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L'usine de Bois-Rouge bloquée jusqu'à nouvel ordre par les planteurs

Ecrit par P.M. sur place – le mercredi 22 juillet 2026 à 10H02

Le bras de fer est désormais engagé. Après l'appel lancé mardi par plusieurs organisations syndicales, l'usine de Bois-Rouge est effectivement bloquée ce mercredi matin. Les planteurs dénoncent toujours le manque de transparence de Tereos sur les sommes restant dues par chaque exploitant et s'inquiètent des très faibles richesses enregistrées depuis le début de la campagne.


Le blocage annoncé est désormais une réalité. Depuis ce mercredi matin, l'usine de Bois-Rouge est bloquée par des planteurs (UPNA et CGPER), qui entendent maintenir la pression sur Tereos. Au lendemain de l'appel à la mobilisation, Jean-François Sababady, co-président du Comité paritaire canne-sucre (CPCS) pour les planteurs, détaille les raisons de cette action. Il dénonce l'absence d'informations sur les sommes restant dues à l'usinier, s'inquiète des faibles richesses observées depuis le début de campagne et appelle les pouvoirs publics à mettre en place un fonds exceptionnel pour soutenir les agriculteurs.

« Ce n'est pas normal de commencer une campagne et de ne pas savoir le montant réel dû à l'usinier », estime-t-il.

Le responsable agricole déplore que les documents transmis aux planteurs ne permettent pas de connaître précisément le capital restant à rembourser. Une situation qu'il qualifie de « manque de respect » envers les producteurs, alors qu'un prélèvement de 7 euros par tonne doit prochainement entrer en vigueur.

Lire aussi : Canne : un appel à bloquer l'usine de Bois-Rouge

De très faibles richesses inquiètent les planteurs

Le second point de crispation concerne les premières analyses de richesse en sucre. Selon Jean-François Sababady, même les cannes récoltées manuellement affichent des niveaux particulièrement faibles, autour de 6,7 de richesse après une centaine de tonnes récoltées.

Le co-président du CPCS souhaite désormais connaître le taux réel d'extraction de sucre réalisé par l'usinier durant les premières semaines de campagne. Selon lui, si celui-ci se révèle sensiblement supérieur aux richesses annoncées aux planteurs, des explications devront être apportées.

Un fonds spécial réclamé avant le prix plancher

Au-delà des difficultés immédiates, Jean-François Sababady appelle les pouvoirs publics à sécuriser les deux prochaines campagnes, avant l'entrée en vigueur du prix plancher prévu en 2028.

Il demande à l'État la mise en place, par avenant, d'un fonds de garantie exceptionnel pour les campagnes 2026 et 2027, afin de permettre aux planteurs de poursuivre leur activité dans un contexte économique plus serein.

Le responsable agricole interpelle également la Région Réunion. Il souhaite rencontrer sa présidente afin d'obtenir un engagement financier exceptionnel en faveur des planteurs, estimant qu'un soutien fort est nécessaire pour préserver une filière qu'il considère comme un patrimoine de l'île.

En attendant d'éventuelles réponses de Tereos et des pouvoirs publics, le bras de fer engagé autour de l'usine de Bois-Rouge semble appelé à se poursuivre.

Etiquettes : Bois-Rouge | CGPER | CPCS | Planteurs | PU1 | UPNA

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