre les familles des auteurs présumés lorsque la police s’est présentée aux domiciles », reproche la représentante de la société. Des concertations qui auraient débouché sur des versions communes "pour aplanir chacune des versions afin qu'elles soient défavorables à la victime", selon l'avocate générale.

Des éléments en aucun cas démontrés pour les avocats de la défense qui pointent des contradictions dans l'histoire servie par la victime. "Elle a discuté avec eux après les faits en leur avouant être toujours amoureuse de Jonathan. Elle a évoqué son désarroi et son envie d'en finir. Une jeune fille qui vient de subir deux viols se confie-t-elle comme cela à ses agresseurs ?", questionne Me Nathalie Pothin. "Elle voulait aller se jeter du pont de l'Entre-Deux à cause de ce qu'elle venait de subir", rétorque le ministère public qui s'oppose à ce que les deux mis en cause soient placés sous contrôle judiciaire.

Pour l'avocat de Max, ce dernier aurait prévenu la jeune femme qu'il allait la déposer devant la gendarmerie si elle continuait de menacer de mettre fin à ses jours. Impossible pour la robe noire que son client ait tenu de tels propos s'il avait commis un viol. Du côté de la victime présumée, pas d'avocat pour étayer sa version. L'information judiciaire venant d'être ouverte, des résultats d'analyse sont attendus afin de corroborer les dires de chacun des protagonistes.

Quant à une éventuelle sortie de détention provisoire, la chambre de l'instruction, après en avoir délibéré, a décidé que les deux protagonistes resteraient pour l'instant sous les verrous.

* Prénoms d'emprunt

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