Vent d'amnésie sur la cour d'assises

"Je ne veux pas croire que c’est moi qui ait fait des choses aussi horribles. Je ne suis même pas sûr que c’était moi". Le ton est donné pour le reste de l’audience. Face au président de la cour, Artaban ne "sait plus".
- "Peut-être."
"L’avez-vous frappé?"
- "Je ne me rappelle plus."
"Comment peut-on faire des choses pareilles à un petit enfant?"
"Je ne sais pas."
"Tout vous accuse pourtant »
- "..."
"Ce que vous avez fait n’est pas juste mal, c’est monstrueux."
À ce moment Artaban baisse la tête et se balance de droite à gauche. Le président finira en demandant à l’accusé "vous savez pourquoi vous êtes là?" "Oui, pour meurtre, avec des trucs".
La mère de Mathéo, Jasmine, lui tourne d’abord ostensiblement le dos. Elle tient dans sa main une peluche qui appartenait à son enfant. Elle ne se retournera vers lui que dans un élan de stupeur, lorsque son ancien compagnon affirme ne se "souvenir de rien".
Le frère de l’accusé, Jean-François Artaban, était supposé livrer un témoignage clé. Témoin direct de la scène, il a pourtant lui aussi été frappé d’amnésie partielle. Après avoir déclaré lors des auditions avoir vu le petit Mathéo avec une blessure au cou, il est revenu sur ses dires. Il nie aussi avoir entendu les coups de couteau. Quand les jurés lui demandent "pourquoi ne pas avoir essayé de sauver l’enfant?" il répond simplement"ce n’était pas le mien, je ne voulais pas avoir de problèmes".
La deuxième analyse de médecine légale n’a rien appris de plus à la cour. La seule certitude étant que Mathéo était encore vivant lorsqu’il a reçu les coups à la tête. Pour le reste, difficile de se prononcer et ce n’est pas l’accusé qui va éclairer les jurés.


