Blocage de Bois-Rouge : la FDSEA dénonce une « prise en otage » des planteurs

Le blocage en cours de l’usine de Bois-Rouge par l’UPNA et la CGPER, ravive les tensions entre syndicats de planteurs. Dans un communiqué, la FDSEA condamne une action "irresponsable", réclame la réouverture immédiate de l’usine et appelle l’ensemble des acteurs au "calme" alors que des tensions sont apparues ce matin entre planteurs.
Depuis tôt ce mercredi matin, l’accès à l’usine de Bois-Rouge est bloqué à l’appel de l’UPNA. Une mobilisation annoncée ce mardi lors d’un rassemblement organisé avec la CGPER à Beaufonds, à Saint-Benoît.
Les deux organisations réclament notamment la communication des tableaux d’amortissement permettant aux planteurs de connaître leur situation financière après la précédente campagne. Elles dénoncent également les faibles richesses enregistrées depuis le début de la coupe et remettent sur la table la nécessité de revoir le modèle de rémunération de la canne, avec notamment la mise en place d’un prix plancher.
Une méthode vivement contestée par la FDSEA.
Une action jugée « irresponsable »
Dans un communiqué, le syndicat dénonce avec "la plus grande fermeté" le blocage, estimant qu’il pénalise en premier lieu les planteurs venus livrer leur récolte. "La FDSEA dénonce avec la plus grande fermeté cette action irresponsable qui prend directement en otage les agriculteurs venus livrer le fruit de toute une année de dur labeur", écrit le syndicat.
Ce dernier pointe le caractère, selon lui, "isolé" du mouvement. Si l’usine de Bois-Rouge et le centre de Ravine Glissante sont fermés, elle rappelle que les autres plateformes restent ouvertes, citant notamment Beaufonds, Pente-Sassy et Sainte-Marie.
"Quel est le sens et l’impact d’une action syndicale à travers des actes aussi morcelés et isolés ? Cette stratégie illogique ne fait que pénaliser injustement certains planteurs plutôt que d’apporter une solution globale à la filière", attaque la FDSEA.
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"À un moment donné, il faut savoir ce qu’on veut !"
Le syndicat remet également en cause sur le fond la cohérence des revendications portées par l’UPNA et la CGPER. "Initialement centrées sur un tableau d’amortissement pour les charges, leurs revendications glissent désormais sur les plateformes vers la question des "richesses". À un moment donné, il faut savoir ce qu’on veut ! ", lance le syndicat.
Une critique qui intervient alors que l’UPNA et la CGPER considèrent, de leur côté, que ces deux sujets sont liés : les faibles richesses de la campagne précédente ont conduit certains planteurs à devenir redevables envers l’usinier, tandis que celles enregistrées en ce début de récolte font craindre une nouvelle dégradation de leur situation financière.
La proposition d'une "année blanche"
Sur le fond, la FDSEA reconnaît les difficultés de trésorerie rencontrées par les exploitations, mais défend une autre méthode pour y répondre.
Le syndicat propose notamment d’étudier la mise en place d’une "année blanche" afin de permettre aux planteurs de reconstituer leur trésorerie, ainsi que des étalements différés pour les exploitations confrontées aux situations les plus difficiles.
Des solutions qui doivent, selon elle, être discutées dans le cadre d’un accord tripartite réunissant l’ensemble des parties prenantes. "Tout cela doit se négocier par le dialogue au sein du CPCS et des instances dédiées, non par des coups de force", insiste la FDSEA.
Des "faits de violence" selon la FDSEA
Au-delà du désaccord sur la stratégie syndicale, la FDSEA affirme que des incidents ont émaillé la mobilisation de ce mercredi matin. Le syndicat dénonce des "faits de violence" qui auraient visé l’un de ses adhérents. Un ralé poussé aurait émaillé le début du blocage avec des planteurs qui voulaient livrer leurs cannes. La raison d'une forte présence policière aux abords de l'usine en début de journée.
"Utiliser la force d’un planteur contre un autre planteur est inacceptable. Quel spectacle donnons-nous aujourd’hui à nos responsables politiques ? Quel spectacle offrons-nous à la jeunesse qui rêve d’embrasser ce beau métier ?", interroge le syndicat.
Et d’ajouter : "Si l’on se fait justice soi-même à coup de galets devant les portails, à quoi sert de participer à des élections et de mandater des représentants ?". Face à la situation, la FDSEA demande désormais "un rappel au calme immédiat" et la réouverture "sans délai" des grilles de l’usine afin de permettre aux planteurs de reprendre leurs livraisons.
Le syndicat appelle également au retour des discussions dans les instances de la filière, qu’il considère comme les seuls lieux légitimes pour parvenir à des solutions durables.


