Université : Le Conseil d'Etat rejette le recours de Frédéric Miranville

Frédéric Miranville n'est pas vraiment à plaindre : bien que suspendu pour un an par décision de la ministre de l'Enseignement supérieur, il bénéficie d'un maintien de salaire. On connait pire comme situation...
C'est probablement une question d'ego qui l'a poussé à déposer ce référé devant le Conseil d'Etat. A l'appui de sa demande, il a avancé plusieurs arguments.
Le premier, qui semble avoir le plus d'importance à ses yeux puisqu'il le place en premier, c'est que sa suspension le prive de ses primes, ce qui ne lui permet plus, je cite, "de faire face à l'ensemble de ses charges". La réponse des sages de la place du Palais royal est cinglante : "Il ne résulte pas des éléments avancés qu'il ne serait pas en mesure de couvrir ses charges incompressibles durant la période de suspension".
Deuxième argument avancé par Frédéric Miranville, Sa suspension porterait préjudice à la continuité du service public universitaire. Là aussi, la réponse du Conseil d'Etat est sans appel : "Il résulte des documents (...) produits (par Frédéric Miranville lui même, N.D.L.R.) que la continuité de la gouvernance de l'Université est assurée au travers de la suppléance par le premier vice-président du conseil d'administration". A moins que ce ne soit une façon détournée pour Frédéric Miranville de laisser entendre que Dominique Morau ne serait pas à la hauteur du poste. L'intéressé appréciera...
Concernant l'atteinte portée à sa réputation professionnelle, les magistrats estiment qu'elles "sont déjà avérées" et donc pas de nature à justifier une suspension de la décision ministérielle.
Enfin, les magistrats estiment qu'étant donné que l'affaire sera jugée au fond à la fin du mois d'avril 2024, la condition d'urgence, elle aussi nécessaire pour qu'un jugement en référé soit justifié, n'est pas non plus remplie et décident donc de rejeter sa demande.
Frédéric Miranville devra ainsi se contenter de continuer à tirer les ficelles en coulisses...


