Ste-Marie : Jean Cerneaux vient contester le pouvoir communal

"Ni PCR, ni PS, ni UMP, ni UDF" comme s'aime à se présenter dans un grand fou rire Jean cerneaux. Le candidat "sans étiquette" dit ne pas vouloir s'assimiler à une classe politique où "la plupart ont plongé la main dans le bénitier". L'ancien adjoint à la mairie assure vouloir garder sa liberté d'expression, sans être embrigadé dans les carcans d'un quelconque parti.
"Ok, dit-il, j'ai apporté mon soutien à la liste de Didier Robert en deux temps (soutien à la liste de Jean-Paul Virapoullé également, ndlr) lors des Régionales, mais je n'ai jamais été encarté dans aucun parti", explique-t-il d'un air amusé. "Mais j'ai aussi 25 années de syndicalisme de gauche à la CFDT. Le plus important reste de faire son travail sur le terrain", se justifie-t-il.
Devant les questions légitimes qui peuvent naître dans l'électorat sainte-marien, Jean Cerneaux affirme qu'il ne partageait plus la même vision avec la majorité municipale à laquelle il avait pourtant participé. "On prend des espaces verts pour faire des lotissements de haut standing et que l'on ne respecte pas la barre des 20% de logements sociaux, je ne pouvais pas cautionner cela. De plus, ce sont toujours les mêmes qui collaborent avec la mairie, je peux citer CBo et Savaranin". Il précise ses attaques : "Moka c'était un village nature, les gens avaient un cadre de vie exceptionnel. La mairie a détruit tout pour faire du logement huppé puis quelques logements sociaux pour boucher les yeux".
"Les méthodes n'ont pas changé"
De façon symbolique, le candidat sans étiquette a, lui, installé sa permanence dans le quartier du Verger réputé difficile. Un clin d'œil sans doute au déplacement d'ampleur des habitants du quartier Mapérine vers ce même quartier du Verger. Une opération qu'il a ficelé de bout en bout et dont il se dit fier. En travaillant à l'époque à l'urbanisme de la mairie, il a pu notamment mener à bien les réhabilitations de La Découverte, La Convenance ou Les Gaspards.
Pourtant, en toile de fond des réussites selon lui, se trouve ce qu'il qualifie de "plus grande erreur de mon parcours politique". Jean Cerneaux cite son retour en 2008 sous l'égide de Jean-Louis Lagourgue. "Je pensais que les méthodes avaient changé. Dès l'élection du maire par le conseil municipal, Jean-Louis Lagourgue a modifié la liste des adjoints en cours de route. Plus tard, les projets qui sortaient de terre ne cadraient pas avec le programme électoral. Enfin, troisième hic, le maire avait offert à son DGS une prime de 50.000 euros par an. Ce qui était évidemment mal-venu".
Pourtant, avec ce retour en 2008 (après un repli de 1997 à 2008), il cédait à l'appel de son principal ennemi d'aujourd'hui. "Jean-Louis Lagourgue m'avait dit (en 2008) : 'Je risque de perdre la mairie si tu ne reviens pas'". Pourtant opposé à Richard Nirlo, Jean Cerneaux ne se laisse pas bluffer: "Jean-Louis Lagourgue n'a jamais voulu déléguer. Il envoie Nirlo en disant aux gens : voter Nirlo, c'est voter Lagourgue. Il ne faut pas prendre les gens pour des abrutis. Monsieur Nirlo a l'appareil municipal avec lui mais n'empêche qu'actuellement il n'est pas aimé. Il est trop absent dans la vie municipale", finit-il par tacler. Il confirme en rigolant : "On dit toujours que je ne parle pas la langue de bois".
Faire remonter les informations
A gauche, il aiguise aussi ses attaques, "les gens ont peur que notre ville soit annexée à Saint-Denis" (en pensant à la candidature de Christian Annette).
Au-delà des considérations du passé, Jean Cernaux s'applique à quadriller le terrain. A côté des discours attendus sur le volet social, il promet d'agir de manière transversale avec la population s'il est élu : "Il faut que le conseiller général soit un exécutant des attentes des administrés". Prenant les devants, il envisage déjà la mise sur pied de cellules d'informations censées faire remonter les griefs des sainte-mariens, dès les votes connus.
Plus philosophique, il s'en remet au choix des sainte-mariens. "Je pense que la plupart des électeurs ont pris leurs décisions. Mais si je perds dimanche, après tout ce n'est qu'une élection".



