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Selon la CGT DEETS 974, les 57 salariés de la Croix Marine sont victimes d'une « punition collective »

Après le signalement au procureur effectué par des élus du CSE de la Croix Marine, c'est au tour de la section CGT de la DEETS de dénoncer l'apathie, voire la complicité de services de l’État dans l'affaire de la liquidation de l'association. Le syndicat évoque même une tentative d'intimidation et des attaques personnelles à l'encontre d'un inspecteur du travail en charge du dossier.
Ecrit par T.L. – le lundi 9 septembre 2024 à 12H01

Alors que Jérôme Filippini s'était engagé sur la sauvegarde des 57 salariés de la Croix Marine, la liquidation annoncée de l'association semble contredire les annonces du préfet de La Réunion. Depuis la suspension de l'agrément de l'association, les représentants des 57 salariés ne cessent de dénoncer une absence de volonté de l'administratrice de la Croix Marine Michelle Narayanin de procéder à leur reclassement, confortés dans leurs craintes en juillet dernier par un courrier adressé à cette dernière par l'inspection du Travail pour la rappeler à ses devoirs.

Le 13 août dernier, des élus du CSE de la Croix Marine ont rédigé un long signalement à l'attention de la procureure de la République Véronique Denizot afin de l'alerter sur les dysfonctionnements observés. Ce lundi 9 septembre, c'est au tour de la CGT DEETS 974 d'alerter, dans un communiqué, au sujet de « pratiques indignes de fonctionnaires en responsabilité de services », le syndicat précisant même se tenir à la disposition de la procureure de la République pour de plus amples informations.

« Tentative de substitution et d’intimidation sur l’inspecteur du travail en charge du dossier »

Évoquant une « tentative de substitution et d’intimidation sur l’inspecteur du travail en charge du dossier [de la Croix Marine, Ndlr] de la part d’un responsable d’un autre service ayant ses entrées auprès de la nouvelle administratrice de l’association nommée par le Préfet », la CGT DEETS 974 affirme que les 57 salariés ont été « saqués par une punition collective ».

Malgré la mise en liquidation en marche forcée de l'association, l'affaire de la Croix Marine semble loin d'être terminée.

Le communiqué de la CGT DEETS 974 :

Attaque contre l’Inspection du travail et duplicité de la direction de la DEETS dans l’affaire « Croix Marine » : PAS EN NOTRE NOM !

Privée d’autorisation d’exercer suite à un récent arrêté préfectoral, l’association Croix Marine, en charge de majeurs sous tutelles, s’apprêterait à faire l’objet d’une liquidation. Motivé notamment par des « malversations signalées », cet arrêté signe la fin des subventions et le transfert d’environ 1.500 bénéficiaires vers d’autres structures similaires dans l’île. Mais pas celui des 57 salariés, saqués par une punition collective, malgré la promesse du Préfet assurant qu’il n y aurait pas de casse sociale.

Il convient de rappeler que c’est suite à un rapport de notre administration, concernant la situation de l’association, que l’arrêté préfectoral a été émis. La hiérarchie de l’ensemble des services concernés était donc au fait de ce qu’un tel rapport pourrait impliquer pour la situation des salariés. S’il n’est pas question ici de débattre quant à la véracité des éléments apportés dans ce rapport, c’est bien sur la position de la DEETS de la Réunion, et plus particulièrement de notre hiérarchie qui a en charge les problématiques liées à l’emploi, la protection des publics, et au respect des dispositions du Code du travail, que nous nous interrogeons.

N'y avait-il donc personne à bord du cockpit de la direction pour prévoir les conséquences d’un tel rapport sur l’emploi des salariés de l’association, et les besoins imminents de coordinations des services pour gérer l’après ? En tant que financeur majoritaire de la Croix Marine et administration d’Etat en charge de la facilitation du dialogue social, la direction de la DEETS avait pourtant de quoi peser pour éviter la mise au chômage de 57 personnes, et disposait de tous les leviers possibles pour réunir les dirigeants des autres associations similaires, les partenaires sociaux, les services de l’Etat concernés, etc, afin de trouver des solutions.

