« Nous ne voulons pas cautionner un embrasement qui pourrait devenir incontrôlable » : La famille concernée par les cérémonies interdites à Sainte-Rose prend la parole

Au cœur de la polémique née de l'interdiction par arrêté municipal d'une cérémonie religieuse familiale à Sainte-Rose, les époux Ah-Yong Ablezot annoncent qu'ils se retirent de toute démarche publique. Ils espèrent ainsi éviter une escalade des tensions et disent vouloir privilégier un retour à la sérénité.
Une semaine après le début de la polémique autour de l'interdiction de deux cérémonies religieuses privées à Sainte-Rose, la famille directement concernée par l'un des arrêtés municipaux a décidé de prendre du recul.
Dans un communiqué diffusé ce mardi, Monsieur et Madame Ah-Yong Ablezot expliquent avoir rencontré Alain Mardaye et Alexis Poïnin Coulin, représentants du Collectif des Hindous de La Réunion. Ils indiquent avoir pu exprimer leur « désarroi » face à la situation qu'ils vivent depuis la signature de l'arrêté municipal du 6 juillet et disent avoir également été sensibilisés aux obligations qui encadrent la pratique de l'hindouisme dans le cadre de la République française.
« De plus en plus tendue à Sainte-Rose »
Estimant que la situation est devenue « de plus en plus tendue à Sainte-Rose » et qu'elle se propage désormais « dans différentes sphères de la société réunionnaise », les époux annoncent vouloir « se retirer de toute démarche publique ».
"Nous ne voulons pas cautionner un embrasement qui pourrait devenir incontrôlable", écrivent-ils. La famille dit aujourd'hui aspirer à retrouver « la sérénité pour réparer les blessures laissées par certaines décisions et paroles ». Elle rappelle que sa « seule motivation est la foi » et souhaite avant tout que ses enfants puissent continuer à grandir « dans la tradition de nos parents et dans le respect de la vie en communauté ».
Les époux Ah-Yong Ablezot estiment par ailleurs que « le dialogue est impossible dans un climat conflictuel ». Ils assurent toutefois qu'ils resteront disponibles pour échanger avec les personnes qui le souhaitent lorsque la situation sera apaisée, afin de « mieux se connaître ». Ils concluent leur communiqué en remerciant « l'ensemble des Réunionnais » qui leur ont témoigné leur soutien depuis le début de cette affaire.
Une affaire qui a dépassé le cadre communal
L'affaire avait éclaté la semaine dernière après la décision de la mairie de Sainte-Rose d'interdire, par arrêté, deux cérémonies religieuses organisées dans des propriétés privées. L'une concernait une cérémonie tamoule prévue dans un logement social du lotissement Adrien-Payet, l'autre une cérémonie d'un autre culte organisée dans un autre secteur de la commune.
La famille avait alors dénoncé une décision incomprise, assurant avoir adapté l'organisation de ses cérémonies au fil des années afin de limiter les nuisances et réclamant une médiation avec la municipalité. De son côté, le maire Michel Vergoz avait défendu une décision motivée non par des considérations religieuses mais par des troubles de voisinage dénoncés depuis plusieurs années. L'élu avait également demandé à la SEMAC de poursuivre la procédure engagée contre les locataires, estimant que le bailleur devait garantir la tranquillité des autres habitants du lotissement.
Depuis, plusieurs associations se sont également exprimées. Tamij Sangam et Raj Pourani ont notamment appelé à privilégier le dialogue et la médiation. Plus récemment, la Fédération tamoule de La Réunion a invité les pouvoirs publics à engager une réflexion plus large sur l'aménagement du territoire afin de mieux prendre en compte les pratiques cultuelles dans les futurs projets de logements.


