Un parasite naturel introduit à la Réunion pour sauver les papayers ?

En février 2010, la Paracoccus marginatus est identifiée à la Réunion. Depuis qu'elle a été introduite dans notre département, cette cochenille originaire d'Amérique centrale fait des ravages dans les plantations de papayers mais aussi sur les hibiscus ou les frangipaniers. D'aspect farineux, cet insecte a rapidement colonisé l'ensemble de l'île en s'attaquant aux feuilles des arbres. Depuis, la lutte s'est organisée pour éradiquer le nuisible mais les spécialistes peinent à obtenir de probants résultats. Au total, près de 90 % des surfaces exploitées ont été touchées par cette invasion qui pèse fortement sur la production de papayes.
Des traitements contraignants
En l'absence de traitement chimique efficace, les agriculteurs se contentent actuellement de mettre en place des mesures prophylactiques, c'est-à-dire le dépistage et le traitement précoce des arbres touchés par le parasite. "On coupe et on brûle les plans attaqués", explique Eric Lucas, technicien arboricole à la chambre d'agriculture. De jeunes plants sont replantés car plus faciles à traiter que les vieux papayers dont les feuilles grimpent très haut.
"Cette année, les agriculteurs sont en plus confrontés à la sécheresse qui facilite le développement des cochenilles", souligne le technicien. Le seul traitement actuellement efficace consiste à asperger les papayers avec un mélange d'eau et d'huile végétale pour étouffer l'insecte. Mais ce traitement est contraignant puisqu'il nécessite d'être renouvelé régulièrement.
La lutte biologique comme solution ?
Pour les agriculteurs, une autre solution est actuellement envisagée par les spécialistes : la lutte biologique. Elle consisterait à introduire à la Réunion des hyménoptères parasitoïdes importés d’Amérique Centrale, c'est-à-dire le parasite naturel de la cochenille Paracoccus marginatus. D'après Éric Lucas, des résultats probants pourraient être effectifs six mois après leur introduction.
Le technicien de la chambre d'agriculture se veut néanmoins prudent quant à cette perspective, d'autant que l'introduction de la mouche bleue pour lutter contre la vigne marronne a déjà été au cœur d'une polémique. Avant d'effectuer les premiers lâchers, toutes les précautions doivent donc être prises, notamment concernant d'éventuelles conséquences sur les abeilles ou la faune en général. Si les études sont positives, les premiers lâchers pourraient être effectués d'ici 2013.



