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"On n'a rien entendu, puis la rue s'est remplie de sirènes" : ce que l'on sait de la violente rixe entre deux colocataires à Saint-Denis

Ecrit par L-H.T – le mercredi 22 juillet 2026 à 16H21

Derrière le portail, une cour cachée, des arbres, puis la bagarre. Deux hommes ont été blessés, dont un avec le pronostic vital engagé, mercredi matin 22 juillet chemin des Brumes, à Saint-François. Les enquêteurs privilégient la piste d'un violent différend entre deux colocataires. Sur place, les habitants racontent leur stupeur face à une scène qui s'est déroulée presque à huis clos.

Le portail est refermé. Derrière, rien ne laisse deviner ce qui s'est joué quelques heures plus tôt.

Depuis le chemin des Brumes, dans les Hauts de Saint-Denis, à Saint-François, il faut descendre une longue pente avant d'apercevoir la maison. Une habitation discrète, nichée en contrebas, protégée par les arbres. Au fond, une vaste cour intérieure autour de laquelle s'organisent plusieurs chambres.

Colocation et arme blanche

C'est là, selon les premiers éléments recueillis par les enquêteurs, que tout s'est produit.

Mercredi 22 juillet, vers 11h45, un différend éclate entre deux hommes âgés de 52 et 60 ans. Tous deux vivent dans cette colocation. Quelques instants plus tard, les secours découvrent deux victimes dont une grièvement blessée et dont le pronostic vital est engagé, présentant de multiples plaies. La piste de l'arme blanche est étudiée, mais devra être confirmée par les investigations.

Les deux hommes ont été pris en charge en urgence par le Samu avant d'être transportés au CHU par les pompiers. L'un d'entre eux, interpellé, sous escorte des forces de l'ordre. Une enquête a été ouverte afin d'établir précisément le déroulement des faits et les responsabilités de chacun.

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À l'heure où nous nous rendons sur place, toujours pas de rubans de sécurité. Le calme est revenu. Seuls les nombreux véhicules stationnés rappellent l'animation inhabituelle qui a saisi ce secteur résidentiel en fin de matinée.

Sous les filaos et les grands arbres, le silence paraît presque irréel.

Les oiseaux couvrent le bruit de la circulation. Une légère odeur d'humidité remonte de la végétation. Rien ne semble pouvoir troubler cette tranquillité, si ce n'est les regards interrogateurs des voisins, encore surpris par ce qu'ils ont découvert en ouvrant leurs volets.

"Pas de cris, pas de dispute"

"On n'a rien entendu, rien vu, puis la rue s'est remplie de sirènes", assure l'un d'eux.

"Pas de cris, pas de dispute. Franchement, si on n'avait pas vu tous les camions des pompiers et les voitures de police arriver, on n'aurait jamais imaginé qu'il s'était passé quelque chose."

Quelques mètres plus loin, même constat. "On a juste vu les gyrophares. Ça faisait beaucoup de monde. On s'est demandé s'il y avait eu un accident."

Les habitants décrivent un quartier habituellement paisible, où "chacun vit sans réellement connaître ses voisins". "On reste à notre place".

À l'intérieur de la propriété, plusieurs personnes occupent les chambres mises en location. Le propriétaire des lieux nous confirme que les deux hommes impliqués partageaient bien cette habitation. Selon lui, il s'agit de deux colocataires, comme l'ont établi les premières constatations des enquêteurs.

Les autres occupants, eux, n'ont pas été en mesure d'éclairer les circonstances de la rixe.

"Ils n'ont rien vu, explique le propriétaire. Ils étaient chacun dans leur chambre ou absents au moment des faits."

C'est précisément ce huis clos qui complique désormais le travail des enquêteurs.

"Pas d'alcool"

Dans cette cour intérieure, invisible depuis la rue, les techniciens de l'identité judiciaire ont longuement procédé aux constatations, durant plusieurs heures. Les policiers cherchent désormais à comprendre ce qui a pu provoquer une telle explosion de violence entre deux hommes vivant sous le même toit.

On parle d'un "contentieux" évidemment, voire de "Zamal", "mais pas d'alcool".

Le différend couvait-il depuis plusieurs jours ? La dispute a-t-elle dégénéré brutalement ? Y a-t-il eu un élément déclencheur dans les minutes précédant les faits ? Les questions auxquelles devront répondre les auditions et les expertises.

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Mercredi après-midi, le quartier avait déjà repris son rythme habituel. Quelques voitures gravissaient lentement le chemin des Brumes. Des riverains promenaient leur chien sans vraiment s'attarder devant la propriété.

Derrière le portail désormais refermé, il ne reste plus aucune trace visible de cette matinée. Seulement une enquête qui devra désormais reconstituer, minute après minute, ce qui s'est réellement passé dans cette maison de Saint-François.

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