Absolument tout était à portée de main pour organiser une forme de reclassement des salariés vers les autres associations, qui récupèrent désormais l’enveloppe budgétaire de la Croix Marine sans les emplois qui vont avec. Un travail de fond avec des fonctionnaires de plusieurs services maîtrisant parfaitement ce type de dossier aurait pourtant permis de sauver les emplois.

Une telle supervision et coordination de l’opération relevaient exactement de la mission des responsables de Pôles de la DEETS, théoriquement recrutés à ces postes pour leur compétence et leur intégrité, en échange d’un confortable traitement mensuel.

Mais rien. Strictement rien n’a été tenté, envisagé ou simplement suggéré par la direction de la DEETS de la Réunion. Aucune coordination entre services. Aucune réunion pour plancher sur une sortie de crise honorable. Aucune marque de soutien envers les élus et les salariés de l’association. La transversalité des services de la DEETS martelée par la DGT ne serait donc qu’un leurre ?

Pourquoi notre direction a t-elle choisi de sacrifier ces salariés ? Pour l’exemple ? Par fainéantise ? Par volonté de régler des comptes personnels avec des organisations syndicales réunionnaises qui refusent de donner la patte et dénoncent les collusions entre certains dirigeants d’administrations et les tenants des monopoles qui étranglent toute notre population?

Nous n’avons pas encore la réponse. En revanche, nous avons été témoins de pratiques indignes de fonctionnaires en responsabilité de services :

- Influence extérieure indue avec tentative de substitution et d’intimidation sur l’inspecteur du travail en charge du dossier de la part d’un responsable d’un autre service ayant ses entrées auprès de la nouvelle administratrice de l’association nommée par le Préfet ;

- Attaques personnelles contre l’inspecteur du travail par ce même responsable qui justifie, par écrit, son mépris à son égard du fait de l’appartenance syndicale qu’aurait notre collègue !

- Dénigrement et assaut méthodique contre la résistance d’un délégué syndical défendant les salariés de l’association par ce même responsable, avec diffusion d’informations tronquées concernant la situation au sein de l’association à l’attention d’autres fonctionnaires, etc ; Nous sommes abasourdis par le comportement consternant de ce responsable, par le rôle calamiteux qu’il s’est attribué dans la gestion des affaires de la Croix Marine, et trouvons regrettable l’inertie de notre direction pendant plusieurs jours, avant que celle-ci intervienne face à nos multiples interpellations.

Nous rappelons que la responsable de l’Inspection du travail de la Réunion appartient à la direction de la DEETS. Nous rappelons également qu’elle a ainsi pour rôle premier de protéger et de soutenir ses agents face aux attaques qu’ils pourraient subir dans l’exercice de leurs missions. Nous ne pouvons que constater qu’une fois de plus, celle-ci n’a pas remplie ses missions conférées par le système de l’inspection du travail, qui sont non seulement de soutenir ses agents dans le cadre de leurs fonctions, mais qui n’a pas non plus initiée de coordination entre les services de la DEETS pour protéger les salariés de La Croix Marine.

Il est à noter que l’Inspecteur du travail mis en cause dans ce dossier n’a fait qu’exercer sa mission en rappelant la nécessité de ne pas faire entrave aux missions des représentants du personnel, et encore plus dans une situation aussi délicate que celle traversée ici par tous ces salariés ! Malgré l’existence d’un soi-disant « Code de déontologie de l’Inspection du travail » obligeant tout responsable hiérarchique à apporter un soutien à un agent attaqué dans l’exercice de ses fonctions, la responsable de l’Inspection du travail de la Réunion a fait le choix, en toute connaissance de cause, de laisser l’agent seul face à ces attaques.

Cette attitude ne peut que contribuer à brosser un portrait grotesque des directions de la fonction publique d’Etat, sorte de confréries où les membres se cooptent, se couvrent et se soutiennent dans un entre soi permanent.

Nous apprenons par voie de presse que les élus de l’association Croix Marine ont saisi le Parquet pour l’informer de la situation dramatique à laquelle sont confrontés les salariés. Les éléments remontés en interne nous obligent à notre tour de rappeler au Parquet notre disponibilité pour témoigner dans le cadre de cette enquête.

PAS EN NOTRE NOM ! NOU LARG PA !

CGT DEETS REUNION, le 9 septembre 2024

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